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Le dernier baromètre de la Fédération nationale de l’habillement (FNH), publié en avril 2026, confirme que le marché du prêt-à-porter indépendant poursuit sa glissade. Sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires recule de 3,7 %. En Bretagne, la baisse atteint 9 %.
Rien n’y fait. Depuis plusieurs années déjà, les commerçants indépendants du textile et de l’habillement enchaînent les mois difficiles, et le début d’année 2026 ne déroge pas à la règle. Selon le baromètre mensuel publié par l’Observatoire de la Fédération nationale de l’habillement (FNH) — la première organisation représentative du secteur, reconnue par l’État avec un poids de 95 % dans la convention collective —, le mois de mars affiche un recul de chiffre d’affaires de 4,7 % par rapport à mars 2025. Une baisse un peu moins marquée que celle de février (-7,2 %), mais qui s’inscrit dans une tendance de fond inquiétante pour un secteur qui fait vivre des milliers de boutiques partout en France.
Un premier trimestre en berne
Sur l’ensemble des trois premiers mois de 2026, la tendance est sans ambiguïté : -3,7 % de chiffre d’affaires pour les commerçants indépendants interrogés. C’est un peu plus mauvais que le premier trimestre 2025 (-3,3 %) et que le dernier trimestre 2025 (-2,9 %). En d’autres termes, la situation ne s’améliore pas, elle se dégrade doucement.
Plus parlant encore : plus des deux tiers des boutiques (68 %) ont vu leur chiffre d’affaires reculer en mars 2026 par rapport à mars 2025. Seules 30 % enregistrent une hausse, et 2 % restent stables. Une proportion quasi identique à celle observée en février, et comparable à celle de mars 2025. Autrement dit, ce ne sont pas quelques mauvais élèves qui tirent la moyenne vers le bas : c’est bien l’écrasante majorité des commerces qui souffrent.
Tous les rayons touchés, la mode homme particulièrement
Aucun secteur n’échappe au reflux. La mode femme perd 3 %, la mode homme plonge de 8 % (après un recul de 3 % en février), les rayons spécialisés (lingerie, textile de maison, mercerie, enfant) reculent de 11 %. Seule la mode mixte (boutiques qui combinent plusieurs rayons) tire son épingle du jeu avec un recul limité à 1 %, contre 9 % en février. Un léger répit dont la FNH peine à dire s’il est durable ou conjoncturel.
Du côté des tailles d’entreprise, le constat est lui aussi sévère. Les plus petites boutiques, celles réalisant moins de 250 000 euros de chiffre d’affaires annuel — qui représentent 42 % des répondants —, accusent une baisse de 7 %. Mais ce sont paradoxalement les plus grosses structures (plus de 5 millions d’euros de CA) qui encaissent le plus lourd coup avec une chute de 15 %. Seules les boutiques situées dans la tranche 250 000 à 500 000 euros parviennent à stabiliser leur activité. Partout ailleurs, c’est le recul.
La Bretagne perd 9 % — toute la France ou presque est touchée
La cartographie régionale publiée par la FNH ne laisse guère de place à l’optimisme : quasiment toutes les régions françaises sont dans le rouge. Seules la Bourgogne-Franche-Comté tire son épingle du jeu avec une légère hausse de 2 %, et la Martinique stabilise son activité (0 %).
Partout ailleurs, c’est la dégringolade. Les deux régions qui concentrent le plus de répondants accusent d’ailleurs les reculs les plus marqués parmi les grandes régions métropolitaines : Provence-Alpes-Côte d’Azur perd 14 %, Auvergne-Rhône-Alpes 10 %. L’Île-de-France recule de 13 %, le Grand Est, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine de 10 % chacun.
La Bretagne n’est pas épargnée : le chiffre d’affaires des commerçants indépendants bretons du textile recule de 9 % en mars 2026 par rapport à mars 2025. C’est autant que le Centre-Val de Loire, un peu plus que la Normandie (-7 %) ou l’Occitanie (-4 %), mais moins que les grandes régions touristiques du sud. Seule consolation toute relative : la Bretagne fait mieux que la moyenne des régions les plus touchées. Mais pour les boutiques de Quimper, Vannes, Rennes, Brest ou Saint-Brieuc qui tentent de survivre dans les centres-villes bretons, la statistique ne console de rien.
Les outre-mer, enfin, affichent des situations dramatiques : -30 % en Guadeloupe, -17 % à La Réunion, -15 % en Corse.
Un secteur à bout de souffle ?
Ce baromètre, publié chaque mois par la FNH depuis plusieurs années, décrit en creux la lente érosion d’un pan entier du commerce français. Concurrence de la fast-fashion asiatique, développement du commerce en ligne, baisse du pouvoir d’achat des ménages, désertification commerciale des centres-villes, évolution des habitudes de consommation — notamment chez les jeunes générations qui, comme une récente étude OpinionWay l’a montré, achètent désormais leurs vêtements en scrollant sur TikTok ou en interrogeant ChatGPT : les facteurs d’explication sont multiples et se cumulent.
Derrière les pourcentages, ce sont des dizaines de milliers de commerçants qui luttent pour maintenir leur activité, leurs salariés et leur boutique ouverte. La Fédération nationale de l’habillement, qui représente principalement des indépendants multimarques et monomarques (82 % des répondants au baromètre), ne cesse depuis plusieurs mois d’alerter sur la fragilité croissante d’une profession qui, de mois en mois, voit s’éroder ses marges et ses espoirs de redressement.
À l’heure où les discours politiques se multiplient sur la nécessité de « sauver les centres-villes » et de « défendre le commerce de proximité », les chiffres de la FNH rappellent une réalité crue : les mots ne suffisent plus. Les boutiques bretonnes, comme leurs consœurs du reste de la France, attendent désormais des actes.
Source : Baromètre du marché chez les commerçants indépendants de l’habillement et du textile – Mars 2026, Observatoire de la Fédération nationale de l’habillement (FNH). Répondants : 82 % d’indépendants (multimarques ou monomarques), 11 % de franchisés ou affiliés, 7 % cumulant les deux statuts. Contact : FNH, 9 rue des Petits Hôtels, 75010 Paris.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Habillement : les commerçants indépendants toujours dans le rouge en mars, la Bretagne ne fait pas exception”
Le petit commerce est déjà sous perfusion, attaqué par les ventes en ligne…les jeunes achètent avec leur téléphone, conseillés par l’IA et l’Europe ne veut plus de commerces indépendants, symboles de liberté. Seuls, les séniors sont encore clients des commerces de ville. Dans les centres de villes moyennes ou petites fleurissent les pancartes sur les anciennes boutiques : A Vendre ou A Louer !
Tout à fait la situation de Vannes (56) suppression du stationnement y compris pour les soignants qui sont devenus le gibier principal de la Police Municipale de Robo ex soignant bien gras d’Horizon. Désertification du centre ville sauf pour les bars à putes PD et leurs manifs régulièrement autorisées.