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Le Français Mathéo Barusseau (Vendée U-Primeo Energie) a remporté ce mardi 28 avril la quatrième étape du Tour de Bretagne cycliste, entre Ploërmel et Briec-de-l’Odet, au terme de 204,7 kilomètres particulièrement éprouvants. Échappé dès les premiers kilomètres, le coureur vendéen a résisté avec sang-froid au retour du peloton avant de devancer in extremis Bogdan Zabelinskiy dans les 300 derniers mètres. Le Norvégien Halvor Dolven (Lotto-Groupe Wanty) conserve son maillot vert de leader, mais le jeune Français Aubin Sparfel se rapproche désormais à seulement sept secondes au classement général.
Une étape XXL battue par les vents
La plus longue étape de cette 59ᵉ édition a tenu toutes ses promesses en termes d’intensité et de spectacle. Dès le coup de pédale donné à Ploërmel, Swann Guefveneu puis Léandre Huck ont lancé les hostilités, avant qu’un groupe solide ne parvienne à se détacher à l’avant. Sept hommes ont alors pris la poudre d’escampette : Silas Koech, Léandre Huck, Sander Granberg, Mathéo Barusseau, Swann Guefveneu, Axel Van den Broek et Bogdan Zabelinskiy.
Le peloton, fragmenté par les bordures et les coups de vent caractéristiques des plaines bretonnes intérieures, n’a jamais véritablement réussi à se réorganiser. L’écart est rapidement monté à plus de cinq minutes, plaçant les fugitifs en position de force pour disputer la victoire jusqu’à l’arrivée. Zabelinskiy a profité des difficultés du jour pour s’emparer du maillot de meilleur grimpeur, après plusieurs passages remarqués au sommet des côtes répertoriées.
Côté peloton, l’équipe Lotto-Groupe Wanty, garante du maillot de leader, et la formation Red Bull-BORA-Hansgrohe Rookies de l’Italien Alessio Magagnoti se sont longtemps partagé la responsabilité de la poursuite. Mais la situation s’est sérieusement compliquée pour le Transalpin – jusqu’alors deuxième du classement général – victime d’une chute en cours d’étape qui l’a relégué dans un groupe de chasse, l’éloignant brutalement des avant-postes.
Le finale haletant à Briec-de-l’Odet
C’est dans les difficultés du dernier Grand Prix de la Montagne que la course s’est définitivement décantée. Le Français Aubin Sparfel (Decathlon CMA CGM Development Team), bien décidé à grappiller des secondes au classement général, a porté une attaque tranchante dans le peloton. Plusieurs groupes se sont alors formés, tandis qu’à l’avant, l’échappée se réduisait progressivement à quatre éléments : Mathéo Barusseau, Swann Guefveneu, Léandre Huck et Bogdan Zabelinskiy.
À l’approche de l’arrivée, c’est finalement le duo Barusseau-Zabelinskiy qui a réussi à creuser l’écart sur ses deux compagnons d’échappée. Le suspense a tenu jusqu’aux derniers hectomètres : à 300 mètres de la ligne, le Russe a lancé son sprint, espérant surprendre le Vendéen. Mais Mathéo Barusseau, lucide et explosif, a parfaitement réagi pour arracher sur le fil une victoire de caractère qui restera longtemps dans sa mémoire.
Derrière, Aubin Sparfel a tenu bon pour terminer troisième de l’étape, glanant au passage quatre secondes de bonification précieuses pour la suite du Tour. Federico Savino (Soudal Quick-Step Devo Team) et Axel Källberg (Lucky Sport Cycling Team) complètent le top 5.
Une victoire qui récompense un collectif
Le succès de Mathéo Barusseau couronne aussi le travail remarquable de la formation Vendée U-Primeo Energie, qui a parfaitement exploité sa supériorité numérique en plaçant deux hommes – Barusseau et Guefveneu – dans l’échappée matinale. Même après la crevaison de ce dernier dans la deuxième partie de course, le collectif vendéen est resté dans le coup jusqu’au moment décisif. C’est précisément ce type d’organisation tactique qui fait la différence sur les épreuves par étapes.
Pour le jeune coureur français, qui décroche ainsi la première victoire tricolore de cette édition 2026, c’est aussi la confirmation d’un potentiel bien réel. Sa lecture de course, son sang-froid pour ne pas se précipiter dans le sprint final et sa capacité à contrer Zabelinskiy au moment opportun témoignent d’une maturité prometteuse.
Aubin Sparfel, l’éternel placé qui se rapproche dangereusement
Côté tricolore, la performance d’Aubin Sparfel mérite à nouveau d’être saluée. Le jeune coureur de 19 ans signe sa troisième place d’honneur consécutive – après son deuxième rang à Concoret la veille – mais sa stratégie d’attaque sur le dernier GPM lui a permis de prendre du temps sur ses concurrents directs au général. Désormais troisième à seulement sept secondes du leader Halvor Dolven, le Français se positionne en sérieux outsider pour la victoire finale.
Sparfel multiplie depuis le début de la saison les places d’honneur sur des épreuves de classe 1 comme la Classic Grand Besançon Doubs ou Paris-Camembert, sans toutefois parvenir à lever les bras. Cette régularité finit néanmoins par payer au classement général, où il occupe désormais une position idéale pour porter une attaque décisive dans les étapes à venir.
Le classement général reserré
Au terme de cette quatrième étape mouvementée, Halvor Dolven conserve son maillot vert de leader avec sept secondes d’avance sur Aubin Sparfel et dix-neuf secondes sur Swann Guefveneu (Vendée U-Primeo Energie) et Victor Van de Putte (Lotto-Groupe Wanty), ex aequo à la troisième place. Suivent Mathias Sanlaville (CIC Pro Cycling Academy), Eliott Boulet (Groupama-FDJ United), Guus van den Eijnden (Alpecin-Premier Tech Development Team), Valentin Hofer (Bahrain Victorious Development Team), Maxime Vezie (CIC Pro Cycling Academy) et Paul Fietzke (Red Bull-BORA-Hansgrohe Rookies) tous dans la même seconde.
L’effacement temporaire d’Alessio Magagnoti, victime de cette chute, redistribue significativement les cartes en faveur des coureurs offensifs. La course reste ouverte, mais cette journée a créé une première vraie sélection parmi les prétendants au classement général.
L’étape reine se profile : Plogonnec-Lanfains, 186 km de pure montagne bretonne
Ce mercredi 29 avril, le peloton va aborder ce que les organisateurs présentent comme l’étape reine de cette 59ᵉ édition – et probablement l’une des plus difficiles jamais tracées sur le Tour de Bretagne. Au menu : 186 kilomètres entre Plogonnec, dans le Pays de Quimper, et Lanfains, dans les Côtes-d’Armor, avec un cumul de dénivelé positif de 3 100 mètres. Plus de la moitié de cette difficulté est concentrée sur les 70 derniers kilomètres.
À partir de Guerlédan, le scénario annoncé est celui d’une véritable bataille générale. Les organisateurs ont astucieusement placé des points de bonifications quelques kilomètres après le sommet du légendaire Mûr-de-Bretagne, théâtre habituel des coups de force sur les courses françaises de l’Ouest. Le circuit final de Lanfains, particulièrement exigeant, devrait achever de faire la sélection.
Pour les Bretons amateurs de cyclisme, cette étape Plogonnec-Lanfains constitue le rendez-vous à ne pas manquer de cette édition. Sur les routes des Côtes-d’Armor et du Centre-Bretagne, les meilleurs grimpeurs vont s’expliquer sans détour. Au soir de cette journée capitale, le Tour de Bretagne 2026 aura sans doute un visage nettement plus défini, et le maillot vert de leader pourrait bien changer d’épaules. Halvor Dolven, plutôt typé puncheur, sera attendu au tournant des grosses bosses, tandis qu’Aubin Sparfel et les autres outsiders auront tout à gagner d’un terrain qui devrait leur convenir.
Une chose est sûre : le terrain accidenté du Centre-Bretagne, marqué par les dénivelés rugueux du Massif armoricain, ne fera pas de cadeaux. À Mûr-de-Bretagne comme à Lanfains, le verdict tombera sans appel.
Crédit photo : Tour de Bretagne
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