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Naples, 1977. Un adolescent de 15 ans, sans parents, survit de larcins dans les rues de Secondigliano, quartier populaire du nord de la ville. Il s’appelle Pietro Savastano. 3 décennies plus tard, il régnera sur la Camorra sous le nom de Don Pietro, aux côtés de Donna Imma. C’est cette genèse que raconte Gomorra : les origines, préquel de la série culte diffusé sur Canal+ depuis le 24 août, dont les 6 épisodes sont désormais disponibles en intégralité sur myCANAL.
Le retour d’un univers culte, 5 ans après
Diffusée entre 2014 et 2021, adaptée librement du livre-enquête de Roberto Saviano (2006), Gomorra reste l’une des plus grandes séries européennes de la décennie écoulée : une plongée sèche, brutale, sans rédemption, dans la guerre des clans napolitains. Après le film L’Immortale, consacré à Ciro Di Marzio, l’univers revient par le passé plutôt que par la suite.
Aux manettes du préquel, on retrouve les créateurs historiques — Leonardo Fasoli, Maddalena Ravagli et Saviano lui-même — rejoints à l’écriture par Marco D’Amore, l’inoubliable interprète de Ciro, qui réalise également les 4 premiers épisodes. Le 5e est signé Francesco Ghiaccio. Devant la caméra, une distribution de jeunes visages : Luca Lubrano incarne Pietro, Tullia Venezia campe Imma.
Secondigliano avant l’héroïne
L’intrigue s’ouvre à un moment charnière de l’histoire criminelle napolitaine : la contrebande de cigarettes, activité historique de la Camorra, commence à céder la place au trafic d’héroïne, autrement plus lucratif et autrement plus destructeur. Pietro, pur produit de la misère des quartiers nord, se met dans le sillage d’Angelo « A’ Sirena », jeune lieutenant flamboyant lié à l’une des grandes familles du milieu. À ses côtés, l’adolescent apprend les codes, la violence et les jeux de pouvoir — pendant que sa rencontre avec Immacolata dessine l’autre versant de son destin.
Une réception partagée, entre éloges et déceptions
La presse anglo-saxonne a plutôt bien accueilli la série : le Guardian y voit une fraîcheur et une élégance mélancolique qui la distinguent du tout-venant policier, le Financial Times une relecture réussie de l’univers, tout en relevant quelques passages convenus. VL Media salue un récit moins nihiliste, parfois plus lumineux que la série mère, et une reconstitution du Secondigliano de 1977 — grain chaud, teintes sépia — qui fait du quartier un personnage à part entière. Télérama, fidèle à son rôle, démolit l’ensemble en dénonçant une préquelle « carrément tarte à la crème ».
Côté spectateurs, le clivage est net. Les déçus reprochent au préquel un rythme lent, des dialogues bavards et l’absence de la noirceur photographique qui faisait l’identité visuelle de l’originale ; certains renvoient vers Romanzo Criminale pour retrouver les années 1970 criminelles italiennes. Les enthousiastes, eux, parlent d’une série addictive dès le pilote, louent la reconstitution du Naples des années 1970 et recommandent unanimement la version originale sous-titrée — le dialecte napolitain perdant toute sa saveur au doublage. Plusieurs relèvent aussi les parentés appuyées avec Il était une fois en Amérique, entre hommage assumé et facilité d’écriture.
Notre avis : en deçà du monument, mais une vraie série
Soyons clairs : Gomorra : les origines n’atteint pas le niveau de la série mère. La photographie n’a pas la même noirceur, la tension n’a pas la même constance, et le récit d’ascension — le jeune loup qui veut devenir calife à la place du calife — emprunte des sentiers cent fois battus. Mais la comparaison est écrasante par nature : peu de séries au monde soutiennent le face-à-face avec Gomorra.
Jugée pour elle-même, la série tient largement la route. La reconstitution des années 1970 est somptueuse, l’écriture prend le temps d’installer ses personnages, et le passage de la contrebande à l’héroïne donne au récit un vrai ancrage historique. Le personnage d’Angelo la Sirène, magnétique, vole régulièrement la vedette au jeune Pietro — dont l’interprète, plus intériorisé, divise davantage. À voir impérativement en version originale sous-titrée.
Les 6 épisodes de la saison 1 sont disponibles sur myCANAL. Durée : environ 54 minutes par épisode.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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