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Ce 15 octobre, le squat de la « maison du peuple » installé début juillet dernier dans un ancien local professionnel amianté et inflammable, rue Jules Ferry à Doulon (Nantes-est), a été expulsé. Néanmoins, sur place, les forces de l’ordre ont trouvé 45 migrants dont 18 enfants, des familles qui auraient été « sorties » du gymnase squatté près de Beauséjour « pour que l’état prenne ses responsabilités », selon des bénévoles pro-migrants.

Cependant, depuis début octobre, 13 personnes ont occupé une autre friche, d’autant plus emblématique qu’elle se trouve en centre-ville de Nantes – 17 rue du Chapeau-Rouge, derrière Graslin – à proximité immédiate du Logis Saint-Jean qui appartient au diocèse et sert des repas halal aux migrants. Cet ancien collège Notre-Dame du Bon Conseil, en friche derrière la rue du Calvaire, appartient là encore au diocèse, comme le gymnase de Beauséjour qui a accueilli jusque 800 migrants dans des conditions dantesques tandis que le diocèse fuyait ses responsabilités et était plutôt favorable à l’invasion migratoire.

Dans un communiqué de presse, les occupants – d’autant plus organisés qu’ils ont parmi eux des militants qui se disent à la fois catholiques et favorables à l’invasion migratoire, malgré la doctrine de l’Eglise – en ont appelé à l’évêque. « Le collectif s’adresse à lui en vue d’obtenir un bail précaire et qui précéderait aux travaux de transformation fin 2020. […] Ce propriétaire est le diocèse via sa filiale la Providence, qui gère son considérable patrimoine. Y figure aussi le gymnase Jeanne Bernard, qui a obtenu un délai. […]. La Maison du Peuple réclame une situation encadrée légalement. Elle entend être en mesure de se projeter, préparer un hiver qui pourrait être rude, proposer des liens entre tous au sein d’un lieu partagé qui paraît plus que jamais nécessaire. Connaissant l’adage quant à Dieu et ses saints, c’est Monseigneur l’évêque directement et la communauté croyante du diocèse et au delà, qui sont sollicités et interrogés quant à cette situation».

Un certain Yacine Yazami a envoyé une lettre à l’évêque : « Je représente la Maison du Peuple de Nantes, et qui occupait un bâtiment près de Doulon.[…] Nous occupons le collège Notre-Dame de Bon Conseil près de Graslin […] nous ne voulons pas reproduire la situation du gymnase : nous contrôlons les flux de personnes au sein de la Maison du Peuple ». Jusque là, il s’était fait connaître par l’édition plus ou moins clandestine d’un album issu des « souterrains du rap nantais ». Son entreprise avait coulé pour insuffisance d’actif en 2011.

Avec assurance, il explique : « Nous fonctionnons comme un centre social auto-géré : en plus de l’accueil de public en difficulté,nous proposons un magasin de vêtements gratuit basé sur des dons, une bibliothèque, des cours de français, une aide administrative, une cuisine collective. Il s’agit avant tout d’un lieu de convergence, de lien social, où se retrouvent les générations, un lieu de fraternité et de bien d’autres choses ».

Et d’opposer la mairie et le diocèse : « Nous[…] continuons à demander un bâtiment auprès de la mairie, mais toujours sans réponse de leur part. Nous nous tournons vers vous afin de vous demander une audience en vue de pouvoir négocier la possibilité de l’octroi d’un bail précaire pour un an, jusqu’au 30 septembre 2020, ou encore jusqu’au début des travaux. Après les dernières déclarations du Souverain Pontife, nous avons compris qu’un appel à la solidarité avait été vivement lancé et nous souhaiterions compter sur la charité chrétienne ». Un appel à la charité chrétienne pour abriter sans droit ni titre des réfugiés principalement musulmans – qui vont jusqu’à installer des mosquées clandestines dans leurs squats, c’est osé. Mais hélas pour les Nantais, le diocèse n’en est plus à ça près.

Louis Moulin

Crédit photo : breizh-info.com
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