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La baudruche Traoré se dégonfle enfin. Assa Traoré, sœur du délinquant décédé Adama Traoré a été condamné le 26 février dernier pour atteinte à la présomption d’innocence. Elle avait en effet dénoncé nommément les trois gendarmes qui seraient d’après elle « responsables » de la mort de son frère Adama. La jeune femme a été condamnée à verser en tout 4 000 euros aux trois gendarmes, à supprimer deux publications et à mentionner publiquement cette condamnation. Chaque jour de retard dans l’application de cette décision de justice vaudra 100 euros supplémentaires de pénalité.
La baudruche Traoré se dégonfle, disions-nous, et l’opinion va, on espère, découvrir le champ de ruines qu’elle laisse derrière elle. Une police à l’image écornée, détruite de l’intérieur. Une police passée à l’essoreuse médiatique, traquée pour le moindre soupçon de bavure, clouée au pilori pour avoir essayé de faire appliquer la loi dans une société de plus en plus violente, aux ordres d’une classe politique forte avec les faibles et faible avec les forts. Cette république qui gouverne mal mais se défend bien a parfaitement saisi comment utiliser les policiers. Moins là pour protéger les citoyens que pour traquer les honnêtes gens surpris dehors à 18 h 05. Une police utilisée non pas pour préserver la force qui doit rester à la loi que pour servir de tampon entre des politiques et gouvernants irresponsables, voire de paillasson pour des militants racialistes en mal de luttes. On attendait de ses responsables qu’ils assument, on a eu Castaner qui leur a demandé de mettre un genou à terre pendant les émeutes Black Lives Matter. Un combat importé directement de l’étranger au même titre que le conflit israélo-palestinien. La France pâtit de la situation à Gaza tout comme elle subit le désordre causé par des émeutes à Minneapolis.
Assa Traoré est donc condamnée et la présomption d’innocence réaffirmée. Peu évident dans les faits quand la justice se fait sur Twitter à coups de hashtags de signalements et de bannissements en masse. La cancel culture détruit, sape, fragilise, « déconstruit » toute tentative d’autorité dans ce pays. Un paradoxe lorsqu’on sait que seulement un peu plus de quatre millions de Français utilisent le réseau social à l’oiseau bleu. La France et ses 70 millions d’habitants sont bel et bien pris en otage par des apprentis procureurs et des apprentis Trotski en herbe. Voilà la réalité.
Pendant ce temps, on rabote la formation des policiers et on peine à recruter. Nous avons donc des forces de l’ordre de moins en moins formées, constituées de personnels de moins en moins performants. Et on voudrait qu’elle soit irréprochable ? Comment réussir ce miracle lorsque, à chaque bavure, aucun supérieur n’assume ses responsabilités ?
Récemment, on a appris que le chanteur et véritable pitre Francis Lalanne a été mis en examen pour atteinte à la sûreté de l’Etat pour avoir appelé sur France Soir à une révolte. Assa Traoré mérite mille fois cette condamnation. Pour ce qu’elle a dit, ce qu’elle a fait, mais surtout ce qu’elle a provoqué. •
Etienne Defay