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Pendant six ans, de 2008 à 2014, les aventures de Jax Teller et des « Sons of Anarchy » ont passionné le petit monde des amateurs de Harley Davidson, les fans de rock et d’histoires de gangsters. Son créateur et producteur, Kurt Sutter, s’était inspiré du célèbre club des Hells Angels, invitant même certains de leurs membres à rejoindre le casting de la série.
Bien sûr, le tout était romancé, extrêmement dramatique et conçu pour tenir les téléspectateurs en haleine. « Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnages ayant existé est fortuite ! ».
Depuis quatre ans et la fin de Sons of Anarchy, l’on savait que des « prequels » étaient dans les tuyaux. Pour rappel, un prequel est une histoire située dans un univers existant mais se déroulant dans un lieu ou une époque différente. Certains personnages peuvent donc apparaître plus jeunes ou plus vieux, des morts ressusciter, des salauds devenir des héros et inversement. Finalement, l’idée retenue s’appelle Mayans MC, du nom du club de motards latinos régulièrement aperçu dans SOA.

Mayans MC succède à Sons of Anarchy
Comme toujours dans ce genre de projet, les comparaisons sont inévitables, les risques pour les créateurs sont également importants : ils ne doivent pas trahir leur univers mais ne peuvent non plus se contenter d’un vulgaire copier/coller de l’histoire originale.
Mayans MC, verdict
Dans Mayans MC, nous suivons les pas du jeune Ezekiel, surnommé EZ (prononcer « easy »), un « prospect », c’est-à-dire un prétendant au club devant faire ses preuves, là où le personnage de Jax était déjà établi et important pour les Sons of Anarchy.
Le choix d’un prospect comme élément central permet d’explorer de nouveaux horizons, son statut l’empêche naturellement d’être tout à fait charismatique. Si cela ne pose pas de problème le concernant, les membres des Mayans manquent tous d’un peu de personnalité, sont assez interchangeables là où les « Sons » étaient tous originaux et particuliers, pour ne pas dire excentriques.
Comme tout un chacun, Mayans et Sons ont les défauts de leurs qualités. Là où les premiers, pleins de caractère, devenaient à terme un peu caricaturaux, les Mayans, plus neutres, sont aussi plus réalistes, tout comme leurs péripéties. L’action se déroulant au Mexique, les cartels sont bien sûr au cœur de l’action, c’est facile mais plutôt logique et intéressant. Les quelques références sur les opposants américains à l’immigration agaceront les défenseurs de Donald Trump mais paraissent, elles aussi, inévitables de la part de criminels mexicains.
Hélas, après un début prometteur, rythmé et intrigant, avec un jeu à trois entre les bikers, le cartel et ses ennemis « rebelles », le soufflé est un peu retombé et l’on commence déjà à tourner en rond après cinq épisodes, alors que la saison en comptera huit. Les mystères se multiplient sans que l’un d’eux paraisse essentiel.
Difficile d’avoir de l’empathie pour la famille d’un puissant mafieux – le personnage joué par Danny Pino, chef du cartel de Galindo – quand celui-ci est sans pitié pour ceux qui se dressent sur son chemin !
Le secret entourant EZ annonce toutefois une fin de saison explosive, on se demande même quelle pirouette scénaristique sera mise en place pour poursuivre cette histoire une fois qu’il sera révélé, puisque la chaîne américaine FX a d’ores et déjà commandé une deuxième saison.
Par ailleurs, l’esthétique est réussie, nous sommes bien passés d’un club « yankee » à un club « latinos » mais les points communs sont assez nombreux pour ne pas avoir l’impression d’avoir changé de monde. La bande originale a suivi le même chemin, celle-ci était un point fort de Sons of Anarchy en reprenant et réinterprétant des classiques du rock , du blues ou du folk, contexte oblige, c’est moins le cas dans Mayans MC, avec des musiques plus hispaniques. Les quelques clins d’oeil aux Sons sont bien dosés.
Finalement, Mayans MC est un prequel honnête, ses auteurs ont su rester fidèles à l’univers que l’on connaît en prenant toutefois en compte les différences culturelles importantes de leurs personnages. Ils n’ont pas copié les héros de SAMCRO mais n’ont pas pour le moment réussi à en créer d’aussi profonds et attachants, notamment à cause d’un manque d’action et d’enjeux bien établis.
La série est diffusée le mardi soir aux Etats-Unis et est disponible dès le lendemain en version française sur l’application My Canal de Canal+ (payante, bien sûr) ; l’épisode final de la première saison est prévu le 23 octobre prochain.
Crédit photos : DR
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