Nantes. La brocante du MIN renaît malgré la tyrannie sanitaire

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Un vent d’exception souffle sur Nantes cet automne : fête foraine maintenue, trois jours de Viarme maintenus, reprise de la brocante mensuelle au nouveau MIN alors que tout autour, le retour à l’anormal sanitaire colore en rouge écarlate les villes autour de nous, et donne un coup de barre à l’économie.

Ce dimanche, les Nantais renouaient enfin avec leur brocante mensuelle du MIN, suspendue depuis février dernier. Elle avait été annulée au dernier moment en septembre… alors que la fête foraine battait son plein sur les cours. Une incohérence qui avait fait bondir alors un certain nombre de brocanteurs de Vendée et d’Anjou qui forment plus de la moitié des habitués du MIN.

« On a l’impression de recommencer à zéro », explique une exposante ce dimanche, « les gens n’ont plus l’habitude et on a moins de monde qu’avant ». En face, un antiquaire commence à remballer à 15 heures passées, « on risquait d’être annulé au dernier moment encore, donc l’organisateur n’a pas lancé de pub, on ne lui en veut pas, mais c’est vrai qu’il y a moins de monde ». Pour un autre, « il y a pas mal de passage, mais les gens n’achètent pas. J’ai fait quelques dizaines d’euros de profit et rattrapé l’emplacement et le carburant », peu après midi.

D’autres brocanteurs ont bien travaillé : « je n’ai pas à me plaindre. Je suis venu avec un camion plein et le voilà vide, et que des meubles. Ça débarrasse et ça permet d’en rentrer d’autres, car en attendant on continue à vider des maisons ». Mais la tendance est plutôt morose, nombre de brocanteurs désertent les brocantes hebdomadaires, comme Viarme : « 15 euros ce samedi, 50 la semaine dernière, ça ne vaut plus le déplacement, je resterai dans mon département », balaie un (ex-) habitué.

40% des antiquaires et brocanteurs menacés de fermeture ?

Dans le Nord, « 40% des antiquaires et brocanteurs fermeront en fin d’année », estime un professionnel du Valenciennois. « En plus, jusque là on avait la Belgique, mais la frontière a été fermée trois mois, et ils viennent à nouveau de suspendre toutes les foires et brocantes pour un mois ».

A Douai, un autre professionnel tempère : « une partie continueront à travailler de chez eux. C’est vrai que casquer plusieurs centaines, voire milliers d’euros par mois pour une boutique ou un dépôt, par les temps qui courent… les acheteurs nous contactent de plus en plus sur internet, ils ne viennent pas ou plus en boutique, et en plus les boutiques, faut payer les loyers, faut les surveiller, on a des aigrefins [ou carrément des djihadistes], de temps à autre faut refaire les présentations pour que les clients ne se lassent pas… bref, c’est beaucoup de travail pour de moins en moins de résultat ».

A Nantes, la crise sanitaire et l’irréalisme de certains propriétaires – qui continuent d’augmenter les loyers alors que la rentabilité s’effondre – devrait avoir raison d’au moins une boutique d’antiquaire, quartier Bretagne. D’autres se réinventent ; ainsi, sur Gens de Confiance, la rubrique Arts et Antiquité cartonne, et certains antiquaires s’y sont installés à demeure, à Paris… ou à Nantes.

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
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