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20/07/2017 – 08H00 Paris (Breizh-info.com) – Moins de députés, donc moins de circonscriptions : quelles seront les conséquences de la réforme annoncée de la composition de l’Assemblé nationale en Bretagne. Sans parler de la dose de proportionnelle qui va compliquer les choses…
Devant le Congrès, Emmanuel Macron l’avait annoncé (lundi 3 juillet 2017), François de Rugy (LRM) , député de Nantes – Orvault et président de l’Assemblée nationale, le confirme : on s’oriente vers une diminution du nombre des députés (actuellement 577) et l’introduction d’une dose de proportionnelle. « La baisse du nombre de députés est un changement majeur. Il n’est pas courant qu’une Assemblée comptant un grand nombre de députés nouveaux avec un groupe largement majoritaire, décide de réduire fortement la taille de ses effectifs. Mais on a été élu pour le faire, on va le faire.
Cela implique mécaniquement une refonte des circonscriptions. Parmi les solutions possibles, il y a le regroupement des circonscriptions par deux et d’avoir en complément une centaine de députés élus à la proportionnelle. Dans cette hypothèse, les Français auraient deux voix aux élections législatives : une voix pour leur député de circonscription pour garder ce lien territorial, et une voix pour les listes proposées à la proportionnelle ». (Le Monde, 08/07/2017).
La chose est amusante puisqu’elle revient à demander à des députés élus en juin de se faire hara-kiri dans les meilleurs délais : « en début de mandat, poursuit François de Rugy. Parce qu’on sait très bien qu’il faut profiter de cet élan de changement pour engager rapidement des réformes. Les réformes institutionnelles, contrairement à ce que disent certains commentateurs, ce n’est surtout pas celles qu’il faut remettre à plus tard. Si on les reporte, on ne les fera pas. » (Le Monde, 08/07/2017).
Si on suit la réflexion du président de l’Assemblée nationale, les 37 circonscriptions bretonnes seraient réduites à 18 ou 19 grâce au regroupement par deux. Et, comme en juin, les électeurs bretons ont envoyé 34 députés appartenant à la majorité ( 30 LRM et 4 MODEM) au Palais-Bourbon, cela revient à dire qu’en 2022, 17 seront automatiquement renvoyés dans leur foyer. On pourrait chercher des volontaires dès maintenant…
Le nombre des inscrits (premier tour des élections législatives de juin 2017) dans ces 37 circonscriptions va de 74 937 (Nantes – Orvault) à 117 881 (Paimbeuf). Il se trouve que le député de la première s’appelle justement François de Rugy. A lui de montrer l’exemple en annonçant dès maintenant qu’il se sacrifiera en 2022.
Sur les 37, 10 possèdent un nombre d’inscrits supérieurs à 100 000 : Lannion (103 763), Vitré (103 309), Nantes – Carquefou (116 301), Châteaubriant (110 233), Guérande
(108 229), Paimbeuf (117 881), Vertou (114 735), Vannes (105 394), Auray (104 335) et Ploërmel (105 109). Alors que dix-neuf autres circonscriptions ont un nombre d’inscrits inférieur à 90 000 : Saint-Brieuc (89 817), Lamballe – Loudéac (86 779), Guingamp (78 707), Quimper (88 861), Brest – centre (77 724), Brest – Plabennec (89 322), Morlaix (82 156),
Châteaulin – Carhaix (89 274), Douarnenez (80 383), Concarneau (87 205), Rennes – Bruz (89 689), Rennes – Montfort-sur-Meu (86 146), Fougères (86 949), Rennes – Saint-Jacques-de-la-Lande (83 469), Nantes –Orvault (74 937), Nantes – ville (85 834), Nantes – Rezé (89 018), Saint-Nazaire (85 601), Lorient (80 708).
D’après l’article 25 de la constitution, « une commission indépendante, dont la loi fixe la composition et les règles d’organisation et de fonctionnement, se prononce par un avis public sur les projets de textes et propositions de loi délimitant les circonscriptions pour l’élection des députés ou modifiant la répartition des sièges de députés ou de sénateurs ».
Le redécoupage devrait donc se faire « honnêtement ». Mais, à chaque fois que le ministre de l’Intérieur a pris ses ciseaux pour modifier la géographie des circonscriptions, l’opération a toujours eu un petit air de charcuterie. Pour cela on fait tourner les ordinateurs.
D’abord parce qu’il faut sauvegarder les intérêts électoraux – c’est-à-dire les fiefs – des poids lourds du parti présidentiel ; avec une circonscriptions bien dessinée sur le plan sociologique et politique, la réélection est assurée sans effort. Ensuite parce qu’il faut ménager les leaders de l’opposition en leur permettant de survivre – alternance oblige ; les gens du Système se respectent. Charles Pasqua expliquait le mécanisme ainsi : un tiers des circonscriptions ancré à droite, un deuxième tiers ancré à gauche et le troisième relevant de « la glorieuse incertitude du sport » (sic).
Certes ce qui était vrai hier ne l’est peut-être plus aujourd’hui puisque La République en marche mange à tous les râteliers, l’emportant aussi bien dans des circonscriptions traditionnellement de gauche que dans d’autres classées à droite.
Le charcutage habituel a fabriqué des circonscriptions sans homogénéité géographique. Un exemple rural : la circonscription de Châteaulin – Carhaix. Des exemples urbains : les circonscriptions de Nantes et de Rennes. Des découpages à coup sûr, fantaisistes mais efficaces.
Quant à la « centaine de députés élus à la proportionnelle », le résultat différera fortement selon qu’on aura affaire à des listes nationales ou bien à des listes départementales. Si l’on veut endiguer le Front national et la France insoumise, on choisira la deuxième solution. En Bretagne, impossible pour ces deux formations d’obtenir des députés élus à la proportionnelle dans le cadre départemental.
Bernard Morvan
Crédit photos : DR
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2 réponses à “En Bretagne, deux fois moins de circonscriptions aux prochaines législatives ?”
pas de panique ! Il ira pour ces circonscriptions comme in en fut pour les cantonales : moitié moins de cantons pour autant d’élus, parité oblige, il en ira de même pour les législatives ! Raison invoquée : une plus vaste circonscription demande plus de moyens humains pour la couvrir. CQFD
Bizarre, depuis 45 années, le mille feuille administratif n’ a fait que s’ épaissir !!!!!