Longtemps associé aux scènes ouvertes de consommation parisiennes, le crack gagne désormais du terrain bien au-delà de la capitale. Selon une enquête du Figaro publiée le 19 août, le phénomène est désormais observé de Marseille à Nantes, Villeurbanne ou Alençon, jusqu’à certains territoires ruraux. Une diffusion qui accompagne l’expansion spectaculaire du marché français de la cocaïne et offre une nouvelle illustration de la dégradation sanitaire et sociale liée au narcotrafic.
À Marseille, les associations de terrain citées par franceinfo estiment entre 200 et 500 le nombre de consommateurs de rue dans le centre-ville. La consommation dans l’espace public y est devenue particulièrement visible. À Nantes, les travailleurs sociaux du Caarud décrivent eux aussi une progression nette : alors qu’ils distribuaient autrefois davantage de matériel d’injection, les pipes à crack sont désormais remises quotidiennement lors des maraudes.
Le phénomène déborde les grandes métropoles
La progression ne se limite plus aux grands centres urbains. À Villeurbanne, une dizaine de consommateurs de drogues dures se sont installés depuis 2025 dans le quartier résidentiel de Cusset, parallèlement à l’apparition d’un point de deal. À Alençon, ville de 27 000 habitants, la police constate depuis plusieurs années une hausse des saisies de crack et décrit des consommateurs qui ne sont pas nécessairement sans-abri ou marginalisés.
L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives relève également l’apparition de nouveaux profils dans des zones rurales. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, des structures médico-sociales de villages isolés ont signalé des consommations jusque-là peu rencontrées. Certaines personnes socialement insérées découvrent aussi la cocaïne basée dans un contexte amical ou festif.
L’explosion de la cocaïne en toile de fond
Les services spécialisés relient cette diffusion à l’expansion considérable du marché de la cocaïne. Les saisies sont passées d’environ 23 tonnes en 2023 à plus de 84 tonnes en 2025. La Direction nationale de la police judiciaire souligne toutefois que le crack ne constitue pas encore un phénomène généralisé dans tout le pays.
Ses effets, plus rapides et plus brefs que ceux de la cocaïne en poudre, peuvent favoriser la répétition des prises. La transformation en crack peut par ailleurs être réalisée localement à partir de cocaïne.
Après Paris, le crack apparaît désormais dans des métropoles, des villes moyennes, des quartiers résidentiels et jusque dans certains territoires ruraux. Une extension qui diffuse les conséquences sanitaires, sociales et d’ordre public du marché de la cocaïne bien au-delà de ses foyers les plus connus.
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