Conférence en Centre-Bretagne : l’ancien directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet attendu à Locarn le 29 mai

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C’est dans le cadre verdoyant du Keréden, à Kerhunou en Locarn, que l’ancien Institut de Locarn — discret mais influent lieu de réflexion centre-breton sur les enjeux économiques, géopolitiques et identitaires — accueillera, le vendredi 29 mai 2026 à 15 heures, l’une des figures les plus singulières de la haute fonction publique française des trois dernières décennies. Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), ancien Haut responsable chargé de l’intelligence économique auprès du Premier ministre François Fillon, dirigeant d’entreprise et conférencier prolifique, viendra y donner une conférence intitulée « Le crépuscule des faibles — L’Europe face aux conflits et aux chocs des empires ».

L’événement sur inscription selon les modalités habituelles de la maison, débutera par un accueil café à 14h30. La conférence elle-même prendra la suite à 15 heures et sera suivie, à partir de 16h30, d’une session d’échanges et de questions avec le conférencier — une formule à laquelle l’Institut de Locarn tient particulièrement et qui constitue, depuis des années, l’un des attraits de ses rendez-vous. Un cocktail clôturera la rencontre à 17h30.

Un parcours singulier dans les hautes sphères de l’État

Né en 1942 à Vichy, fils du préfet Jacques Juillet — qui fut directeur de cabinet de Pierre Mendès France — et neveu de Pierre Juillet, conseiller politique et éminence grise de Georges Pompidou, Alain Juillet appartient à cette génération de hauts fonctionnaires français pour lesquels les frontières entre l’industrie privée, l’appareil d’État et le renseignement sont restées poreuses. Officier des commandos parachutistes pendant cinq ans à sa sortie d’études, diplômé de Stanford, de l’Institut des hautes études de défense nationale et du Centre de perfectionnement aux affaires d’HEC, il fait l’essentiel de sa carrière dans l’agroalimentaire — Pernod Ricard, Suchard, Union laitière normande où il lance le camembert Cœur de Lion, Générale Ultra-Frais, France Champignon — avant d’être appelé en 2002 à la direction du renseignement de la DGSE par le pouvoir politique.

Il y reste un an, le temps de réorganiser le service, avant d’être chargé en 2003 d’installer en France une véritable politique d’intelligence économique au sein du Secrétariat général de la défense nationale. Cette mission, il l’exercera jusqu’en 2009 sous l’autorité de Matignon, alors dirigé par François Fillon. C’est sur ce dossier — la souveraineté économique et technologique française face aux appétits étrangers — que sa parole publique s’est forgée. Devant la commission d’enquête parlementaire de février 2018 consacrée à l’intelligence économique, il avait notamment dénoncé la cession d’Alstom à General Electric comme un cas d’école de la perte de contrôle française sur des secteurs stratégiques.

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Aujourd’hui président du Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE), animateur depuis 2017 de la chaîne YouTube Open Box TV, conférencier régulier à l’École nationale d’administration et à l’École nationale de la magistrature, il est devenu, à plus de 80 ans, l’un des analystes les plus écoutés du monde du renseignement et de la géopolitique appliquée aux affaires.

Une parole géopolitique à contre-courant

Alain Juillet n’a pas la langue dans sa poche, et c’est précisément ce qui fait sa réputation auprès d’un public qui s’élargit, ces dernières années, au-delà du cercle des cadres dirigeants et des étudiants en géopolitique. Membre du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) dirigé par Éric Denécé, et du cercle Geopragma animé par Caroline Galactéros, il défend une lecture du monde qu’on qualifiera ici de réaliste : celle d’un système international désormais multipolaire, dans lequel la prétention occidentale à dicter les règles du jeu se heurte à la puissance retrouvée d’autres pôles — Chine, Russie, Inde, monde arabo-musulman — et où la souveraineté des nations européennes face à Washington comme face à Bruxelles devient l’enjeu central des prochaines décennies.

Cette ligne lui a valu, depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, de vives critiques d’une partie de la presse, qui a reproché à ses analyses sur le conflit de coïncider parfois avec les positions de Moscou. Animateur d’une chronique géopolitique sur RT France entre février 2020 et janvier 2022, il avait pris ses distances avec la chaîne quelques semaines avant son interdiction. Le titre même de la conférence qu’il viendra donner à Locarn — Le crépuscule des faibles — annonce assez clairement la couleur : il s’agira de poser un diagnostic sur la place de l’Europe dans un monde où, selon le conférencier, les empires reprennent le pas sur les démocraties molles, et où les nations européennes, désarmées militairement, divisées politiquement, dépendantes énergétiquement, risquent fort de payer cher leur naïveté stratégique.

Pour les habitués de Locarn, le ton ne sera pas une surprise. L’Institut, fondé en 1991 par Joseph Le Bihan dans une ancienne ferme du Centre-Bretagne, accueille depuis trente ans des figures de la pensée libérale-conservatrice, de la stratégie d’entreprise et de la défense des identités régionales et nationales. Alain Juillet y trouvera un public attentif, exigeant, et probablement disposé à entendre une lecture de l’actualité qu’on n’entend ni sur France Inter ni dans les éditoriaux du Monde.

Une rencontre à ne pas manquer pour qui s’intéresse aux questions stratégiques

Alain Juillet reste l’un des très rares anciens responsables du renseignement français à accepter de débattre publiquement, à donner régulièrement des conférences ouvertes au grand public, à répondre aux questions sans filtre et sans service de communication. Sa connaissance des dossiers — qu’il s’agisse de la guerre économique, du fonctionnement réel des services de renseignement, des transferts de technologies ou des opérations d’influence — fait de chacune de ses interventions un document précieux pour qui veut comprendre les mécanismes du monde tel qu’il va.

Pour les lecteurs qui souhaiteraient s’y rendre, le rendez-vous est donc fixé au vendredi 29 mai 2026, à 15 heures, au Keréden, à Kerhunou, sur la commune de Locarn (22340), dans les Côtes-d’Armor. Une heure et demie de conférence, une heure d’échanges, et un cocktail de clôture pour prolonger la discussion : un format dont les habitués de l’Institut savent ce qu’il peut apporter à qui prend le temps du déplacement.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Conférence en Centre-Bretagne : l’ancien directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet attendu à Locarn le 29 mai”

  1. Ar Bardoz dit :

    Un oubli de taille dans le parcours d’Alain Juillet réalisé par « la rédaction de Breizh Info »…

    Alain Juillet est un des fondateurs de la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française, dont il a été le premier grand-maître, de 2012 à 2015.

  2. RAYMOND NEVEU dit :

    Degemer mat d’an oll. Beau pedigree de ce haut fonctionnaire qui a du vécu et qui sait de quoi il parle plus clairement il a une opinion basée sur l’expérience tout le contraire des brebis bêlantes du chefaillon comme Jean-Noël Crâne d’Obus ou le dhimi Nuñez…et tutti quanti! Les prévaricateurs de la République qui finissent au Conseil d’Etat, à la Cour des Comptes, Banque de France…comme si cela les protègera du retour de bâton après deux siècles.

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