Belfast : une chanson pro-IRA diffusée par un stand du Fleadh, les loyalistes exigent des sanctions

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Le 2 août dernier, devant l’hôtel de ville de Belfast, la lord-maire Róis-Máire Donnelly ouvrait un événement que la capitale nord-irlandaise n’avait jamais accueilli : le Fleadh Cheoil na hÉireann, plus grand rassemblement mondial de musique traditionnelle irlandaise. Organisé depuis 1951 par le Comhaltas Ceoltóirí Éireann, qui fête cette année ses 75 ans, le Fleadh n’était venu qu’une seule fois en Irlande du Nord, à Derry en 2013. Huit jours de concours — plus de 180 catégories —, de sessions de pub, de concerts et de céilís, avec 800 000 visiteurs attendus, chiffre déjà dépassé en milieu de semaine et une fréquentation du centre-ville en hausse de 95 %.

Le slogan retenu était « Celebrating Together ». Sur le parvis de la City Hall, la Première ministre Michelle O’Neill (Sinn Féin) avait salué un événement destiné à tous ceux qui font de ce territoire leur foyer, tandis que la vice-Première ministre Emma Little-Pengelly (DUP) invitait les visiteurs à écouter et à découvrir, affirmant que la culture n’avait pas vocation à diviser. Dans le Belfast Telegraph, un chroniqueur élevé dans la tradition protestante et unioniste décrivait sa découverte du Fleadh comme une révélation.

C’est cet équilibre-là, patiemment construit, qu’une playlist mal choisie est venue heurter.

Un haut-parleur, une file d’attente, une vidéo

Le 5 août, une vidéo se met à circuler en ligne. On y voit — et surtout on y entend — un stand de restauration du village officiel Food and Drink diffuser une chanson pro-IRA depuis ses haut-parleurs, devant une file d’attente de clients, familles et enfants compris. Le commerce concerné est The Hatch, qui exploite des points de vente à Newcastle et Banbridge.

Le morceau incriminé serait Celtic Symphony, des Wolfe Tones. Écrite en 1987 pour le centenaire du Celtic Glasgow, la chanson comporte un refrain scandant un soutien explicite à l’IRA. Elle traîne depuis derrière elle une longue série de polémiques : en 2022, l’équipe féminine d’Irlande l’avait entonnée dans son vestiaire après sa qualification pour la Coupe du monde, obligeant la fédération irlandaise à présenter des excuses publiques et déclenchant une enquête.

Le commerçant, lui, plaide l’accident et ne discute pas les faits. Ses responsables se disent absolument atterrés après avoir visionné la séquence, expliquent qu’ils diffusaient une playlist estampillée Fleadh dans laquelle figurait le titre, présentent leurs excuses pour l’offense causée et disent redouter par-dessus tout que cette erreur ne serve à alimenter des tensions.

La plainte loyaliste

Le groupe loyaliste Let’s Talk Loyalism a déposé une plainte formelle auprès des organisateurs. Il demande que le commerçant soit identifié à partir des images et des registres commerciaux de l’événement, qu’une enquête soit ouverte immédiatement, que sa licence lui soit retirée, et que les organisateurs condamnent publiquement l’incident.

Le groupe rappelle que la chanson glorifie une organisation qui a bombardé Belfast de manière indiscriminée pendant des décennies, dans une ville où des habitants ont enterré leurs parents, leurs enfants, leurs conjoints, et où des survivants vivent encore avec les blessures et les traumatismes. Pour ceux-là, poursuit le texte, ce morceau constitue une célébration publique de l’organisation qui a détruit leur vie — diffusée lors d’un événement présenté comme familial, en plein centre-ville, depuis un stand exploité sous licence municipale.

Le second volet de l’argument vise l’événement lui-même. Le Fleadh est venu à Belfast en promettant une célébration partagée, ouverte à tous, et une partie des communautés britannique, unioniste et protestante a pris cette promesse au sérieux : elles ont accueilli la manifestation, y ont assisté, y ont parfois participé. Le Comhaltas revendique une éthique inclusive, sans distinction d’origine, de religion ou de capacité. Si l’incident reste sans réponse, avertit le groupe, s’installera l’idée que le Fleadh s’accommode de la célébration du républicanisme le plus dur — et son identité d’espace inclusif s’en trouvera compromise. La formule qui conclut la plainte est la plus dure : le silence ne serait pas de la neutralité, il serait une confirmation.

La réponse municipale

Belfast City Council a réagi sans nommer le commerçant ni évoquer la moindre sanction. Un porte-parole indique que la municipalité a eu connaissance de la vidéo et s’est entretenue avec les exploitants du village officiel Food and Drink afin de rappeler à l’ensemble des commerçants que le Fleadh est un événement accueillant et inclusif pour tous. L’incident, précise-t-il, ne reflète pas l’éthique de la manifestation, et la ville ne soutient aucun comportement ni aucune musique susceptible de causer une offense ou une intimidation. Suit une invitation générale au respect mutuel.

C’est-à-dire précisément ce que la plainte anticipait : un rappel à l’ordre collectif, sans condamnation nominative ni retrait de licence.

L’affaire est minuscule à l’échelle d’une semaine qui aura vu défiler plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues de Belfast, et le commerçant est très probablement de bonne foi : les playlists « spécial Fleadh » qui circulent en ligne mélangent allègrement répertoire traditionnel et chansons rebelles, et il faut connaître le contexte local pour repérer la différence.

Mais c’est exactement le point. Trente-deux ans après les cessez-le-feu et vingt-huit ans après l’accord du Vendredi saint, la musique reste en Irlande du Nord un marqueur d’appartenance avant d’être un divertissement, et une bande-son téléchargée sans y penser suffit à rappeler que le partage culturel s’y construit à la note près. Le Fleadh de Belfast avait précisément pour ambition de démontrer le contraire. Il lui reste, à l’heure où nous écrivons, quelques jours pour le prouver : la manifestation se referme ce dimanche 9 août.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

 

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Une réponse à “Belfast : une chanson pro-IRA diffusée par un stand du Fleadh, les loyalistes exigent des sanctions”

  1. dupuy le doublet dit :

    Bravo, il y a encore de vrais hommes en Irlande. Vive la réunification de l’Irlande, nous n’aurons pas oeuvré en vain. Rosbifs go home ! Erin go bragh !

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