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Tout au long de sa carrière de dramaturge, de cinéaste puis d’écrivain, Marcel Pagnol (1895-1974) a célébré sa terre provençale. Il a réalisé plusieurs chefs d’œuvre du théâtre (Topaze, Marius, Fanny, César…), du cinéma (Regain, La Fille du puisatier, La femme du boulanger…) et de la littérature (La Gloire de mon père, Jean de Florette…). Grâce à l’impulsion de son petit-fils, toutes les œuvres de Marcel Pagnol sortent en bande dessinée. L’adaptation de Naïs est une grande réussite.

Toine, bossu, travaille comme ouvrier dans l’une des tuileries de l’Estaque, un quartier de Marseille. Il est secrètement amoureux de la belle Naïs Micoulin, qu’il côtoie depuis sa tendre enfance. A cause de son infirmité, il n’a jamais osé lui avouer ses sentiments… Mais lorsque Toine apprend qu’un aristocrate, le Duc de Lauzum, était bossu et grand séducteur, cela lui donne des idées… Lors d’un déplacement à Aix-en-Provence, Naïs revoit le jeune Frédéric Rostaing, un ami d’enfance riche et charmant qui avait osé l’embrasser il y a quelques années. Celui-ci donne l’illusion à ses parents d’être investi dans ses études, alors qu’il joue tard aux cartes et courtise les jeunes filles. Mais subjugué par la beauté de Naïs, il accepte de passer quelques jours de vacances avec ses parents dans une villa adjacente à la ferme des Micoulin, dont ils sont propriétaires. Mais Toine découvre qu’un amour naît entre Naïs et Frédéric. Le père de Naïs, tyrannique et violent, sombre alors dans une haine meurtrière…

Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, entretient sa mémoire. Après avoir édité en DVD ses films, persuadé que son grand-père aurait lui-même aimé adapter ses œuvres en bande dessinée, il est à l’origine de cette nouvelle collection déjà riche d’une vingtaine de titres.

A l’origine, Naïs est une œuvre littéraire d’Emile Zola publiée en 1877, que Marcel Pagnol adapte au cinéma en 1945, avec l’acteur Fernandel, en modifiant le dénouement pour créer une fin positive. L’analyse sociale d’Émile Zola rencontre ainsi la tendresse de Marcel Pagnol.

Le scénariste Éric Stoffel, né à Marseille, a récemment réalisé plusieurs scenarios de bandes dessinées historiques pour les éditions Plein Vent (Justes parmi les nations, Ligne Maginot, Lourdes une Histoire millénaire…). Il place Toine au centre du récit, mettant en lumière sa bonté et son sens du sacrifice. Autour de lui se noue une tragédie où l’idylle de Naïs et Frédéric se heurte à l’honneur blessé du père. Une nouvelle fois, il livre une adaptation fidèle. On retrouve la saveur des dialogues de Pagnol, la truculence de ses personnages et la richesse de la culture provençale.

David Ratte, né en 1970 à Besançon, créé dans son collège un fanzine et y publie ses premières planches. Il laisse inachevées des études d’architecte d’intérieur pour devenir à 17 ans dessinateur publicitaire, puis à 22 ans commercial dans le secteur de la métallurgie. Continuant à réaliser des planches pour le plaisir, il rencontre lors d’un festival, en 2004, Arleston, et dessine plusieurs récits courts pour Lanfeust Mag. En 2006 il créé la série Toxic Planet et reçoit en 2007 le Prix du meilleur album humour de l’année au festival de Chambéry. Il quitte son emploi de commercial en 2007 et crée alors la série Le Voyage des Pères (éditions Paquet) qui reçoit le Prix international de la BD chrétienne en 2008, ainsi que le prix du Jubilé en 2011. Parallèlement, entre 2009 et 2011, il illustre la série Majipoor (éditions Soleil) sur un scénario d’Olivier Jouvray.

Le dessin de David Ratte, d’une grande sensibilité, séduit par son trait chaleureux. Les personnages ont beaucoup d’expressivité et d’émotion dans le regard. Chacun est bien caractérisé. La couleur numérique, assurée par David Ratte et son fils, parvient à restituer la lumière provençale.

Naïs, Collection Marcel Pagnol, 72 pages, 16,90 euros. Editions Bamboo, Grand Angle.

Kristol Séhec.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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