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Qui sont les progressistes bretons ? D’après Jean-Yves Le Drian, ce sont « ceux qui conjuguent à la fois la nécessité d’un développement économique basé sur la force des entreprises et le partage social. Ceux qui considèrent que l’engagement européen est déterminant pour notre souveraineté et notre destin. Ceux qui considèrent les valeurs écologiques et les valeurs d’humanisme. Un spectre qui va des sociaux-démocrates jusqu’au centre-droit. » (Le Mensuel du Morbihan, janvier 2019). Voilà ce que le ministre aurait dû expliquer à Lorient… si la réunion avait eu lieu.

La mayonnaise ne prend pas
On sentait bien que la mayonnaise ne prenait pas. Bien que ministre des Affaires étrangères et ancien président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian ne parvenait pas à rassembler de gros bataillons pour son opération « progressistes bretons – Breizh lab ». Certes, si le lancement avait eu lieu un an plus tôt, à l’automne 2017, dans l’euphorie macroniste de la victoire à la présidentielle et aux législatives, tout le personnel politique breton se serait précipité pour baiser les babouches de « Jean-Yves ».
Mais, depuis, les sondages et l’actualité ne placent pas le ministre en position de force, faute d’être politiquement « attractif ». D’où la réserve des uns et la prudence des autres, à tel point que peu ont effectué des déclarations d’amour publiques à cette occasion au ministre. On peut même parler d’hostilité chez ses anciens copains du PS. Pour autant Jean-Yves Le Drian demeure le grand homme de la Bretagne, comme René Pleven en d’autres temps. Le seul possédant un poids politique à Paris et pouvant faire, s’il le veut, avancer les dossiers.
« Breizh-lab », un laboratoire d’idée
Sans doute était-ce l’un des objectifs de « Breizh-lab » qui se présente comme un laboratoire d’idées, mais aussi, selon Jean-Yves Le Drian, « une force de réflexion, de proposition et d’action » (Ouest-France, Bretagne, lundi 21 janvier 2019). Ce qui rappelle le bon vieux Celib où tout le personnel politique breton – gauche et droite confondues – se rassemblait derrière René Pleven, le tout puissant président, et Joseph Martray, le dynamique secrétaire général.
Bref, ce laboratoire d’idées entend « proposer des solutions originales pour répondre aux défis sociaux et environnementaux de la Bretagne (Ouest-France, lundi 21 janvier 2019). Malgré ses bonnes intentions, on enregistre deux reports de la réunion constitutive et peu de combattants pour celle annoncée le 20 janvier (250). Alors que, chaque année, lors de l’assemblée générale du CELIB à Pontivy, on assistait à la mobilisation du ban et de l’arrière-ban du personnel politique breton…
Attendre que le calme revienne…
Il parait que cette réunion constitutive pourrait avoir lieu après le grand débat national. « Je proposerai une nouvelle date lorsque le calme sera revenu », assure Le Drian. (Ouest-France, Bretagne, vendredi 18 janvier 2019). Car il lui faut tenir compte de la force mobilisatrice des Gilets jaunes. A coup sûr, ces derniers ses seraient fait un plaisir de perturber la réunion de Lorient.
En attendant, « plusieurs médias croient savoir, par ailleurs, que Jean-Yves Le Drian serait bien placé pour remplacer Édouard Philippe à Matignon à l’issue du grand débat national. Il serait poussé par plusieurs membres de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron ». On raconte que l’intéressé ne serait pas « totalement hostile » à cette promotion (Le Télégramme, vendredi 18 janvier 2019).
Bernard Morvan
Crédit photo : Pymouss/Wikimedia (cc)
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