22/12/2017 – 07h00 Stanford (Breizh-Info.com) – C’est une question ultra-sensible depuis des décennies. L’intelligence est-elle innée ou acquise, c’est-à-dire, l’intelligence est-elle majoritairement déterminée par les gènes d’un individu ou par son environnement. Une nouvelle étude vient démontrer que les classes sociales défavorisées, où l’on pensait que le facteur génétique s’exprimait moins fortement, sont en fait régies par les mêmes règles que les autres classes sociales.

Une question de classes sociales

Le consensus scientifique est clair sur la part d’inné dans l’intelligence humaine. À l’âge adulte, entre 60 % et 80 % de l’intelligence est liée à la génétique. La découverte récente de centaines de gènes liés à l’intelligence est venue appuyer ce consensus avec des éléments factuels clairs.

Mais, pour certains scientifiques, le milieu social dans lequel évoluent certaines personnes pourrait majoritairement influer sur la formation de l’intelligence. Ainsi, dans une étude de 2003, Turkheimer annonce-t-il que les enfants issus de classes sociales défavorisées voient le rôle de l’environnement prépondérant sur celui de la génétique.

Dès sa sortie, cette étude avait été largement critiquée et son auteur lui-même évoquait des limitations claires. Cette étude avait notamment été conduite sur un nombre restreint d’enfants en bas âge.

Riches ou pauvres, la même part de génétique

Finalement, le 19 décembre, la revue PNAS a publié une étude de chercheurs de Stanford, Northwestern et de l’université de Floride qui ont analysé un échantillon très important de jumeaux (24 000) et d’enfants (300 000). Ils n’ont découvert aucune preuve d’un rôle du milieu social dans la mesure de l’intelligence.
Selon eux, une classe sociale inférieure ne réduit pas l’héritabilité génétique.

Pour faire simple, que les hommes naissent riches ou pauvres, qu’ils soient élevés dans des familles favorisées ou non, ils ont en moyenne la même proportion génétique d’intelligence.

Dans une note de son blog dédiée à cette étude, le physicien Stephen Hsu note que le prix Nobel d’économie James Heckman, un temps très critique du livre The Bell Curve, avait géré la publication de cette étude. Que cet expert en statistiques et l’un des chercheurs les plus cités dans le périmètre de l’éducation enfantine s’implique dans cette étude démontre bien que les tabous liés à l’intelligence sont tous en train de tomber les uns après les autres dans le milieu scientifique.

Pour aller plus loin, sur l’intelligence humaine :

Ce que Laurent Alexandre n’osera jamais dire sur le QI [Tribune libre]
Sciences. 536 gènes liés à l’intelligence découverts, une percée majeure

Les enfants réfugiés sud-soudanais auraient un QI extrêmement faible
Taille du cerveau et intelligence seraient fortement liées
Sciences. Quarante gènes de l’intelligence découverts
Baisse du QI moyen en France : l’influence de l’immigration ?
[20 an après] The Bell Curve : Le QI moyen diffère entre les groupes ethniques
Danemark. Les conscrits extra-européens ont un QI inférieur à celui des conscrits européens
Emil Kirkegaard : « Le quotient intellectuel mondial est à peu près de 85 » [Entretien]

Crédit photo : Allan Ajifo [CC BY 2.0]
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3 Commentaires

  1. La première chose à dire sur l’intelligence ce n’est certainement pas si elle est ou non génétique. Si l’on veut comprendre son origine, il faut déjà constater qu’elle n’est pas le propre de l’homme. Les chercheurs le reconnaissent aujourd’hui, tous les êtres vivants, végétaux inclus, font preuve d’intelligence et cela depuis l’aube de la vie sur Terre. Pour la bonne raison qu(‘il s’agit d’une fonction de base qui leur permet de survivre le temps nécessaire à la reproduction laquelle permet à la sélection naturelle d’œuvrer, ce qui a mené jusqu’à l’homme.

    Il y a des intelligences plus lentes que d’autres (les végétaux), plus grandes que d’autres (l’homme, les primates, les dauphins, les animaux de meutes…), mais toutes fonctionnent en s’appuyant sur de la connaissance. Plus la connaissance est grande plus l’intelligence est grande. La mémoire c’est le problème du vivant, il faut stocker un maximum et le cerveau coûte très cher en énergie : avec 2% du poids total, notre cerveau prélève jusqu’à 40 % de notre alimentation !

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