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Après l’Afrique de l’Ouest, la région du lac Tchad et le Congo, l’État islamique continue son expansion. L’organisation terroriste – qui a pu évacuer de Syrie une partie de son trésor de guerre, disposerait de plusieurs centaines de millions de dollars sur des comptes et d’une tonne d’or en lingots. Loin de ses richesses à son apogée au Levant mais suffisant pour financer son expansion, via l’affiliation de groupes armés un peu partout dans le monde. Deux attaques ont eu lieu au Mozambique ces dernières semaines.
Le 26 juillet, la wilaya Afrique centrale de l’EI a revendiqué une attaque contre l’armée gouvernementale du Mozambique à Kujul, dans le district de Macumia. Les combattants islamistes ont tué plusieurs militaires et se sont emparés d’armes et de munitions. Le même jour, l’EI a aussi revendiqué l’exécution de quatre « espions » qui collaboraient avec l’armée et la destruction de leurs maisons à Macul, district de Mosimboa-da-Praya.
Au Mozambique, l’EI soutient en fait une insurrection islamiste violente, qui sévit dans le nord du pays majoritairement musulman et riche en hydrocarbures offshore (et en rubis) depuis le 5 octobre 2017 (province de Cabo Delgado) ; plus de 200 personnes ont déjà été tuées à la machette par les insurgés, lors de raids sur les villages ou de barrages routiers improvisés. Les insurgés attaquaient initialement l’armée et la police, puis s’en sont pris aux officiels et aux civils qui les soutiennent.
Pour le seul mois de mai, ces insurgés appelés localement « shebabs », jeunes en arabe – et qui réclament comme leurs homologues de Somalie la stricte application de la charia – ont tué plus de 40 personnes. Eux-mêmes seraient près de 1 000 et s’étaient initialement radicalisés au contact d’un imam étranger installé dans le pays.
Parmi eux, des Tanzaniens et des Zaïrois, certains avec une formation militaire, qui entretiendraient des contacts suivis avec les islamistes du sud de la Tanzanie, selon le think tank international Crisis Group. Le gouvernement du Mozambique a répliqué par la fermeture de plusieurs mosquées radicales, plusieurs centaines d’arrestations et l’envoi de l’armée, ce qui a eu pour conséquence de radicaliser plus encore la rébellion…
La première attaque revendiquée par l’EI remonte au 5 juin 2019 : alors, les djihadistes ont affirmé avoir repoussé les forces gouvernementales dans le village de Metubi, s’emparant d’armes et de roquettes. Le gouvernement a démenti cette revendication, suivi par un certain nombre d’experts. En vain. Une autre attaque revendiquée par l’EI dans le village de Lidjungo, district de Nangade, a fait sept morts, six civils et un policier le 3 juillet dernier.
En Centrafrique, le 25 juillet, l’État islamique a publié une vidéo qui est la première officielle de la « Wilaya Afrique Centrale ». On y voit des combattants armés de Kalachnikov chinoises, mais aussi de fusils d’assaut Daewoo K2. Ces derniers ont été achetés, au nombre de 30.000, par la police nigériane en 2006 et certains d’entre eux ont depuis été détournés au bénéfice des contrebandiers. Sur la vidéo, on voit aussi des fusils d’assauts courts Galil MAR et des fusils de précision Galil Galatz – ces deux derniers types d’armes semblent avoir été récupérés par les djihadistes au Congo lors d’une attaque sur une base de l’ONU en mai 2019.
Louis-Benoît Greffe
Crédit photos: DR
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