Épargne, retraite, défense : le baromètre 2026 dresse le portrait d’une France anxieuse et attentisteÉpargne, retraite, défense : le baromètre 2026 dresse le portrait d’une France anxieuse et attentiste

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Le baromètre annuel de l’épargne réalisé par l’Ifop pour Altaprofits, publié début juin 2026, révèle trois signaux préoccupants : une aversion au risque qui s’accentue, une progression spectaculaire des actifs comptant exclusivement sur la retraite par répartition, et une réticence persistante à investir dans la défense nationale. Le tableau d’une France qui se replie sur la sécurité faute de pouvoir se projeter.

Une épargne de précaution, pas de rendement

Les comportements d’épargne des Français restent stables dans leurs grandes lignes : 81 % déclarent placer de l’argent sur leurs produits d’épargne, 62 % le font au moins une fois tous les six mois, dont 37 % au moins une fois par mois — des proportions stables depuis 2020. Mais derrière cette constance apparente, deux signaux révèlent un environnement fragilisé.

Le premier : l’aversion au risque continue de progresser. Parmi les 95 % de Français possédant au moins un produit d’épargne, 79 % optent pour des placements sans risque même à faible rendement — en hausse de 3 points par rapport à 2024 et de 4 points par rapport à 2023. À l’opposé, seuls 3 % choisissent des produits risqués à fort rendement potentiel, en recul régulier d’un point par an depuis 2023. Le livret réglementé — Livret A, LDDS, PEL — reste de très loin le placement préféré des Français, plébiscité par 75 % des épargnants, malgré les baisses successives de taux intervenues depuis février 2025. L’assurance vie progresse légèrement à 27 % des épargnants, soit 3 points de plus qu’en 2025.

Le second signal est plus inquiétant encore : pour la deuxième année consécutive, 13 % des sondés déclarent laisser la totalité de leur argent sur leur compte courant — en bond de 7 points par rapport à 2024. Une immobilisation des liquidités qui traduit moins une stratégie qu’une paralysie face à l’incertitude, particulièrement marquée chez les retraités aux revenus modestes.

Retraite : 43 % des actifs comptent exclusivement sur la répartition — en hausse de 15 points en un an

C’est le chiffre le plus frappant de cette édition. En 2026, 43 % des actifs estiment que leurs revenus proviendront en totalité du système de retraite par répartition — soit un bond de 15 points en un an, après une tendance baissière en 2025. Cette progression est particulièrement marquée chez les femmes de 35 ans et plus (51 %, +18 points), les ouvriers (55 %, +16 points) et les actifs aux revenus les plus faibles — moins de 1 080 euros mensuels par personne — qui atteignent 57 %, en hausse de 19 points.

Parallèlement, 75 % des actifs anticipent une baisse de leur niveau de vie au moment de la retraite, en hausse de 3 points par rapport à avril 2025 et de 6 points par rapport à novembre 2024. Et 7 actifs sur 10 ignorent le montant qu’ils percevront — un chiffre stable depuis 2023.

Ce repli vers le tout-répartition ne s’explique pas par un regain de confiance dans le système public, mais bien par une absence de capacité à envisager autre chose. Pour les classes populaires et les classes moyennes, maintenir le pouvoir d’achat au quotidien prime sur toute projection à long terme.

Réforme des retraites : une France divisée en trois blocs

La réforme des retraites de 2023 — qui prévoyait notamment le recul de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans — a été suspendue dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale 2026, jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. Interrogés sur son avenir, les Français se répartissent en trois blocs sans majorité claire : 37 % souhaitent qu’une réforme différente soit envisagée, 34 % veulent une abrogation pure et simple, et 29 % estiment que la réforme devrait être appliquée telle que prévue.

Parmi les 37 % qui souhaitent une réforme différente, 63 % privilégient l’option de cotiser davantage durant la vie active pour augmenter les recettes sans toucher à la durée de cotisation — une option plébiscitée par les jeunes : 67 % des moins de 35 ans et 74 % des 18-24 ans. À l’inverse, 32 % préfèrent travailler plus longtemps — une option soutenue davantage par les 65 ans et plus (50 %) et les retraités aisés (54 %), soit des catégories qui ne seraient pas personnellement concernées par une telle mesure. Enfin, la piste d’une baisse des pensions pour inciter à la capitalisation individuelle est rejetée par 82 % des Français.

Défense nationale : seuls trois Français sur dix prêts à investir

Malgré un contexte géopolitique dégradé — guerre commerciale américaine, conflit au Moyen-Orient, logique de réarmement européen — l’attrait des Français pour l’investissement dans la défense nationale reste faible et stable : 30 % se déclarent prêts à y consacrer une partie de leurs économies, dont seulement 5 % « certainement ». Un chiffre identique à celui mesuré en avril 2025.

Parmi les 70 % réfractaires, 44 % avancent des raisons politiques, éthiques ou morales : 24 % estiment que ce financement doit relever exclusivement de l’État et des impôts, 15 % y voient une contradiction avec leurs principes éthiques, et 5 % jugent cela incompatible avec une politique d’investissement responsable. Les 40 % restants invoquent des raisons économiques ou financières : risque perçu trop élevé (18 %), inadéquation du produit avec leurs besoins (12 %), doutes sur le rendement (6 %) ou absence de moyens suffisants (4 %).

Particularité bretonne à signaler : en Bretagne, 12 % des habitants réfractaires à ce type d’investissement citent l’incompatibilité avec une politique ESG — soit plus du double de la moyenne nationale de 5 %.

Baromètre Ifop pour Altaprofits, 2026. Enquête réalisée du 30 mars au 8 avril 2026 auprès de 2 412 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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2 réponses à “Épargne, retraite, défense : le baromètre 2026 dresse le portrait d’une France anxieuse et attentisteÉpargne, retraite, défense : le baromètre 2026 dresse le portrait d’une France anxieuse et attentiste”

  1. Ronan dit :

    Demat : juste pour dire que quid d’une politique ESG ? « La stratégie ESG » (Environnement, Social et Gouvernance) représente un engagement clé pour assurer la pérennité et la responsabilité des actions d’une entreprise. En adoptant une approche ESG complète et robuste, une entreprise renforce sa résilience et inscrit son développement dans une dynamique proactive de transparence, de croissance durable et de performance économique, tout en assumant pleinement son rôle sociétal. Source : »https://www.greenscope.io/esg/strategie ». La retraite va faire partie des thèmes de la Présidentielle 2027 si celle-ci a bien lieu ; alors pourquoi ne pas concilier la retraite par répartition et celle par capitalisation (avec des organismes exclusivement français et pas américains comme Black Rock) ? La question est posée pertinemment.

  2. ubersender dit :

    Les français ont visiblement compris l’arnaque que constitue la retraite par capitalisation. Quand il vous faut vous constituer un capital de 250 000 € pour espérer percevoir une rente mensuelle de 1000,00 €, on aperçoit très vite les limites de ce système individualiste qui ne peut s’adresser qu’à une catégorie sociale privilégiée capable de se passer du système collectif de la répartition.

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