Démarchage téléphonique : à partir du 11 août, c’est interdit sauf si vous avez dit oui

Publicité

97 % des Français jugent le démarchage commercial agaçant, selon un sondage UFC-Que Choisir. Environ trois quarts d’entre eux reçoivent au moins un appel non sollicité par semaine, beaucoup nettement davantage. À partir du mardi 11 août, la règle change du tout au tout : sans accord préalable explicite, un professionnel n’a plus le droit de vous appeler.

La loi, adoptée par le Parlement en mai 2025, entre enfin en vigueur. Elle enterre au passage le dispositif Bloctel, créé en 2016, qui reposait sur une logique inverse : c’était au particulier de s’inscrire sur une liste d’opposition pour tenter de faire cesser les appels. Faute d’inscription, une entreprise pouvait légalement composer votre numéro autant de fois qu’elle le souhaitait. Et les associations de consommateurs dénonçaient depuis des années le fait que certains centres d’appels ignoraient purement et simplement la liste.

À l’entreprise de prouver votre accord

Le renversement est le cœur du texte. Ce n’est plus au consommateur de se protéger, c’est au professionnel de démontrer qu’il a obtenu un feu vert. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes le résume ainsi : les entreprises ont désormais interdiction de contacter un consommateur sans son consentement préalable, lequel peut être retiré à tout instant.

Pour être valable, ce consentement doit remplir trois conditions. Il doit être actif : un silence ou une case pré-cochée ne suffisent plus, il faut un geste — cocher une case en magasin, signer un formulaire en ligne, dire oui à un enregistrement. Il doit être éclairé : le professionnel est tenu d’indiquer son identité, celle de l’entreprise qu’il représente, l’objet précis des appels envisagés et la durée de validité de l’accord, plafonnée à un an. Il doit enfin être révocable : vous pouvez le retirer quand vous voulez, y compris oralement en pleine conversation, et l’entreprise n’a plus le droit de vous recontacter ensuite.

Publicité

Détail qui a son importance : il est interdit d’appeler quelqu’un pour lui demander son consentement au démarchage. La boucle est fermée. Les professionnels devront par ailleurs conserver la preuve de votre accord pendant 3 ans et vous la fournir sur demande.

Les exceptions

Deux cas échappent à l’obligation de consentement préalable. D’abord l’exécution d’un contrat en cours : votre opérateur ou votre assureur peut vous appeler pour vous proposer un service complémentaire, une amélioration de prestation ou le renouvellement d’un abonnement. Ensuite la presse écrite : la prospection pour la vente de journaux, périodiques et magazines reste autorisée sans accord préalable, héritage du soutien historique de l’État au secteur.

À l’inverse, trois domaines demeurent totalement interdits au démarchage, même si vous y avez consenti : la rénovation énergétique, l’adaptation du logement pour les personnes âgées ou handicapées, et le compte personnel de formation. Ce sont les trois terrains de chasse privilégiés des arnaques de ces dernières années. Seule nuance : un professionnel peut vous rappeler dans les 5 jours ouvrables si vous avez vous-même sollicité un devis.

Quand le démarchage est autorisé, il reste encadré : du lundi au vendredi hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, avec un maximum de 4 appels par mois. Le professionnel doit raccrocher immédiatement si vous exprimez votre refus.

Des sanctions qui piquent

Le démarchage illicite expose à une amende pouvant atteindre 75 000 euros par appel pour une personne physique et 375 000 euros pour une entreprise, assortie d’une publication systématique de la sanction sur le site de la DGCCRF. En cas d’abus de faiblesse — le ciblage délibéré de personnes vulnérables —, le texte durcit encore la note : jusqu’à 5 ans de prison et 500 000 euros d’amende, ou 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen pour une société.

Le précédent existe déjà : une entreprise basée en Irlande a écopé l’an dernier de 6 millions d’euros d’amende pour avoir appelé des personnes inscrites sur Bloctel.

Les juristes des associations familiales, qui voient défiler les victimes, accueillent le texte avec un optimisme prudent. Clarence Verreckt, juriste en droit de la consommation à la Confédération syndicale des familles de Loire-Atlantique, souligne que des consommateurs souscrivent régulièrement des contrats sans le vouloir, sans même comprendre comment ils ont été démarchés. Elle juge le texte bien rédigé et protecteur — tout en réservant son jugement sur son application réelle.

L’onde de choc dépasse les frontières. Au Maroc, le ministre de l’Emploi Younes Sekkouri s’est alarmé dès le mois de mars : entre 40 000 et 50 000 emplois seraient menacés dans les centres d’appels du royaume, dont le marché français représente plus de 80 % du chiffre d’affaires du secteur. Une filière entière, largement bâtie sur la prospection téléphonique d’ultra mauvaise qualité, à destination des consommateurs français, se retrouve sans débouché principal.

La France n’innove pas pour autant. L’Allemagne applique une interdiction comparable depuis 2009. Les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni fonctionnent encore sur le modèle de la liste d’opposition — modèle que la France vient précisément d’abandonner. Outre-Manche, une société qui appelle une personne inscrite sur la liste risque jusqu’à 500 000 livres par appel.

Si le téléphone sonne malgré tout après le 11 août : signalez l’appel sur la plateforme SignalConso, exigez la suppression de vos données auprès de l’entreprise, et conservez les preuves — numéro appelant, date et heure.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2026, dépêches rédigée par la rédaction de breizh-info.com, parfois avec l’aide d’une Intelligence artificielle (correction, mise en forme). Dépêche libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

5 réponses à “Démarchage téléphonique : à partir du 11 août, c’est interdit sauf si vous avez dit oui”

  1. JC.P dit :

    Le meilleur et plus plus complet des articles sur ce fléau du démarchage telephonique

  2. Témoin infiltré dit :

    On verra je crois qu’en ce que je vois…. que vont faire les amis (étrangers) de nos politiques qui essaiment leurs centres d’appels en France ?
    .
    Une enquête très instructive faite et refaite sans que personne ne s’y soit intéressé.
    .
    Ces étrangers à la tête des centres d’appels se sont vus offrir des ponts d’or, terrain et locaux gratis, des fichiers clients qui partaient sur leurs centres d’appel dans leurs pays d’origine, des RGPD jamais respectés (ni pour le client ni pour l’employé), Pole Emploi qui détachait des agents administratifs comme assistants permanents des DRH incompétents des centres, plus d’une décennie d’abus de biens sociaux (le centre embauchait pour un contrat précaire, virait le personnel pour trois mois, le réemployait, pendant des années comme ça juste pour ne pas signer de CDI, contourner la loi, et ne pas avoir la charge du salarié dans les périodes creuses) .
    .
    Ne me dites pas que nous ne sommes qu’une poignée à avoir enquêté, avoir collecté des données, infos, dossiers, témoignages, et que l’administration, les SYNDICATS COMPLICES, la force publique ignore tout de ces années de détournements de fonds publics pour des intérêts étrangers parfaitement identifiés et documentés (tiens je repense à la Ceuta) .
    .
    Même l’audiovisuel public a été mis à contribution pour faire la promo de chaque centre d’appel étranger construit en France, assurer la pub des campagnes de recrutements etc…
    .
    Je vous laisse reprendre la chaine immense de complices allant du politichien à nombre de branches administratives et de syndicats complices , qui sont de facto impliqués dans ce mic mac .
    .
    La seule zone d’ombre pas encore étudiée est le volet financier final, à qui profite le crime.
    .
    Je ne parle même pas du système interne, il y a tout autant à en dire, c’est digne d’un film !
    .
    On notera que malgré les signalements systématiques à Bloctel et autres plateformes en .gouv pendant plus de dix ans, aucun plaignant n’a jamais vu de sanction en réponse de ses plaintes, ni même d’arrêt du harcèlement téléphonique.
    C’est bizarre d’avoir une législation mais jamais de sanction n’est-ce pas ^^

  3. RAYMOND NEVEU dit :

    Chaque semaine du mois de juillet j’ai été informé que mon certificat de remboursement de la mutuelle ou moutouelle allait me parvenir…je n’en sais pas plus car je mets un terme à l’appel.

  4. Michel C. dit :

    D’accord avec témoin infiltré. Inscrit sur bloctel et aucun résultat. Mon téléphone bloque les spams mais pas les numéros privés.

  5. subsidized Inhumanity Fest dit :

    Le citoyen est bien protégé, même si cette loi exempte soigneusement de cette interdiction :
    – les partis politiques
    – le recouvrement de dettes
    – les associations.
    .
    Je prépare dors et déjà les arguments acides pour les dites associations, on va bien rigoler puisque chacun peut télécharger les CSV de l’intérieur.gouv des associations, leurs subventions publiques et raison sociale .
    .
    (plus de 40% d’associations étrangères en France, « les joueurs de djembé marocain et autres délires d’ingérence extérieure et intérieure subventionnés, délirant)

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

gilets-jaunes-cons-gantzer

A La Une, Sociétal

Le plein à plus de 2 € le litre, les milliards pour Kiev, le mépris pour vous [Tribune libre]

DINARD

Pleurtuit : la fermeture définitive du camping de l’Estuaire votée, une pétition lancée

Culture, Culture & Patrimoine

Heart Of The Beast, Garance, Primetime, Raison et sentiments, Les Roches Rouges, Les Éléphants dans la brume, Her Private Hell : la sélection cinéma hebdo

Culture & Patrimoine, Patrimoine

De Dol-de-Bretagne à Edimbourg : l’incroyable destin de la Grande Rue des Stuarts

Pape, immigration, Europe : Lampedusa ou l’aveuglement des élites

Religion

« Souffrances et espérance de l’Église en France » : le rapport choc de l’ECLJ avant la visite de Léon XIV

Culture & Patrimoine, Patrimoine

Au fort la Latte, les guerres de Religion revivent sous le soleil des Journées du patrimoine

Galette_saucisse_1

Immigration, Sociétal, Société, Tribune libre

Affaire « Joëlle la crêpière de Gomené » : chronique d’une catastrophe annoncée [L’Agora]

Animaux

Chiens âgés : les bons réflexes pour accompagner son compagnon senior

Sport

Bretagne : des initiations gratuites au golf ouvertes à tous jusqu’au 18 octobre

Santé

Cancer du pancréas : la glutamine associée à la chimiothérapie, une piste prometteuse issue d’un essai américain

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Ceuta : le Parlement européen qualifie l’entrée massive de juillet d’« invasion » et de « guerre hybride », double camouflet pour Pedro Sánchez

Découvrir l'article

A La Une, International

Quand l’immigration devient une arme : Erdoğan, Loukachenko, le Maroc… et l’Europe qui refuse de nommer la guerre hybride

Découvrir l'article

International

De la « régénération » à Ceuta : les 8 années de Pedro Sánchez qui ont mené l’Espagne au chaos

Découvrir l'article

International

Espagne. À Ceuta, la révolte d’une ville frontière abandonnée face à l’immigration massive

Découvrir l'article

International

Ceuta, le gouvernement espagnol avait été averti de l’invasion

Découvrir l'article

International

L’Afrique réelle n°201. Bernard Lugan décrypte la crise de Ceuta et la guerre ethnique au Mali

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine

Apprendre le breton : Roudour ouvre ses inscriptions pour la rentrée

Découvrir l'article

A La Une, International

Ceuta : 15 plaintes pour viol depuis l’entrée massive de juillet, 5 reconnues par Madrid

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

Le réel finit toujours par présenter l’addition

Découvrir l'article

Immigration, International

A Ceuta les jeunes Marocains veulent se faire néo-coloniser (et la Gauche ne l’accepte pas)

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.