Rave partie à Lieuron (35) : « C’est le résultat de la politique du gouvernement contre les boîtes de nuit »

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Alors que 2000 raveurs ont occupé des hangars désaffectés à Lieuron, entre Rennes et Redon, où pour s’installer, ils ont forcé une patrouille de gendarmerie à abandonner son véhicule et l’ont incendié, le monde de la nuit n’est guère étonné par cette rave-party sauvage qui défie, depuis la Bretagne, le « discours de fermeté » du gouvernement, et la volonté de mettre la France sous cloche pour les fêtes – et plus si affinités. Une situation qui n’étonne guère les professionnels de la nuit, contraints au chômage depuis près d’un an.

Difficile en effet de porter foi aux discours martiaux du gouvernement avec une telle dissonance entre une fête illégale, avec murs de son et cortège de près de 700 véhicules suivis depuis Saint-Nicolas de Redon par les gendarmes, et l’intervention des mêmes gendarmes dans une pizzeria de Roscoff pour mettre à l’amende les 7 à 8 convives qui buvaient un verre avec le patron sur le coup de minuit.

Les raveurs ont en effet prolongé l’insulte au gouvernement puisqu’ils semblent vouloir rester sur place jusqu’à lundi – et la verbalisation systématique des 200 teufeurs qui ont quitté les lieux n’a pas convaincu les autres de stopper la rave et de s’en aller, on s’en doute. Des renforts de gendarmerie massifs ont été envoyés sur les lieux.

D’ailleurs il n’y a pas qu’en Bretagne : dans le Gard les médias péroraient sur « une nuit du Réveillon extraordinairement calme » alors que les gendarmes distribuaient des PV à tours de bras sur des routes tranquilles, tandis qu’à quelques centaines de mètres un gardien d’immeuble à Nîmes était laissé pour mort après avoir été poignardé par plusieurs délinquants.

« 80% des boîtes ne rouvriront pas, le gouvernement préfère les raves ou les fêtes privées »

Pour cet ancien portier qui avait il y a deux décennies une entreprise de portiers en Loire-Atlantique, « le métier était sur la sellette depuis longtemps ; par exemple, avant les bars fermaient à deux heures du matin, maintenant c’est 4 heures ; quel intérêt d’aller en boîte pour deux heures de plus, mais avec des consommations beaucoup plus chères qu’au tarif bar ? ». S’ajoutent à ces questions pratiques le poids des politiques anti-alcool et de la répression routière – d’autant que nombre de boîtes de nuit se trouvent hors des agglomérations, alors que les bars d’ambiance sont plutôt concentrés dans les centres-villes.

Le secteur était déjà en long déclin : de 4000 dans les années 1980, il n’y avait d’après l’UMIH (union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie), un des principaux syndicats qui regroupent cafetiers, hôteliers, restaurateurs et gérants de boîtes de nuit, plus que 1200 discothèques en France à la veille du premier confinement en 2020. Démocratisation de l’accès à la musique, politiques anti-alcool, rencontres sur les réseaux sociaux et Internet plutôt qu’en boîte, changement des comportements, demande de lieux plus petits et plus centraux… les raisons sont multiples. En août d’après l’UMIH 330 autres établissements avaient déposé le bilan, soit un quart de ce qui restait au début de l’année.

Cela dit les mesures du gouvernement et la crise du Covid ont balayé le secteur selon cet ancien portier : « C’est fini, 80% des boîtes ne rouvriront pas. Seuls resteront les bars d’ambiance, les soirées privées et les raves. On dirait que le gouvernement préfère les soirées privées ou les raves, qu’il organise l’hypocrisie, mieux vaut des fêtes qui ne se voient pas ou qui ne durent pas, mais les problèmes resteront entiers – notamment l’alcool, les drogues, l’économie souterraine… ».

Jérôme Guilbert, président des discothèques du GNI : « On le disait depuis le début, mais le gouvernement n’a pas voulu nous écouter »

Patron de quatre boîtes de nuit à Nantes et président des discothèques au sein du GNI (Groupement national des indépendants), autre syndicat de cafetiers, restaurateurs, hôteliers et gérants de discothèques, Jérôme Guilbert n’est guère surpris par la rave-party géante de Lieuron.

« De toute façon c’était attendu, on ne parlait que de ça, des fêtes clandestines payantes [comme ici dans l’Hérault, 45€ l’entrée et obligation de ramener deux bouteilles], des raves. C’est ce qu’on disait depuis le début, mais le gouvernement n’a pas voulu nous écouter, la fête ça fait partie de la vie des gens, qu’on l’interdise ou pas, il y en aura. Il faut nous laisser travailler, il faut laisser le monde de la nuit aux professionnels, c’est une question de santé publique, une question de sécurité publique ».

Alors que les soirées clandestines se multiplient dans les villes en jouissant d’une impunité extraordinaire, l’Etat ne se décidant à réagir que lorsque les fêtards dansent dans un immeuble mitoyen de Matignon – avec des profits certains qui rejoignent l’économie informelle, les entreprises légales se voient imposer un protocole volontairement inapplicable et pas de perspectives de réouverture avant l’été. Pendant ce temps-là, depuis un petit village au milieu de la Haute-Bretagne, plus de 2000 fêtards venus de toute la France voire de Pologne pour certains imposent la fête illégale parce qu’ils sont nombreux et unis.

« Comme dans d’autres secteurs économiques, le gouvernement marche sur la tête et essaie de faire croire que 1+1 ça fait 3 », épilogue un habitué de la vie nocturne à Nantes, lui aussi au régime forcé. « Sauf qu’à un moment, la réalité revient et met une baffe monumentale aux gens qui sont En Marche sur la tête, on y est. Quand on démonte le secteur légal, celui qui est encadré et qui peut encadrer la fête, la nuit, on pousse les gens à la clandestinité. Ce n’est plus la loi de l’État qui commande, c’est la loi du milieu. Ou de la foule. Malheur aux agneaux ».

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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5 Commentaires

  1. nos médias mainstream de propagande sont tous à parler de ces mauvais français qui font la fête…
    mais pas un mot sur ces bons français qui crament les bagnoles….
    c’est simple …quand je les regarde….( rare …) , en allumant je me dis : quelles conneries , mensonges , vont ils dire , quelles occultations vont ils encore faire ?
    au bout d’un moment j’en ai mare , j’éteins tout et je vais sur breizh-info ou tvl ou bd voltaire …la réinfosphère quoi..

  2. Ce n’est pas que nos pieds-nickelés veulent « mettre la France sous cloche pour les fêtes », non, non, détrompez-vous : ils entendent mettre la France « sous-cloche » aussi longtemps que leur dessein de psychopathes finis n’aura pas été accompli. Nous avons, dans cet épisode, un magnifique motif d’espoir : à pousser le bouchon trop loin, le poisson finit par se méfier de l’hameçon et à l’ignorer complètement. Ce message est destiné aux équipes de bras-cassés qui, autour de Macron le 1er d’entre-eux, s’évertuent à mettre en œuvre et à appliquer à la population française les techniques d’ingénierie sociale avec l’espoir de la contrôler et de la soumettre : neuro-piratage, hacking social, stratégie du choc, panique orchestrée, ascenseur émotionnel, « désinformation positive » (label macronnien assumé), …. sauf, les gars, que vous avez juste oublié que dans la locution macronnienne « gaulois réfractaires », il y a « réfractaires ». Que ceci vous serve d’exemple car, si vous persistez, nous vous en annonçons beaucoup d’autres du même tonneau pour la nouvelle année. Meilleurs vœux !

  3. Le titre de l’article est faux ! Si le gouvernement avait laissé les boites de nuit ouvertes, ça ferait des dizaines de milliers de personnes sans distanciation sociale tous les jours….Bonjour les contaminations Covid !
    Il n’est pas nécessaire d’avoir fait l’ENA pour comprendre ça !

  4. Très bon article.
    Le Covid19 est la touche finale à la mise à mort programmée des discothèques.
    Depuis des années les municipalités leur mènent une guerre incessante et refusent toute ouverture.
    A tel point que les autorisations ont été transférées au niveau préfectoral, sinon il n’y aurait plus de discothèques depuis dej longtemps puisque la lutte contre l’alcoolisme et les contrôles rendent impossible le fonctionnement d’1 discothèque en campagne.
    Mais les municipalités ont trouvé la parade avec les PLU, élaborés de telle sorte qu’aucune zone ne permet s’ouvrir une discothèque.
    Nantes Métropole en particulier a bien ficelé son PLUM en ce sens.
    Il apparaît donc maintenant que le gouvernement s’est rallié à la guerre contre les discothèques.
    On finit par se demander s’il ne s’agit pas d’un entraînement à la charia !
    Les jeunes n’en peuvent plus. Privés de cours en présentiel, de boulots d’appoint, de voyages, de fêtes, de sorties…
    C’est la Prohibition à la française.
    « nous sommes en guerre » nous a dit le pantin qui nous sert de Président.
    Il est temps d’envoyer tout ça promener.

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