Les progrès de la génétique confirment que les différences intellectuelles sont largement héritables

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18/01/2018 – 08h00 Edimbourgh (Breizh-Info.com) – C’est un sujet capital permettant de mieux comprendre le monde qui nous entoure et de briser les tabous obscurantistes qui gangrènent la société moderne. Les progrès récents de la génétique ont permis d’utiliser des études d’associations pangénomiques afin de déterminer quelle part des différences intellectuelles entre les hommes était due à la génétique ou à d’autres facteurs. Et la réponse est claire : une large part de ces différences s’explique par la génétique. Et, étant donné les progrès rapides de la recherche à ce sujet, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

L’héritabilité, la part de la génétique

L’héritabilité, c’est la part de la variance d’un trait au sein d’un groupe d’individus expliquée par l’influence des gènes. C’est une notion qui est exprimée sous la forme d’un nombre allant de 0 (aucun lien avec la génétique) à 1 (totalement due à la génétique).
Concrètement, une héritabilité de 0.5 de l’intelligence équivaudrait à dire que 50 % des différences intellectuelles entre les hommes sont dues à la génétique et que 50 % de ces différences sont donc dues à l’environnement au sens large, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas génétique (culture, éducation, etc.).

L’héritabilité n’est pas, stricto sensu, une validation de la part majoritaire de la génétique dans la formation d’un trait. Même si, dans la majorité des situations avec une forte héritabilité, c’est effectivement le cas. Il existe quelques cas particuliers où un trait purement génétique a une héritabilité de 0 car tous les membres d’une population possèdent le gène en cause. Mais ce sont des cas rares qui n’ont rien à voir avec la question de l’intelligence.
L’héritabilité n’est pas non plus synonyme d’hérédité. Même si les deux notions sont évidemment liées.
Enfin, l’héritabilité s’applique à des groupes, pas à des individualités. Grossièrement, il s’agit d’une moyenne.

L’intelligence, fortement héritable d’après les études de jumeaux

Pour étudier la part de génétique dans les différences entre individus, les scientifiques se sont longtemps basés sur des études de jumeaux. Les jumeaux monozygotes possèdent en effet le même câblage génétique. L’idée est donc d’étudier les jumeaux monozygotes élevés dans des familles et des milieux différents. C’est une étude classique chez les spécilaistes de l’intelligence humaine. La dernière étude en date est celle réalisée par Alan Kaufman et Elizabeth Lichtenberger pour leur ouvrage Assessing Adolescent and Adult Intelligence paru en 2006. Pour des jumeaux élevés dans les mêmes familles, la corrélation des QI est de 0.86. Pour ceux élevés dans des familles et des milieux différents, elle est de 0.76. Un chiffre qui fait largement consensus puisqu’il est constant depuis des décennies d’études sur cette question. Ainsi, Arthur Jensen, l’un des 50 psychologues les plus importants du XXe siècle trouve-t-il une corrélation de 0.74 dans son ouvrage Straight Talk About Mental Tests paru en 1983.

Si cette héritabilité élevée d’environ 0.75 doit être prise avec du recul – les milieux d’adoptions n’étant peut-être pas autant différents que d’autres milieux – reste qu’il s’agit d’un élément qui fait, toujours aujourd’hui, référence.

L’apport des études pangénomiques

Les progrès de la génétique permettent aujourd’hui d’explorer de manière très précise cette question de l’héritabilité. Il y a quelques jours, une équipe menée par David Hill et Charley Xia, de l’université d’Edimbourgh, ainsi que Ruben Arslan, de l’université de Göttingen, a démontré que 50 % des différences intellectuelles étaient dues à la génétique.
Une démonstration formelle qui établit donc que cette héritabilité de 0.5 est un minimum prouvé scientifiquement. Et, selon eux, « ces résultats indiquent que les futures études d’associations pangénomiques seront capables de trouver une large majorité des variables associés avec l’intelligence. »

Dans une publication toute aussi récente que cette étude, Robert Plomin du King’s College de Londres et Sophie von Stumm, de la London School of Economics and Political Science, expliquent prudemment que l’héritabilité de l’intelligence est aujourd’hui estimée à 50 %.
Ils notent également que les progrès énormes de la génétique vont conduire à une révolution : « Avec les avancées des dernières années, l’intelligence sort de l’ombre et prend la tête dans la recherche génomique. »

Bientôt, les progrès de la génétique permettront sans doute de connaître avec précision la part de la génétique dans la formation de l’intelligence. Et cela pourrait tout changer.

Pour aller plus loin, sur l’intelligence humaine :

Manger du poisson améliorerait le QI des enfants comme des adultes
Quel que soit le milieu d’où l’on vient, l’intelligence est majoritairement génétique
Ce que Laurent Alexandre n’osera jamais dire sur le QI [Tribune libre]

Sciences. 536 gènes liés à l’intelligence découverts, une percée majeure

Les enfants réfugiés sud-soudanais auraient un QI extrêmement faible
Taille du cerveau et intelligence seraient fortement liées
Sciences. Quarante gènes de l’intelligence découverts
Baisse du QI moyen en France : l’influence de l’immigration ?
[20 an après] The Bell Curve : Le QI moyen diffère entre les groupes ethniques
Danemark. Les conscrits extra-européens ont un QI inférieur à celui des conscrits européens
Emil Kirkegaard : « Le quotient intellectuel mondial est à peu près de 85 » [Entretien]

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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