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Une bande-annonce de deux minutes, mise en ligne le 27 juillet dernier, et l’un des plus gros succès de la production audiovisuelle chrétienne entre dans sa dernière ligne droite. La saison 6 de The Chosen s’attaque à la Passion : les ultimes heures du Christ, du jardin des Oliviers à la mise au tombeau.
Les images annoncent la couleur — sombre. Le parti pris narratif retenu par l’équipe consiste à raconter cette dernière journée à travers des regards contradictoires : le Sanhédrin invoque la justice, les Romains la paix, les disciples n’y voient qu’un assassinat. Face à cette cacophonie d’interprétations, un Jésus seul, souffrant, et déterminé à aller jusqu’au bout.
Le calendrier est désormais connu. Les six premiers épisodes de la saison arriveront fin novembre 2026, avec une diffusion en streaming attendue avant la fin de l’année. Le volet conclusif, The Chosen: Crucifixion, sortira quant à lui en exclusivité dans les salles du monde entier — début 2027 selon Aleteia, mi-mars 2027 selon le dossier de presse. La série poursuit ainsi sa stratégie hybride, entre télévision et grand écran, qui lui a déjà permis de figurer au box-office international.
Un tournage éprouvant
Jonathan Roumie, qui incarne Jésus depuis la première saison, avait raconté dès juin 2025 des semaines de tournage particulièrement dures, physiquement comme émotionnellement. Plusieurs comédiens ont décrit les scènes de la Crucifixion comme une épreuve autant spirituelle qu’artistique. Le réalisateur Dallas Jenkins, lui, a résumé l’ambiance du plateau d’une formule : toutes les larmes filmées n’étaient pas jouées.
L’anecdote pourrait passer pour de la communication. Elle est cohérente avec ce qui fait, depuis six saisons, la singularité du projet.
Ce qui distingue The Chosen du reste de la production chrétienne
Le cinéma confessionnel a longtemps souffert d’un déficit d’exigence artistique : des intentions louables, des budgets modestes, une écriture souvent édifiante au sens le plus plat du terme. The Chosen a rompu avec cette fatalité, et c’est ce qui explique son audience bien au-delà des cercles pratiquants.
Le format y est pour beaucoup. Des épisodes dépassant l’heure permettent d’entrer dans le détail des Évangiles, de donner du temps à des personnages secondaires que les films sur Jésus expédient traditionnellement en quelques plans. Là où l’adaptation classique brosse un portrait conforme aux attentes, la série s’attarde, contextualise, restitue les tensions politiques, religieuses et économiques de la Judée du Ier siècle. Le résultat est une qualité d’écriture et d’interprétation, et surtout un réalisme dans les interactions entre personnages, que l’on rencontre rarement dans ce registre.
C’est là que réside la réussite : la série ne cherche pas à convaincre par la démonstration, mais par l’immersion. Le spectateur ne regarde pas une leçon de catéchisme filmée ; il suit des gens.
Un choix qui fait débat : les scènes inventées
Cette réussite repose sur un pari qui divise, y compris chez les croyants. The Chosen ajoute en effet des personnages, des dialogues et des intrigues absents du texte biblique. Vingt minutes de l’épisode 4 de la saison 2 sont consacrées à la vie du paralytique avant sa rencontre avec Jésus — un passé que les Évangiles ne mentionnent nulle part. Les tensions conjugales de Pierre relèvent de la pure invention scénaristique. Une scène de la saison 4, où des soldats romains imposent aux disciples de porter leurs armes, illustre une parole de Jésus sans correspondre à un épisode rapporté.
L’objection est sérieuse et connue : l’Écriture met en garde contre l’ajout et le retranchement. Les défenseurs de la série répondent que ces développements ne prétendent pas à l’inspiration, mais comblent des interstices que le texte lui-même signale — Jean concluant son évangile en indiquant que tout n’a pas été raconté.
Le blogueur français Jean-Baptiste Separi-Prevost, qui a consacré une réflexion approfondie à la question, propose une grille de lecture utile : The Chosen n’est pas l’Évangile, mais le travail de croyants autour de l’Évangile. Il rappelle un point que la controverse fait souvent oublier — tout lecteur interprète déjà malgré lui. Notre cerveau plaque des visages sur les noms, projette des images sur les mots, ramène le récit à nous-mêmes. Les représentations proposées par une série ne sont donc pas une couche d’interprétation ajoutée à un texte qui en serait vierge : elles viennent concurrencer celles que nous fabriquons sans y penser, et que nous ne discutons jamais.
Le même auteur décrit son parcours personnel : une lecture longtemps purement intellectuelle, transformée en jeu de décryptage à coups d’étymologie grecque, jusqu’à comprendre qu’il ne pouvait pas tout comprendre. Ce que la série lui a apporté n’est pas un supplément de connaissance, mais une implication : impossible, une fois les enjeux rendus sensibles, d’éviter la question de savoir ce que l’on aurait fait à la place de Pierre, de Matthieu ou de Thomas. La conclusion est nuancée mais nette : la Bible se suffit à elle-même ; une série bien faite peut malgré tout renvoyer à sa lecture, à condition de conserver l’esprit critique.
Un phénomène culturel
Au-delà du débat théologique, The Chosen constitue un objet intéressant pour qui observe l’évolution des industries culturelles. Financée en partie par le public, distribuée gratuitement à ses débuts via sa propre application, la série a contourné les circuits traditionnels avant de les intégrer — Amazon Prime Video, Netflix et les salles de cinéma. Elle démontre qu’un public existe pour une production de qualité assumant explicitement son ancrage chrétien, à rebours du discours selon lequel le religieux ne serait plus vendable.
La saison de la Passion sera l’épreuve du feu : c’est le passage le plus attendu, le plus connu, celui où toute maladresse se paie comptant. Les premières images laissent penser que l’équipe en a mesuré l’enjeu.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “The Chosen : la bande-annonce de la saison 6 plonge dans la Passion, avant un film au cinéma en 2027”
Une série chrétienne pour les chrétiens, donc. Le christianisme est une secte juive du Proche-Orient qui, à l’instigation de Saül de Tarse, s’est ouverte aux non-juifs afin de supplanter le judaïsme rabbinique avec lequel il était en guerre. En tant qu’Européen de souche, je ne me sens pas concerné par ces élucubrations étrangères.