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Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.
Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».
En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.
Le 9 Mai c’est la Saint Komgall
Le dictionnaire historique des saints de John Coulson rapporte cette description laconique de Comgall : « Né dans l’Ulster, Irlande du Nord, il fut ordonné prêtre par l’évêque Lugid et fonda la grande abbaye de Bangor, sur la baie de Belfort. Trois mille moines auraient vécu sous sa direction, notamment saint Colomban du temps de sa jeunesse. » Il fut auparavant disciple de saint Fiontan, fameux pour la rigueur de sa direction spirituelle. Comgall donna une règle écrite en vers irlandais à la communauté qu’il fonda à Bangor en 599. On disait d’elle qu’elle était « droite et divine, sévère, sainte et exacte, souverainement juste et digne d’admiration à qui appartient la vie bienheureuse que Dieu prépare en compagnie des saints pour durer sans jamais finir ». La renommée de Bangor devait éclipser celle de tous les autres monastères irlandais selon Montalembert. Les trois mille frères étaient divisés en sept chœurs alternatifs, chantant jour et nuit les louanges de Dieu pour appeler la miséricorde de Dieu sur leur Église et leur patrie.
Bien que saint Comgall fut connu pour son ascétisme, (il ne mangeait qu’un seul repas complet par semaine) nombre de miracles le concernant ont trait à la nourriture. Un jour, des voleurs dérobèrent les légumes du monastère ; par les prières de saint Comgall ils furent privés de la vue jusqu’à ce qu’ils se repentent ; après quoi, ils intégrèrent la communauté. Une autre fois, alors que les vivres manquaient et que les moines attendaient des invités, le saint pria Dieu et un banc de poissons vint s’échouer sur la rive.
Comgall partit quelque temps pour l’Écosse, il accompagna aussi saint Colomba dans un voyage missionnaire à Inverness pour évangéliser les Pictes.
Il mourut à Bangor en 603. L’Antiphonaire de Bangor rédigé un siècle après contient une longue hymne à sa louange.
Crédit photo : wikipedia (cc)
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