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Le Musée de l’Homme s’attaque à un nouveau sujet de société rarement exploré dans les institutions culturelles : les drogues. Du 18 novembre 2026 au 6 juin 2027, l’établissement parisien du Trocadéro consacre une grande exposition aux substances psychoactives, avec l’ambition affichée de « déconstruire les idées reçues » et d’aborder la question sans fascination ni condamnation automatique. Une démarche que l’institution revendique comme scientifique et « affranchie de tout propos idéologique » (on a quand même toujours un doute quand on sait que le musée a déjà consacré des expositions au racisme, aux « migrations », etc, mais mettons…)
Qu’appelle-t-on vraiment une « drogue » ?
Le point de départ de l’exposition est une question de définition. Dans l’imaginaire courant, le mot « drogue » renvoie aussitôt au produit interdit, au trafic, à l’addiction. Or les commissaires rappellent que l’univers des substances psychoactives est bien plus vaste : le café, l’alcool, le tabac, certains médicaments, le cannabis ou les champignons hallucinogènes agissent tous, à des degrés très divers, sur le système nerveux, l’humeur ou les perceptions.
Le parcours s’ouvre ainsi sur un panorama de cette diversité — champignons, plantes, produits de synthèse, objets de consommation, pièces issues de la chimiothèque et de l’herbier du Muséum. L’idée maîtresse : la catégorie de « drogue » est une construction sociale, qui varie selon les lieux, les époques, les lois et les intérêts économiques. Une même substance peut être perçue comme remède dans un contexte, comme poison dans un autre, comme source d’ivresse dans un troisième. L’exposition souligne d’ailleurs qu’il existe un continuum entre le médicament, le toxique et le produit d’agrément, et que la frontière entre licite et illicite est mouvante.
Un dispositif multimédia interactif montrera l’action des différents produits sur le corps et le cerveau, en insistant sur un point : une substance n’agit pas de manière identique selon la dose, l’individu, son état ou son environnement. Une approche qui, selon les commissaires, permet d’éviter deux écueils symétriques — présenter toutes les drogues comme également dangereuses, ou au contraire laisser croire qu’un produit « naturel » serait forcément inoffensif.
Pourquoi l’humanité consomme-t-elle ?
La deuxième partie s’intéresse moins aux produits qu’aux raisons de leur usage. Se soigner, atténuer une douleur, tenir plus longtemps, se sentir intégré à un groupe, améliorer une performance, accéder au sacré, chercher l’inspiration : les motivations sont multiples et parfois contradictoires. L’exposition parle d’une consommation « universelle » de psychotropes, non que toutes les sociétés utilisent les mêmes produits, mais parce que la modification volontaire de l’état de conscience semble traverser toute l’histoire humaine — les premières traces remontant à la Préhistoire.
Le parcours avance même une piste intrigante : l’homme n’aurait pas inventé l’ivresse, certains animaux recherchant eux aussi des états d’altération, via des fruits fermentés ou des plantes actives. De quoi poser une question vertigineuse sur les racines biologiques, et non seulement culturelles, de cette quête.
Du champ de pavot au point de deal
La troisième partie déplace le regard du consommateur vers toute la chaîne de production et de circulation. Derrière une bouteille, un comprimé ou une poudre se cachent des plantes, des laboratoires, des territoires, des travailleurs, des réseaux, des lois et parfois des conflits armés. Le parcours relie ainsi les vignobles pluriséculaires à la culture illégale du pavot, la production industrielle de fentanyl aux laboratoires clandestins, les anciennes routes coloniales aux filières contemporaines.
Un point mérite l’attention des parents : l’exposition pointe les stratégies marketing visant à séduire de nouveaux consommateurs, avec des produits aux couleurs acidulées et aux emballages détournant les codes des bonbons. Le commerce des psychotropes, en pleine croissance, peut être officiel, médicalisé, toléré ou criminel — et générer autant de recettes fiscales que de crises sanitaires.
Une dernière partie sur les politiques publiques
L’exposition se clôt sur les réponses apportées par les États, de la répression à la prévention, et revient sur l’histoire de la politique de « réduction des risques » développée en Europe depuis les années 1980. Défendant une approche qu’elle qualifie d’« humaniste », l’institution donne la parole, dans une installation finale, à des usagers aux profils variés.
C’est là que l’exposition assume son parti pris, qu’on la partage ou non : celui de « comprendre avant de juger ». Une position que certains jugeront courageuse, d’autres trop indulgente — le débat, sur un sujet aussi sensible, restera ouvert. L’exposition, accessible dès 12 ans, s’accompagne d’un beau-livre, Drogues, dictionnaire éclairé des substances psychoactives et de leurs usages, à paraître le 6 novembre 2026.
Informations pratiques : « Drogues », Musée de l’Homme, 17 place du Trocadéro, Paris 16e, du 18 novembre 2026 au 6 juin 2027, tous les jours sauf le mardi de 11 h à 19 h. Tarif plein 15 €, réduit 12 €, gratuit pour les moins de 26 ans.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Du café au fentanyl : le Musée de l’Homme explore notre rapport millénaire aux drogues”
La consommation de drogues depuis la nuit des temps et dans toutes les sociétés avait le plus souvent un but « devinattoir » ( les chamans ) thérapeutique ou récréatif . De nos jours elle est un marqueur d’une société sans avenir qui a le mal de vivre