Un clocher de 70 mètres posé au sommet d’un étroit plateau, visible à des kilomètres à la ronde, veillant sur une poignée de maisons. C’est le décor du Grand Pardon de Notre-Dame de Quelven, qui se tiendra les 14 et 15 août à Guern, dans le Morbihan. L’édition 2026 sera présidée par le père Yves-Marie Couët.
Le programme
Vendredi 14 août — Messe à 21 h, suivie de la procession aux flambeaux. C’est le moment le plus attendu des deux journées : la nuit tombant sur le plateau, les lumières mouvantes autour de la chapelle, une atmosphère que ceux qui l’ont vécue une fois reviennent chercher.
Samedi 15 août, fête de l’Assomption — Messe en breton à 9 h 30 ; grand-messe du Pardon à 11 h ; chapelet à 14 h ; célébration mariale à 15 h, suivie de la grande procession et du feu de joie, selon la tradition

Une chapelle qui a une histoire
Le lieu mérite qu’on s’y arrête, même sans intention de prière. L’existence d’une chapelle à cet emplacement est attestée dès 1401, dans le testament de Jeanne de Navarre, épouse en secondes noces de Jean Ier de Rohan, qui lui lègue 60 sols. En 1451, le pape Nicolas V accorde une indulgence au sanctuaire — décision qui déclenche l’afflux des pèlerins et, dans la foulée, l’intérêt des grandes familles nobles du pays.
La reconstruction commence vers 1470 sous l’impulsion des Rohan et de leurs vassaux, les Rimaison. Il en sort l’un des édifices les plus ambitieux et les plus novateurs du diocèse de Vannes à la fin du XVe siècle, dont le chantier entretient des rapports si étroits avec celui de la cathédrale de Vannes qu’un même atelier a pu être avancé pour les deux. L’essentiel est achevé vers 1590. S’ajouteront la Scala Sancta, cette loggia extérieure bâtie en 1738 pour les cérémonies de plein air, puis une sacristie polygonale en 1760.
Le 22 février 1837, la foudre abat la tour. Sa reconstruction occupera une bonne partie du siècle : première pierre en 1841, travaux interrompus faute de crédits, chantier finalement achevé en 1862 — et revu à la baisse, la flèche passant des 25 mètres prévus à 16.
Avant la Révolution, le grand pardon du 15 août rassemblait plusieurs milliers de fidèles venus de toute la Bretagne, et une foire se tenait le lendemain. Un bateau ex-voto du XVIIIe siècle, toujours exposé dans la chapelle, témoigne de la dévotion que lui portaient les marins de Riantec.
La Vierge ouvrante
C’est la pièce maîtresse, et l’une des rares de son espèce. Une Vierge à l’Enfant en bois polychrome du XVIe siècle, placée à gauche du chœur — sauf qu’elle s’ouvre. Le corps de la statue est évidé et abrite un triptyque de douze bas-reliefs consacrés à la Passion, à la Résurrection et au Jugement dernier.
Elle est l’une des trois Vierges ouvrantes conservées en Bretagne, et son secret avait fini par se perdre : longtemps prise pour une simple Vierge à l’Enfant, elle n’a été redécouverte qu’en 1895 par un conservateur des antiquités intrigué par des craquelures dans le bois. Elle est aujourd’hui exposée ouverte à l’occasion du Grand Pardon — raison supplémentaire de faire le déplacement ces deux jours-là plutôt qu’un autre.
Le reste du mobilier vaut également le regard : un bas-relief d’albâtre anglais du XVe siècle représentant le couronnement de la Vierge, un saint Georges terrassant le dragon en bois polychrome daté des environs de 1350, et un orgue baroque de la seconde moitié du XVIIe siècle, qui compte parmi les quinze orgues baroques de Bretagne.
Y aller
Quelven se situe sur la commune de Guern, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Pontivy. Le pays d’art et d’histoire des Rohan compte plus de 100 chapelles recensées ; celle-ci est la plus imposante, au point qu’on la surnomme parfois chapelle-basilique. Le pardon est ouvert à tous, pèlerins, familles, curieux de patrimoine. Rendez-vous les 14 et 15 août à Guern.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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