Le mercredi 15 juillet 2026 sera marqué d’une pierre blanche dans notre histoire. En effet, depuis sa fondation mythique, puis politique, la France a toujours été considérée comme un phare de la civilisation. Un phare de la chrétienté issu de sa qualité de « fille aînée de l’Eglise ». Mais aussi un phare de l’humanité depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ainsi, l’histoire avait jeté une passerelle entre la monarchie et les régimes politiques qui lui ont succédé. La charité chrétienne rejoignait la fraternité républicaine. La France était terre d’asile, refuge des opprimés et porteuse d’un réel universalisme.
Tout a changé le 15 juillet 2026. Ce jour-là, par 291 voix contre 241, une majorité de députés ont adopté une loi inouïe, une loi de rupture, une loi allant à rebours de millénaires de civilisation. Ce jour-là, 54,7 % des députés ont choisi d’autoriser la mise à mort des êtres humains dans un cadre médicalisé, malgré les oppositions des principales autorités éthiques, médicales ou religieuses. Ce jour-là, 54,7 % des députés ont commis l’inconcevable : permettre de tuer un homme en situation de faiblesse sous prétexte de l’aider à mourir « dignement ».
Ces députés auraient pourtant dû savoir. Ils auraient dû savoir qu’il n’est jamais digne d’être tué. C’est même la raison essentielle qui a été évoquée en 1981 pour justifier l’abolition de la peine de mort, jusqu’alors prévue par le code pénal et appliquée pour la dernière fois à Hamida Djandoubi le 10 septembre 1977, après sa condamnation pour assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation. Ils auraient dû savoir qu’il n’est jamais digne d’être tué, mais aussi qu’il n’est jamais digne de tuer non plus. Autrefois, le métier de bourreau représentait non seulement la mort, mais également la transgression morale. Les bourreaux étaient souvent contraints de vivre en marge de la société. Au point de constituer de véritables dynasties, parfois frappées de consanguinité. Ces députés auraient dû savoir, enfin, que pour Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et principal artisan de l’abolition de la peine de mort, « nul ne peut retirer la vie à autrui dans une démocratie. »
Le principal argument des partisans de l’euthanasie tient dans la perte supposée de la dignité humaine. Perte de dignité manifestée par les souffrances intolérables ; et perte de dignité traduite par l’état dégradant du malade, qu’il faut assister dans tous les actes de la vie, y compris les plus intimes. Or, deux réalités rendent cet argument inopérant. La première est juridique et philosophique. La deuxième est médicale. D’abord, le 21 mai 1999, une recommandation parlementaire du Conseil de l’Europe a posé que « l’être humain est (…) investi de dignité tout au long de sa vie. La douleur, la souffrance ou la faiblesse ne peuvent l’en priver. » Ainsi, même s’il souffre, même s’il ressent sa situation comme étant dégradante, l’être humain garde toute sa dignité, parce qu’il n’est pas indigne d’être affligé de maladie, d’un handicap ou d’une souffrance mentale ou psychologique. Il n’est pas indigne de dépendre de l’aide ou de l’assistance d’un tiers. L’étymologie du mot « patient » le montre clairement. En latin, patiens désigne celui qui endure ou celui qui souffre. Il n’y a là aucune atteinte à la dignité. La dignité humaine est consubstantielle à l’homme.
Sur le plan médical, l’éthique de toute notre civilisation est claire et tient dans un extrait du serment d’Hippocrate : « Je ne donnerai à personne un médicament mortel si on me le demande, et je ne conseillerai pas un tel plan. » Ne pas donner la mort est un principe intangible de la profession de médecin. C’est la raison pour laquelle l’éthique médicale tend à accompagner le malade jusqu’à sa mort naturelle, et non à accélérer le processus mortifère. Pour cela, la recherche en soins palliatifs et sa mise en œuvre permet d’offrir aux malades une qualité de vie en soulageant les souffrances physiques, psychologiques, morales et même spirituelles. Ce sont ces soins qui préservent le mieux la dignité humaine des malades mais aussi celle des soignants car quel sera l’état d’un soignant à qui on imposera de tuer les malades ? Les soins palliatifs s’inscrivent pleinement dans une culture humaniste, respectueuse du vivant et sacralisant la vie humaine. Ils constituent un des piliers de la civilisation et dressent un rempart contre la barbarie.
Ironie de la décadence politique française, la loi instituant l’euthanasie fera l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel par le premier ministre, Sébastien Lecornu, alors que c’est ce même premier ministre, à la demande pressante du Président de la République, qui a accéléré le calendrier parlementaire et facilité l’adoption de cette loi mortifère par les députés soutenant le Président et le Gouvernement, avec l’appoint d’une partie des oppositions de gauche, de droite et RN.
Faut-il donc se résigner à voir la détresse sanctionnée par la mort là où on devrait y répondre par la chaleur humaine ? Pas nécessairement. Il existe en effet un principe général du droit en démocratie. Ce principe pose que ce qu’une loi a pu faire, une autre loi peut le défaire. La technique est appelée « abrogation ». L’abrogation doit être faite, sauf exception, par la même autorité que celle qui a adopté le texte. Ici, c’est par la voie parlementaire que la loi dite « fin de vie » a été adoptée. C’est donc par la voie parlementaire que cette loi peut être supprimée, et tous ses effets être anéantis pour l’avenir. Mais cela suppose d’élire d’autres députés que ceux qui ont voté en faveur de l’euthanasie.
Encore faut-il aussi en avoir la volonté et le courage. Interrogée, Marine Le Pen a déjà fait savoir que, si le RN accédait au pouvoir, il ne reviendrait pas sur cette loi, mais qu’il serait « très vigilant », ce qui ne signifie rien. On peut dès lors se poser la question de savoir ce qui distingue encore le RN de la macronie, puisque même sur une question aussi fondamentale que la vie humaine et sa dignité, on constate l’alignement de ce parti sur le politiquement correct et la pensée unique. Autrefois, la vie politique française mettait en évidence deux blocs antagonistes : la gauche et la droite. Aujourd’hui, on a le sentiment d’un méga bloc centriste, chatouillé par de rares oppositions aussi inaudibles que marginales. L’opposition nationale, elle, reste à reconstruire.
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11 réponses à “Euthanasie légalisée : et le RN se coucha [L’Agora]”
L’art de rédiger un article qui va recontrer son public mais dont le but est de tacler (expression du moment) le RN, faire voter pour Zemmour pour aboutir à Édouard Philippe.
Effectivement on peut se poser la question: le RN est il un parti de l’opposition quand on voit qu’il qu’il est en parfaite osmose avec tout ce que propose Macron.A l origine on pouvait espérer que le RN ne soit pas un parti comme les autres, le désenchantement en est d’autant plus grand.
C’est un peu récurrent avec le RN se coucher ou s’adapter avec l’establishment que critiquait Jean Marie .
L’adoption mercredi 15 juillet 2026 par le Palais BOURBON, de l’aide àmourir,viole la Loi d’Hippocrate.Nous ne sommes plus en démocratiec’est comme le cholestérol, il y’a le bon et le mauvais ,en démocratie il y’a la bonne et la mauvaise, Mariane bouffie aspire à être une belle princesse, une reine,c’est un changement de Régime que mérite la France qui abroge cette loi euthanasiste du 15 juillet 2026. @+ sur INTERNET:VK:Vivien, Vivien DURIEUX de CAROLI
Puisque la peine de mort est rétablie pour les malades, enfants inclus, la rétablir pour les criminels pédophiles, pour les policiers leur rendre leur droit d’abattre pour nous protéger du danger.
En mettant cette question à l’ordre du jour, le RN pourrait se faire pardonner d’avoir voté pour ce droit de tuer.
Ce n’est pas Marine le Pen mais Laurent Jacobelli qui a dit qu’il ne supprimerait pas le texte si le RN arrivait au pouvoir en 2027. « On ne va pas revenir sur toutes les lois. Il faudra vérifier simplement qu’il n’y a pas d’abus », a déclaré le porte-parole du RN. Ceci étant dit sur un tel sujet le silence de MLP est suspect.
guillemot dit : « le RN est il un parti de l’opposition quand on voit qu’il qu’il est en parfaite osmose avec tout ce que propose Macron »
Voilà une réponse simpliste… Non le RN n’est pas un parti qui dit amen à Macron, mais il peut avoir au sein des partis des avis nuancés, personnellement je regrette ce positionnement, mais le RN a donné suffisamment de preuves qu’il n’était pas la marionnette de Macron, la preuve c’est qu’il est taxé de soi-disant « fachiste » par nos détracteurs, âmes damnées d’une gauchiasse qui n’a plus d’autres arguments que de surfer sur la vague du reducto-ad-hitlerum…
Plutôt que de décrédibiliser le RN qui reviendra (même s’il dit que non échéances électorales obligent) sur cette loi aussi ignoble que celle de l’avortement, c’est plutôt sur les français qui pour la plupart ne bronchent pas, qu’il faudrait s’insurger Mr Murawski.
Honte a eux! Honte pour la Vie!
Le Blog du Souvenir Chouan a réagi sur ce vote inique en soulignant que chez les évêques de France, à part le courageux Monseigneur Marc Aillet, cela a plutôt été « Pas de vagues » !
https://souvenirchouandebretagne.over-blog.com/2026/07/dieu-tu-ne-tueras-point/jupiter-tue.html
Bonjour Marche a Terre, avant de continuer à décharger votre propre culpabilité sur les autres,vous leur proposez de faire quoi à vos concitoyens parce qu’il me semble que vous êtes citoyen français faisant donc société comme chacun d’entre nous ? Merci pour votre réponse que je j’imagine très pertinente et surtout j’espère…..réfléchie! Belle journée à vous.
Le RN veut juste le pouvoir pour ne rien pouvoir .