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De consultation électorale en consultation électorale, l’abstention progresse. C’est particulièrement vrai pour les élections régionales : de 20% en 1986, on passe à près de 70% en 2021. Faut-il y voir un rejet des professionnels de la politique ?
« Avec plus de deux Français sur trois ayant boudé les urnes, l’abstention a constitué le phénomène majeur de ce scrutin régional », souligne Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprises de l’IFOP (Le Point, 15 juillet 2021). La Bretagne n’a pas échappé à ce bouleversement électoral qui a favorisé les uns (droite et gauche) et affaibli les autres (Rassemblement national). Au premier tour de ces élections régionales, l’abstention atteint 64,21% (contre 48,42% en 2015) dans la région Bretagne et 68,98% (contre 49,72% en 2015) en Loire-Atlantique. Au second tour, on observe la même progression : 63,38% (contre 43,12% en 2015) dans la région Bretagne, et 67,61% (contre 42,24% en 2015) en Loire-Atlantique. Soit un recul de vingt points pour ces deux dimanches de 2021.
Les Bretons qui « pensent » se sont efforcés de trouver des explications à cette situation inédite. Ainsi Richard Ferrand (LREM), député de Carhaix et président de l’Assemblée nationale, a décidé de créer une mission d’information sur l’abstention. Les vingt-six députés de cette mission devront se pencher, d’après Ferrand, sur les possibles « causes spécifiques » de l’abstention aux régionales et départementales : « taille des grandes régions et des cantons, tenue concomitante de deux élections ayant des modes de scrutin différents ». Cette mission « aura pour objectif d’identifier les ressorts de l’abstention électorale mais aussi les mesures permettant de redonner l’envie à nos concitoyens de participer au processus électoral » (Le Télégramme, mercredi 30 juin 2021).
La parole politique, langue étrangère au citoyen ?
Pour Bernard Poignant (PS), ancien député-maire de Quimper, il faut rechercher l’effondrement de la participation dans l’« affaissement des grandes idéologies », dans la « conviction que le résultat ne change pas la vie quotidienne », dan l’ « attente du grand rendez-vous présidentiel car les Français ont parfaitement compris la règle du jeu de nos institutions » (Le Télégramme, mardi 22 juin 2021). Autre réalité soulignée par Arnaud Platel, conseiller communautaire de Quimper Bretagne occidentale : « La parole politique devient une langue étrangère au citoyen. Créant par là même une fracture entre deux mondes pourtant consubstantiels, l’électeur ne se sent plus concerné par le discours d’élus enfermés dans la technique et la gestion et celui des militants plus préoccupés par les rivalités de congrès que par le sens à donner à leur engagement politique » (Le Télégramme, jeudi 1er juillet 2021). Arnauld Leclerc, professeur de sciences politiques à l’université de Nantes, insiste sur d’autres points : « L’électorat est très marqué : il est jeune et populaire. Jusqu’à présent, il votait RN pour protester. Sauf que le RN ne se distingue plus. Donc son électorat ne va plus au bureau de vote. » Autre enseignement à retenir, selon M. Leclerc : « Depuis la disparition des structures d’encadrement comme l’Église ou la CGT, chargées de mobiliser les votes, il n’y a plus d’outils pour inciter au vote. L’abstention monte parce que les gens n’y croient plus. » (Presse Océan, mardi 29 juin 2021).
Un monde politique déconnecté de la société elle-même ?
L’auteur de Fractures françaises (2013), Christophe Guilluy, propose d’autres analyses. Pour lui, « c’est cette sécession non pas seulement des élites mais des catégories supérieures qui provoque l’autonomisation des gens ordinaires. C’est donc la sécession du haut qui provoque celle du bas pas l’inverse. En abandonnant le bien commun, en validant un modèle économique et sociétal qui n’intègre pas ou peu les gens ordinaires, le monde politique est déconnecté de la société elle-même. » En résumé, « cette abstention est l’expression de la colère populaire » (Le Figaro, vendredi 2 juillet 2021).
Une fracture générationnelle ?
Jérôme Fourquet préfère mettre en lumière un autre facteur : « Il s’agit de la fracture générationnelle qui oppose les plus de 65 ans, parmi lesquels le réflexe de vote demeure encore relativement ancré, et les générations qui les suivent, dans lesquelles ce geste civique semble beaucoup moins investi symboliquement.. (…) La carte de l’abstention n’est pas structurée par une logique politique – l’abstention étant forte au sein des régions macronistes comme des territoires frontistes, par exemple – mais bien d’abord par la démographie. » Un exemple : ce Centre – Bretagne. « Dans ces territoires ruraux excentrés où la population a peu bougé historiquement, la participation a été plus élevée qu’ailleurs, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que l’isolement y ait nourri l’abstention » (Le Point, 15 juillet 2021).
On peut confier la conclusion à Françoise Gatel (UDI), sénateur d’Ille-et-Vilaine : « perte de confiance de beaucoup de nos concitoyens, colère sourde pour d’autres » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, jeudi 1er juillet 2021).
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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2 réponses à “L’abstention selon Richard, Bernard, Arnaud et les autres…”
qui ne dit mot consent !
l’abstention est une folie permettant aux bobos de rester aux manettes !
allez voter pour exprimer vos idées, même si elles sont mal défendues
Il semble que l’islamisation de la France ne soit pas un argument avancé pour expliquer l’augmentation de l’abstention lors des votes en France. Et pourtant en 2020 21,7 % des nouveaux nés en France ont reçu un prénom musulman et cette proportion ne fait qu’augmenter inéluctablement d’année en année. On peut donc estimer que l’influence musulmane est comprise entre 30 et 40 % : musulmans et sympathisants. Or cette population ne peut voter pour aucun homme représentant l’idéal musulman. Ce qui est interdit par la loi française et explique leur abstention lors des votes. Et cette abstention musulmane peut donc représenter environ la moitié de l’abstention obtenue lors du dernier vote.