Intelligence artificielle : la consommation énergétique colossale de ChatGPT interroge

Publicité

L’intelligence artificielle s’est imposée en quelques années comme un outil du quotidien. Recherche d’informations, rédaction de textes, traduction, programmation, création d’images : des centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde sollicitent chaque jour des assistants conversationnels comme ChatGPT. Mais derrière cette apparente dématérialisation se cache une réalité beaucoup plus concrète : une consommation électrique massive, dont l’ampleur commence à poser question.

Une croissance fulgurante, un coût énergétique invisible

ChatGPT est aujourd’hui l’un des services numériques les plus utilisés au monde. En moins de trois ans, le chatbot est passé du statut de curiosité technologique à celui de plateforme mondiale, avec plus de 800 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires fin 2025. Chaque jour, ce sont environ 2,5 milliards de requêtes qui sont traitées.

Contrairement à une recherche classique sur un moteur traditionnel, l’interrogation d’un modèle d’intelligence artificielle repose sur un calcul complexe mobilisant des milliers de processeurs spécialisés. Chaque requête implique ce que les ingénieurs appellent une phase « d’inférence », au cours de laquelle le modèle analyse la demande, parcourt ses paramètres et génère une réponse contextualisée. Ce processus est nettement plus énergivore qu’une simple recherche indexée.

Une consommation équivalente à celle d’un pays

En agrégeant ces milliards d’interactions quotidiennes, les ordres de grandeur deviennent vertigineux. Sur une année complète, l’électricité nécessaire au fonctionnement de ChatGPT pour répondre aux requêtes des utilisateurs atteindrait plus de 17 000 gigawattheures (GWh).

Publicité

À titre de comparaison, ce volume correspond à la consommation annuelle d’un État de taille moyenne. Il dépasse celle de pays européens comme la Slovénie ou le Luxembourg, et se rapproche de celle de territoires entiers dans les Caraïbes. Rapportée à l’échelle domestique, cette énergie suffirait à alimenter plus d’un million et demi de foyers pendant un an.

Chaque jour, la plateforme consommerait autant d’électricité qu’une grande agglomération ou qu’un petit pays insulaire.

Un coût financier de plusieurs milliards de dollars

Cette dépense énergétique a évidemment un coût. En prenant comme référence le prix moyen de l’électricité commerciale aux États-Unis, la facture annuelle liée au traitement des requêtes se chiffrerait à environ 2,4 milliards de dollars. Chaque question posée représenterait un coût unitaire de quelques millièmes de dollar, insignifiant à l’échelle individuelle, mais colossal à l’échelle globale.

Ces montants ne tiennent compte que de l’utilisation quotidienne du service, et non de l’entraînement initial des modèles, encore plus gourmand en ressources.

L’évolution des modèles d’intelligence artificielle accentue cette tendance. Les versions les plus récentes reposent sur des architectures dites de « raisonnement avancé », capables de résoudre des problèmes complexes, de structurer des réponses longues ou de traiter simultanément du texte, des images et de la vidéo.

Ces capacités supplémentaires impliquent un temps de calcul plus long et une sollicitation accrue des infrastructures informatiques. Certaines estimations indiquent que les modèles les plus récents consomment plusieurs fois plus d’énergie par requête que leurs prédécesseurs, même s’ils sont plus efficaces sur le plan algorithmique.

Entraîner l’IA : un chantier énergétique colossal

Au-delà de l’utilisation quotidienne, la phase d’entraînement des modèles représente un autre défi énergétique majeur. Former un modèle d’IA consiste à faire tourner des grappes de processeurs spécialisés pendant des semaines, voire des mois, afin d’analyser d’immenses volumes de données.

Les générations précédentes de modèles avaient déjà nécessité des millions de kilowattheures. Les versions actuelles, beaucoup plus complexes, dépasseraient largement ces chiffres, même si les données précises restent confidentielles. Cette opacité alimente les interrogations sur l’impact environnemental réel de l’intelligence artificielle à grande échelle.

Fait notable : ces coûts énergétiques, aussi élevés soient-ils, restent pour l’instant largement absorbables pour les acteurs du secteur. Les revenus générés par les abonnements payants — particuliers, entreprises, administrations, universités — se chiffrent en dizaines de milliards de dollars à moyen terme.

Autrement dit, la question n’est pas tant financière qu’environnementale et politique. À l’heure où les États multiplient les injonctions à la sobriété énergétique pour les ménages et les industries traditionnelles, l’explosion de la consommation électrique liée au numérique et à l’intelligence artificielle pose un problème de cohérence.

Une question stratégique pour les années à venir

À mesure que l’IA s’impose comme une infrastructure de base de l’économie numérique, la question de son coût énergétique devient incontournable. Peut-on généraliser ces outils sans repenser la production d’électricité, l’optimisation des modèles et les usages ? Jusqu’où une société peut-elle accepter une telle concentration de ressources pour des services numériques, aussi utiles soient-ils ?

Derrière l’enthousiasme technologique, l’intelligence artificielle révèle ainsi une réalité plus brute : celle d’un monde toujours plus dépendant d’une énergie abondante, centralisée et continue. Un enjeu que ni les industriels ni les décideurs publics ne pourront longtemps ignorer.

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.
Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

5 réponses à “Intelligence artificielle : la consommation énergétique colossale de ChatGPT interroge”

  1. rycart dit :

    Un bonjour aux petits patrons et, malheureusement aussi, aux très grands !
    S’ils misent sur l’IA pour supprimer des postes, ils auront des surprises !
    Dans des domaines pointus de l’industrie, de la science, l’IA, pardon, est fort « conne » !
    De plus, elle est programmée pour éviter tout procès. Elle n’utilise donc pas des résultats tombés dans le domaine public par peur du droit de propriété intellectuelle !

  2. alienoe dit :

    entre chagpt qui refuse de parler de kalergi et grok qui hallucine et fait de nombreuses érreurs……je remets mes neurones en activité

  3. Yoaren dit :

    Votre article n’est pas un scoop. Ça fait 2 ans qu’on sait à quel point chatgpt est energivore. Une photo transformée = l’équivalent de 20.000 litres d’eau.

  4. Poil Dur dit :

    Il faut avoir une certaine intelligence et une certaine culture pour maîtriser ChatGPT. Sinon une intelligence humaine insuffisante fera énoncer à l’IA des solutions ou des textes peu élaborés ou assez simplistes. Plus vous allez introduire vos propres données bien pensées et donc d’un certain niveau en interrogeant l’IA, plus vous allez obtenir des réponses fouillées, logiques et intéressantes. L’IA va évoluer en fonction de votre propre intelligence.
    Aide-toi et l’IA t’aidera…

  5. alienor dit :

    Aide-toi et l’IA t’aidera………+100% tout comme internet

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

cerveau

Santé

Santé. 1 AVC sur 5 pourrait être mal compris — et donc mal prévenu, selon une étude publiée dans Circulation

A La Une, Sociétal

« Homo occidentalis » : Fourquet et Rabinovitch décrivent la grande bascule anthropologique de l’Occident

Rugby, Sport

Top 14. Toulon – RC Vannes : grosse rotation, premières de Kuruvoli et Jonas, Cotarmanac’h à l’ouverture… ce qui attend le RCV à Mayol

E brezhoneg, Local, NANTES, Sociétal, Société

Diwazh-Liger (44) : Petra ober gant ar banniel LGBT er vediaoueg ?

Economie

Inzinzac-Lochrist (56) : la Chambre régionale des comptes dresse le portrait d’une commune au bord du gouffre financier

Environnement

« Carbone » : le documentaire qui réhabilite l’élément le plus diabolisé de la planète

racket_fiscal_csg

Economie

Loire-Atlantique. Nantes, Saint-Nazaire, Saint-Herblain : les maires socialistes préparent les contribuables à la hausse des impôts locaux

Sport, ST-MALO

Saint-Malo. 118 bateaux, 13 jours de fête : tout savoir sur le Village Départ de la Route du Rhum

Culture, Culture & Patrimoine, Histoire, Patrimoine

Wimille (62) : Une commune de plus à s’engager pour la langue picarde

Culture, Culture & Patrimoine

Revente de billets en France : Céline Dion et Lady Gaga font flamber les prix, les femmes restent minoritaires

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Economie

Emploi : les Français veulent évoluer mais n’y consacrent presque aucun temps, selon un sondage

Découvrir l'article

International

États-Unis : le FBI alerte sur les escrocs qui se font passer pour des policiers, 1,6 milliard de dollars envolés

Découvrir l'article

Environnement

Éoliennes flottantes en Bretagne Sud. Dernière ligne droite pour dire non : l’enquête publique s’achève le 28 septembre

Découvrir l'article

A La Une

Fraude en entreprise : 4 tentatives sur 10 aboutissent, l’IA dopant les escrocs

Découvrir l'article

Sociétal

Intelligence artificielle. Plus de la moitié des sources citées par ChatGPT, Claude, Gemini et Grok seraient elles-mêmes écrites par des IA

Découvrir l'article

A La Une, Sociétal

PISA 2025 : l’école occidentale au plus bas historique, la France décroche en lecture et en mathématiques — ce que dit vraiment le rapport de l’OCDE

Découvrir l'article

Sociétal

GPT-6 Astra : OpenAI met en circulation une IA capable de pirater seule, avec un bouton d’arrêt

Découvrir l'article

Environnement

Coupures, désindustrialisation, canicules : le bilan contesté de la transition énergétique

Découvrir l'article

Economie

Amazon achète des livres rares, les découpe et les détruit pour entraîner son IA

Découvrir l'article

Economie

Négociation salariale : 37 % renoncent faute de savoir quel chiffre poser

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.