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Dans un rapport publié le vendredi 7 juin, l’ONG WWF s’affole à juste titre des quelques 600 000 tonnes de plastique déversées chaque année en Méditerranée par les 22 pays riverains.
Diffusé à l’occasion de la Journée mondiale des océans, ce rapport pointe tout particulièrement la responsabilité de la France. Cette accusation est largement relayée par les médias.
Pourtant, à bien regarder les chiffres, la France laisse filer « seulement » 11 000 tonnes de plastique en Méditerranée (sur 570 000 tonnes, le chiffre exact), soit 2 % des rejets. Ce que WWF lui reproche en fait, c’est moins sa gestion des déchets (« plus performante que d’autres pays méditerranéens »), que le mauvais exemple qu’elle donne. Comme un maître d’école qui serait déçu par une peccadille d’un bon élève, alors qu’il ferme les yeux depuis longtemps sur le fond de la classe.
Qui sont les mauvais élèves de la classe environnementale méditerranéenne ?
Les informations sur les cancres, on les trouve dans le rapport en anglais du WWF.
Sur les 570 000 tonnes de déchets plastiques qui partent à la mer, 250 000 viennent de la seule Egypte, 111 000 tonnes de Turquie, soit presque les 2/3 à eux deux. Autre donnée, la petite Tunisie pollue autant que la France (11 000 tonnes chacune).
Dans les pays du sud de la Méditerranée, la crise écologique, moins médiatisée, est pourtant plus criante qu’en Europe : démographie débordante , incapacité des régimes corrompus à préparer l’avenir et à faire respecter la moindre règle commune… Dans le domaine des déchets plastiques, cela se traduit par l’absence d’infrastructures efficaces de traitement des déchets : avec à la clé des plages régulièrement envahies d’immondices en plastique, par exemple en Algérie.
Pourquoi WWF cible-t-elle les pays européens ?
C’est donc plus le parti-pris idéologique que le souci de la vérité qui motive le rapport de WWF. Pour impliquer les Européens, il faut les rendre coupables, y compris en innocentant les vrais responsables. Peut-être que WWF compte qu’une fois sensibilisées les opinions publiques européennes sensibiliseront les gouvernants de leurs pays, qui sensibiliseront à leur tour les dictateurs arabes et turques.
Cette stratégie très indirecte va-t-elle marcher ?
En tout cas, elle tend à déresponsabiliser les opinions des pays arabes. Dans l’article rendant compte du rapport du WWF de 2018 sur le même sujet, le journal le Matin d’Algérie s’en tenait à des considérations générales et faisait l’impasse sur les responsabilités locales.
Tant pis pour les plages algériennes. Tant pis pour les océans.
Enora
Une réponse à “Plastique en Méditerranée. WWF stigmatise la France alors que l’Egypte et la Turquie sont les principaux responsables”
[…] (ou à cause) d’un tourisme florissant, la Tunisie déverse également dans la Méditerranée autant de déchets plastiques que la France (11.000 tonnes), mais arrive loin derrière […]