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Il semble qu’à Nantes, malgré le confinement, la guerre des gangs reprenne. Deux fusillades ont éclaté en 48 heures à Nantes, dans les quartiers « sensibles » de Malakoff et de la Boissière. Par ailleurs, en lien probable avec le trafic de drogue, la police a aussi enregistré un refus d’obtempérer dans le quartier du Chêne des Anglais.
Jeudi 2 avril, un jeune homme âgé de 23 ans a été blessé rue d’Angleterre vers 18h35, par balle, devant un immeuble bien connu pour être un point de deal. Le jeune homme est du Pellerin – à 15 kilomètres de Nantes, sud-Loire, ce qui ne manque pas d’étonner quand on sait que les citoyens doivent normalement sortir à moins d’un kilomètre de chez eux, et pas plus d’une heure. Des horaires qui ne sont visiblement pas très compatibles avec le deal…
Faute d’étui, de balle, ou de suspect, la PJ en est réduite à chercher. Petit indice – c’est la dixième fusillade rue d’Angleterre ou à ses abords immédiats depuis mi-2015. La rue, qui compte plusieurs points de deals, et des « magasins » – des entrepôts de marchandise stupéfiante dont l’emplacement change régulièrement et où les clients paient au détail comme en demi-gros, est une des plaques tournantes de la drogue à Nantes.
Par ailleurs, selon nos informations, une dizaine coups de feux ont été entendus rue Clément Marot, à la Boissière, près du lycée Monge – Chauvinière ce vendredi en début de soirée. Un témoin aurait vu une Audi grise ou sombre, grand modèle, avec un moteur sport, d’où au moins deux coups de feu auraient été tirés.
Des fusillades appelées à se multiplier ?
Ce samedi après-midi, après qu’un passager au visage couvert d’une capuche se soit engouffré dans une Audi grise, près du 5, rue du Québec – au Bout des Landes, autre quartier « sensible » du nord de Nantes, une fusillade a eu lieu dans cette rue le 8 mai 2019 – le conducteur a refusé de s’arrêter à un barrage de police. Pris en chasse, il a enquillé la route de Rennes au Cardo, est sorti à Ragon, et a été perdu ensuite par les poursuivants – ce qui montre qu’il connait les environs. Le véhicule est désormais recherché.
Ces fusillades seraient appelées à se multiplier, d’après un policier nantais. « Suite aux arrestations pour la fusillade de la rue Joffre, les gros bonnets sont en prison [début avril, un mort dans un bar à chicha ; plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées suite à cette affaire et d’autres règlements de comptes, 69 en tout à Nantes en 2019, dont 68 liés à la drogue – NDLR]. Il y a des gens qui veulent récupérer les territoires, surtout là où on gagne plusieurs milliers d’euros par jour à vendre de la drogue. Il y a de l’argent à se faire, mais ceux qui tiennent ne lâchent pas facilement… d’où l’intérêt d’avoir des arguments commerciaux convaincants ». En guise de soldes d’enfer, prévoyez une pluie de promotions en plomb pour les récalcitrants…
Faire ses courses avec un cutter, vendre des masques sur le net…
Le Chêne des Anglais a encore réussi à faire parler de lui ce 4 avril dans l’après-midi. D’abord, pour une « odeur de mort » dans un immeuble, qui a donné lieu à une intervention police-secours. Ensuite, parce qu’un client d’un établissement de restauration à emporter du quartier s’est fait agresser par un homme, porteur d’une béquille. Celui-ci lui aurait mis un cutter à la gorge et lui aurait réclamé de l’argent, avant de repartir, suivi d’une femme, vers les immeubles du Chêne des Anglais tous proches. Ou comment retirer de l’argent quand on vit dans une cité sans distributeur bancaire…
Par ailleurs les gendarmes de la section de recherches de Nantes ont arrêté deux individus domiciliés à Orvault, au nord-ouest de Nantes, et à Boussay – aux confins de l’Anjou et de la Vendée, à l’est de Clisson – qui tentaient d’écouler leur stock de masques, ce qui est depuis le 23 mars un délit passible de 10.000 € d’amende et six mois de prison ferme. Chez les suspects, âgés de 51 et 61 ans, 200 masques FPP1 ont été saisis. Ils devraient être redistribués aux personnels sanitaires – ce qui a été aussi fait à Paris et dans d’autres villes lors de saisies dans des affaires comparables.
Photo d’illustration : DR
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