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A Nantes, ce samedi 14 avril, malgré un contexte local tendu avec deux manifestations successives des syndicats et des zadistes, la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère) a elle aussi organisé une manifestation, toujours contre la décision du gouvernement de mettre en place le 80 km/h à partir du 1er juillet sur le réseau secondaire français sans terre-plein de séparation – essentiellement des départementales et d’anciennes nationales concédées aux départements.
Partis à 15h00 de la rue Gaétan Rondeau – sur l’île de Nantes – ils sont remontés jusqu’au Cardo puis de là ils ont fait une opération escargot sur le périphérique, passablement encombré alors qu’une manifestation avait lieu à Nantes et une grève SNCF au niveau national. Puis ils sont revenus par la route de Rennes, avant de se disperser au rond-point de Rennes, la Préfecture étant inatteignable à cause des désordres causés par la manifestation zadiste en ville. Environ 500 motards et 30 voitures ont participé à la manifestation, selon la FFMC 44.
Nous avons interviewé Denis Chaimbault avant qu’il ne parte en manifestation. Le coordinateur départemental de la FFMC nous a expliqué que « le contexte national ou local ne nous a jamais empêché de manifester, pas plus que le temps. Le gouvernement est toujours arque-bouté sur la mise en place du 80 km/h au 1er juillet, sans explication ni preuve crédible. Cette semaine, ils ont sorti des chiffres sur un bout de route de 10 kilomètres ! ».
Effectivement, l’expérimentation menée de juillet 2015 à juillet 2017 sur 80 km de route – la loi prévoit normalement cinq ans et non deux – ne semble pas probante. « Non seulement que l’accidentologie n’a pas baissé, mais elle a augmenté comme le nombre de morts », explique Denis Chaimbault qui se base sur une étude planquée par le gouvernement puis révélée par nos confrères du Point.
Cependant, le front gouvernemental se fissure – 28 présidents de conseils généraux ont annoncé qu’ils n’appliqueraient pas la mesure. Parmi eux figurent les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne mais aucun département breton. « Mais on ne sait pas s’ils pourront le faire réellement », nuance Denis Chaimbault. Après avoir affirmé par la voie du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux que la mesure s’appliquerait en effet à tout le réseau secondaire dès le 1er juillet sans exception, Macron a annoncé en effet l’abandon de la mesure d’ici à deux ans si elle n’est pas efficace, ou la transmission aux départements du pouvoir de mettre la limite de vitesse à 80 ou 90 km/h sur leur réseau – la décentralisation va encore faire un pas historique en France…
La FFMC de son côté appelle à ne pas prendre la décision tant que c’est possible. « Tout ce qu’a pu sortir M. Barbe [Emmanuel, délégué interministériel à la sécurité routière, NDLA] devant le Sénat en février, c’est que sur le tronçon de vitesse à 80 km/h la vitesse moyenne avait reculé. En fait on est toujours dans le théorème de Nilson, en Suède, tiré en 1980 sur un fait divers de 1967 alors que la Suède changeait de sens de circulation [une baisse de 1% de la vitesse entraîne une diminution des accidents mortels de 4%] et qui est complètement dépassé ».
Par ailleurs les groupes Colère, très actifs en janvier sur les réseaux sociaux et en manifestation, semblent avoir quelque peu disparu aujourd’hui. « Avec 40 millions d’automobilistes, nous ne les avons pas attendus pour s’opposer au 80 km/h », tacle Denis Chaimbault. « Ce sont des groupes Facebook opportunistes avec un très large volant de revendications, allant du 80 km/h à la hausse de la CSG. Le problème, c’est que pour faire des manifestations il faut avoir de l’argent, car ça fait des frais. Ce genre d’initiatives ne tient pas dans le temps. Nous si ».
Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : Breizh-info.com
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