Sondage. Les Français respectent-ils les règles de confinement, d’hygiène et de distanciation sociale?

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À l’occasion du lancement par Depanneo d’une plateforme de dépannage à distance gratuite, l’Ifop publie le premier volet de son « Observatoire de la vie des Français à l’heure du confinement » (embargo de diffusion : vendredi 27 à 6h00).

Réalisé auprès d’un échantillon de taille conséquente (3 000 Français), cette étude montre à quel point le virus a bouleversé les comportements des Français (déplacement, hygiène, achats de précaution…) mais aussi généré un niveau d’anxiété sur tout un ensemble de sujet (ex : nourriture, mort, économie, emploi…) qui contribue à une plus grande méfiance à l’égard des personnes autorisées à se déplacer (ex : livreurs, dépanneurs…) et à une disposition élevée à la dématérialisation des échanges et des services.

Pour télécharger le sondage en intégralité, c’est ici.

1) L’IMPACT DU CORONAVIRUS SUR L’HYGIÈNE ET LES RAPPORTS AVEC LES AUTRES

Une adoption massive des bons gestes de rites de salutation

Force est de constater que le martèlement des messages de prévention sanitaire a eu un effet dans la mesure où en moins de trois semaines, les comportements des Français en matière de civilité ont radicalement changé, qu’il s’agisse de la bise ou du serrage de mains.

De même, les habitudes des Français en matière d’hygiène corporelle enregistrent une rupture totale avec celles que l’Ifop avait pu observer fin janvier avant l’éclatement de la crise.

Enfin, les conditions imposées par le dispositif de confinement mis en place à compter du mardi 17 mars à 12h00 semblent relativement bien intégrées par la population, à l’exception notable de l’accès aux pressing (autorisés contrairement à l’avis majoritaire de la population).

2) UNE VIE QUOTIDIENNE DES FRANÇAIS PLACÉE SOUS LE SIGNE DE LA PEUR

Les Français ont peur de mourir, c’est en tout cas un sentiment que partagent 62 % d’entre eux dont un quart qui y pensent souvent (25 %). Pour autant, tous les Français ne sont pas égaux face à la peur de mourir, les profils de personnes les plus vulnérables au virus sont en tête des plus inquiets, à savoir les personnes âgées de 65 ans et plus (68 % craignent de mourir).

Plus les Français s’éloignent de leur foyer, plus ils partagent une inquiétude d’être infectés. Ainsi, on note qu’ils craignent moins une infection en échangeant avec leurs voisins (43 %) ou en faisant venir un livreur à domicile (46 %) qu’en sortant de leur domicile (77 %). Cette « pureté » du foyer de confinement entraîne une inquiétude encore plus forte de contaminer leur entourage sans le savoir (75 %, dont huit Français sur dix ayant des enfants à la maison) voire pire de perdre un proche (81 %).

La crainte d’être infecté se concentre tout particulièrement sur ceux qui continuent de se rendre sur leur lieu de travail (79 %). Ce cas de figure concerne avant tous les actifs des classes populaires (82 % contre 63 % des catégories les plus aisées), qui continuent largement à travailler et ne peuvent bénéficier du télétravail mais aussi les actifs des villes les plus peuplées, notamment Paris, qui se rendent bien souvent au travail en transport en commun ou à pied.

Si le danger immédiat de la crise sanitaire est bien ancré dans l’esprit des Français, c’est avant tout l’idée d’un effondrement économique qui inquiète 87 % des Français, dont 61 % y pensant même souvent, et de ses conséquences sur l’inflation. En effet, 67 % des personnes interrogées craignent une hausse des prix des produits alimentaires liés sans doute aux pénuries.

Enfin, plus proche de leur cas personnel, les Français anticipent une perte significative de leur revenu (57 %), preuve que la crise atteint le moral économique des Français.

À ce stade toutefois, moins d’un tiers des actifs ont peur de perdre leur emploi, ce qui demeure une part non négligeable alors que la tendance précédant la crise était plutôt à la baisse du nombre de chômeurs.

3) STOCKS ET NUMÉRIQUE : LA CRISE DU CORONAVIRUS OBLIGE LES FRANÇAIS À CHANGER RADICALEMENT LEURS COMPORTEMENTS D’ACHAT

Douze jours, c’est en moyenne ce dont disposent les Français en termes de réserves alimentaires sans avoir besoin de se ravitailleur. Et pour cause, 53 % d’entre eux déclarent avoir fait des stocks de produits alimentaires depuis l’éclatement de l’épidémie, soit une progression spectaculaire de 35 points par rapport au 15 mars.

Dans un contexte d’incertitude sur le maintien des prix alimentaires et sur la durée du confinement, on notera que ce sont les catégories les plus pauvres qui disposent le plus de vivres (pour 12,7 jours en moyenne, contre 11,1 jours pour les plus hauts revenus) et ceux qui s’attendent à un confinement long (16 jours de vivre pour ceux jugeant qu’il va durer plus de 60 jours). Le manque de place pour stocker est aussi un facteur important de différenciation entre les Français, ceux disposant de moins de 30 m2 n’ont qu’une dizaine de jours de stocks en moyenne contre 13 pour ceux dépassant les 100 m2.

Les Français cherchent également à s’organiser de véritables kits de survie en achetant plus qu’à l’accoutumée du savon ou du gel hydro-alcoolique (34 % l’ont déjà fait et 26 % envisagent de le faire) ou des médicaments (respectivement 28 % et 18 %). Indisponibles sur le marché, seuls les masques manquent dans l’attirail des Français (seuls 8 % en ont acheté plus que d’habitude).

L’annonce du confinement a poussé les Français à se tourner vers des achats ne nécessitant pas de quitter leur domicile, ainsi un quart des Français (27 %) déclarent avoir réalisé plus qu’à l’accoutumée des achats par Internet et autant (24 %) qu’ils envisagent de le faire. De nouvelles pratiques à distance qui concernent également les colis non alimentaires livrés à domicile (respectivement 18 % et 16 %).

Considérant le risque qu’ils prennent pour leur santé à multiplier les contacts, une très large majorité de Français (84 %) tenteraient de résoudre par eux-mêmes leurs problèmes à la maison avant de faire appel à des artisans spécialisés (électriciens, chauffagistes, plombiers ou serruriers). L’appel du président de la République à l’ouverture gratuite d’un canal vidéo de dépannage recueillent l’adhésion de 74 % des répondants et répond donc bien aux craintes de la population, particulièrement auprès de ceux s’estimant exposés au COVID-19 (79 %).

Crédit photo :DR
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