Mort du petit Émile. L’enquête prend un virage agricole, l’hypothèse criminelle se confirme

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Près de trois ans après la disparition d’Émile Soleil au Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’enquête vient de connaître un tournant majeur. Les dernières expertises menées sur les ossements et les vêtements du petit garçon, dévoilées par France 2 et Franceinfo le 24 avril 2026, orientent désormais les investigateurs vers le milieu agricole et confirment plus que jamais la thèse criminelle. Une vaste campagne de prélèvements ADN est par ailleurs en cours sur 106 habitants de la zone.

Cordelette agricole et fientes d’animaux : une signature révélatrice

Les analyses scientifiques ont mis au jour deux séries d’indices matériels qui prennent une importance considérable dans la compréhension de l’affaire. Les vêtements et les restes d’Émile portent en effet la trace de fientes de poules et de chauves-souris, ce qui suggère que l’enfant a séjourné dans un bâtiment ou sur un site à vocation agricole après sa disparition de juillet 2023.

À cela s’ajoute un élément encore plus parlant : la présence de particules de cordelette d’un type spécifiquement employé dans l’univers agricole. Les enquêteurs se gardent toutefois de toute conclusion hâtive sur l’usage qui aurait été fait de cette cordelette, l’ignorance restant entière quant à savoir si elle a servi à entraver l’enfant ni combien de temps celui-ci aurait été retenu dans un tel environnement.

Conséquence directe de ces découvertes, des opérations de fouille doivent être organisées dans les fermes, granges et exploitations situées aux abords du Haut-Vernet. Une orientation qui marque une nette inflexion par rapport aux pistes précédemment explorées.

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Une trace ADN inconnue au cœur du dispositif

L’autre élément déterminant tient à la découverte, à l’automne 2024, d’un ADN étranger à la famille d’Émile sur le crâne et les vêtements de l’enfant. Pour tenter d’identifier ce profil génétique, les gendarmes ont lancé une campagne de prélèvements sans précédent, portant sur 106 habitants du Haut-Vernet et des communes environnantes.

Le délai d’attente des résultats reste incertain — plusieurs semaines selon les sources judiciaires — mais l’enjeu est de taille. Antoine de Pauw, conseiller en génétique à l’Institut Curie, interrogé par France 2, a rappelé qu’un ADN identifié pouvait correspondre soit directement à un suspect, soit à un de ses apparentés plus ou moins proche — un cousin, un oncle ou une tante figurant dans la base de données. Cette possibilité d’identification par lien familial élargit considérablement le champ des comparaisons utiles.

Si une concordance était établie, elle constituerait un tournant décisif dans une enquête qui peine depuis bientôt trois ans à désigner un coupable. À l’inverse, un certain nombre d’experts, dont un ancien haut responsable de la police judiciaire interrogé fin avril, mettent en garde contre les conclusions trop rapides : une trace ADN, même identifiée, ne suffit pas toujours à établir une responsabilité pénale.

La piste familiale s’éloigne

Pour les avocats de la famille Vedovini, ces nouveaux éléments confortent la thèse de l’innocence de leurs clients. En mars 2025, les grands-parents maternels d’Émile, Philippe et Anne Vedovini, ainsi que deux de leurs enfants majeurs — oncle et tante de la victime — avaient été placés en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavre, avant d’être relâchés sans poursuites au bout de quelques jours.

Me Julien Pinelli, qui défend la grand-mère du petit garçon, considère que tout ce qui pouvait concerner la sphère familiale a été examiné en profondeur par les enquêteurs et que les nouveaux indices invitent à explorer d’autres directions. Une analyse partagée par les magistrats instructeurs, qui ont fait évoluer la qualification pénale de l’affaire en cours d’année 2025.

Lors de sa conférence de presse du 27 mars 2025, le procureur de la République d’Aix-en-Provence avait déjà annoncé que les expertises permettaient de penser que les vêtements et les ossements avaient été déplacés et déposés peu de temps avant leur découverte par la randonneuse en mars 2024. Surtout, il avait évoqué des stigmates anatomiques compatibles avec un traumatisme facial violent — un constat qui rendait la thèse accidentelle ou animale extrêmement peu probable.

Une affaire qui hante toujours la haute Provence

Pour mémoire, Émile Soleil, deux ans et demi, avait disparu le 8 juillet 2023 alors qu’il séjournait chez ses grands-parents maternels au hameau du Haut-Vernet, surplombant le bourg du Vernet, dans le massif des Trois-Évêchés. Aperçu une dernière fois vers 17 h 15 marchant seul dans une impasse, à une vingtaine de mètres de la maison familiale, le garçonnet n’a plus jamais été revu vivant.

Malgré l’une des plus vastes opérations de ratissage judiciaire jamais menées en France — quatre-vingt-dix-sept hectares passés au peigne fin, près de 1 600 lignes téléphoniques analysées, des centaines de bénévoles mobilisés — les recherches étaient restées vaines pendant huit mois. C’est une promeneuse qui, le 30 mars 2024, a retrouvé fortuitement le crâne de l’enfant sur un chemin forestier escarpé, à environ 1,7 kilomètre à vol d’oiseau du hameau, dans une zone pourtant déjà fouillée. Des vêtements et un fragment d’os avaient ensuite été localisés à 150 mètres de là.

L’enquête a depuis exploré toutes les pistes possibles : accident de circulation dissimulé, attaque animale, enlèvement, implication familiale… Toutes ont été écartées ou mises de côté à mesure que les expertises avançaient. Aujourd’hui, la combinaison entre les indices agricoles, l’ADN étranger et le traumatisme crânien identifié converge vers un scénario glaçant : celui d’un meurtre suivi d’une dissimulation et d’une mise en scène dans la forêt.

Une attente qui se prolonge pour les proches comme pour le village

Pour les habitants du Vernet, marqués depuis bientôt trois ans par les soupçons croisés, les caméras et les théories les plus diverses, l’orientation agricole de l’enquête ravive un climat lourd. Le hameau du Haut-Vernet, qui ne compte qu’une trentaine de bâtiments et une vingtaine d’habitants permanents, voit désormais ses fermes alentour visées par les investigations.

La famille Soleil-Vedovini, qui s’est constituée partie civile dès août 2023, attend de connaître enfin les circonstances exactes de la mort de son aîné. Les obsèques d’Émile avaient été célébrées en février 2025, en la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivies de l’inhumation à La Bouilladisse, dans les Bouches-du-Rhône.

L’affaire, l’une des plus médiatisées de la décennie, pourrait donc connaître un dénouement dans les prochains mois si la comparaison ADN aboutit. À défaut, elle viendra rejoindre la longue liste des disparitions d’enfants non élucidées du sud-est de la France — comme celle du petit Yannis Moré à Ganagobie en 1989, dans une vallée distante de seulement soixante kilomètres du Vernet, ou celle de Mathieu Haulbert disparu en 1983 près de Castellane.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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4 réponses à “Mort du petit Émile. L’enquête prend un virage agricole, l’hypothèse criminelle se confirme”

  1. Marche à terre dit :

    J’espère qu’on va enfin chopper cette pourriture qui a tué ce petit ange

  2. geraldine mi dit :

    lamentable !! avec nos impots !! au moins gregory , affaire résolue , contrairement aux mal disants ,!!! mais que fait ce proc et ce juge !! protegent ils ??

  3. Arwen dit :

    Pourvu qu’enfant la famille de ce bambin ait des réponses! Et que le ou les auteurs soient punis, surtout s’il s’agit d’un crime et non d’un accident.

  4. Rycart dit :

    La France ne semble pas, depuis fort longtemps, briller dans l’élucidation de certains crimes…
    Police, gendarmerie, justice ne recrutent pas que des lumières !

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