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L’alinéa 2 de l’article 49 de la Constitution est clair : « L’Assemblée nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d’une motion de censure (…) Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée. » Or la motion transpartisane présentée par le groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires – le groupe de Paul Molac) n’a recueilli que 278 voix alors qu’il en fallait 287 pour renverser le gouvernement d’Elisabeth Borne. Comment se sont comportés les 37 députés bretons ?
Dans le groupe La France insoumise : Ségolène Amiot (Nantes-Saint-Herblain), Andy Kerbrat (Nantes-centre), Murielle Lepvraud (Guingamp), Frédéric Mathieu (Rennes-Bruz), Mathilde Hignet (Redon) et Matthias Tavel (Saint-Nazaire) ont voté la motion de censure. Dans le groupe Socialistes et apparentés : Mickaël Bouloux (Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande), Claudia Rouaux (Rennes-Montfort-sur-Meu) et Mélanie Thomin (Carhaix) ont voté la mention de censure. Dans le groupe écologiste : Julie Laernoes (Nantes-Rezé) et Jean-Claude Raux (Châteaubriant) ont voté la motion de censure. Dans le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires : Paul Molac (Ploërmel) a voté la motion de censure.
Ce qui signifie que les quinze députés Renaissance, les cinq députés Modem et les trois députés Horizons ne l’ont pas votée ; attitude normale puisqu’ils appartiennent à la majorité. On attendait avec curiosité le vote des deux députés LR : Marc Le Fur (Loudéac) et Jean-Luc Bourgeaux (Saint-Malo). Rappelons que 19 députés LR (sur 61) ont voté la mention de censure, mais les deux députés bretons ne figurent pas dans les 19. Pourtant on pouvait s’attendre à ce que Bourgeaux franchisse le Rubicon vu ses déclarations récentes. Ainsi il racontait qu’un ministre lui avait téléphoné pour lui expliquer que s’il soutenait le gouvernement – c’est-à-dire votait en faveur du projet de loi de financement de la sécurité sociale -, en haut lieu, on considérerait d’un œil favorable les dossiers de sa circonscription ; mais notre homme continue à affirmer qu’il votera contre le projet de loi (France Inter, mardi 14 mars 2023). Mais arrivent le 49-3 et la motion de censure. Là, le député de Saint-Malo change de religion : « Je ne veux pas mélanger les choses. Si je suis bien contre cette réforme des retraites en l’état, je ne veux pas plus d’une alternative avec LFI et/ou le RN » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, mardi 21 mars 2023). Question : qu’est-ce qu’on lui a promis pour qu’il devienne « compréhensif » ?
Pourtant lorsqu’on se reporte au tableau établi par Ouest-France (jeudi 16 mars 2023) qui indique les intentions de vote des députés quant au projet de loi de réforme des retraites, on trouve dans la catégorie « contre » : Murielle Lepvraud, Mélanie Thomin, Frédéric Mathieu, Claudie Rouaux, Mathilde Hignet, Mickaël Bouloux, Paul Molac, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Matthias Tavel… et Jean-Luc Bourgeaux. Le LR frondeur Aurélien Pradié avait annoncé qu’il voterait la censure au nom d’un « électrochoc salutaire » (Europe 1, lundi 20 mars 2023) ; mais l’« électrochoc salutaire », ce n’est pas un truc fait pour Bourgeaux ! On peut rappeler qu’au début de l’année, il tenait un discours plus ferme : « Ce qui me rebute, ce sont les 44 années de cotisation pour certains, et 43 pour d’autres. » Il annonce alors qu’il votera contre la réforme dans son état actuel : « Je ne me vois pas retourner sur le terrain avec une réforme portant une telle injustice », ajoutait-il (Libération, mercredi 25 janvier 2023). C’était il y a trois mois…
Bernard Morvan
Illustration : DR
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5 réponses à “Motion de censure : il manquait neuf voix…dont celles de députés de Bretagne”
je croyais les gauchistes vent debout contre la réforme ; manifestement l’appel du fric le soir au fond fdes bois a été le plus fort , esperons que les electeurs de ces escocs s’en souviendront
la soupe est bonne !!! Au point d’accepter sans souci de se faire humilier en permanence !
Mr Ciotti s’est fait élire questeur de l’assemblée ( non ce n’est pas un poste de bénévole ) et on se demande pourquoi il n’ a pas rejoint la Macronie plutôt que de nous faire croire qu’il est dans l’opposition…
Bonsoir,
j’ai écrit à Marc LE FUR pour l’inviter à voter ladite motion de censure pour les raisons suivantes :
– une réforme inutile, injuste et brutale et et imposer pour de très mauvaises raisons car ce serait de satisfaire aux exigences de l’Union européenne, qui a promis cette réforme de privatisation déguisée à des grands fonds financiers américains, à commencer par BlackRock.
– De plus, nos régimes de retraites peuvent parfaitement supporter les déficits prévisionnels car selon le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), trois milliards de recettes ont été dégagés en 2022 et 180 milliards d’euros sont économisées au titre du fond de réserves ; ce qui fait que nous pouvons financer un déficit de 7 à 11 milliards chaque année d’ici 2050 pour payer l’ensemble des retraités. – — Pour financer ces régimes, il suffit de relever la taxe sur les dividendes.
– Et de rétablir la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) qui sera supprimée sur deux ans sauf erreur ; (celle-ci est versée aux collectivités locales et Départements compensée par l’État pour 11,265 milliards d’euros selon Localtis du 22 mars 2023).
Mais visiblement cela n’a pas suffit car il s’est abstenu ; en conséquence, électeurs de Lamballe et de Loudéac, rappelez vous en !!!
syndicats et gauche caviar aurait mieux fait de ne pas voter pour macron! aujourd’hui c’est le peuple qui trinque mais ils s »en tiennent à leur posture telle une députée mélanchoniste de la Réunion qui redoute le « fachisme »