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Une cheville tordue, un gonflement qui disparaît, et l’affaire semble classée. Sauf que six mois plus tard surviennent des douleurs lombaires, une gêne à rester assis ou debout, parfois des tensions dans la nuque et les épaules. Ce qui ressemblait à une blessure bénigne a modifié la façon de marcher — et la mécanique du corps entier en subit les conséquences.
Le cas est banal, ce qui le rend intéressant. Une jeune femme se fait une entorse, attend que ça dégonfle, reprend sa vie normale. Six mois passent. Apparaissent alors des raideurs dans le bas du dos, un inconfort lors des stations prolongées, puis des douleurs cervicales. L’exercice physique n’y change presque rien. Personne ne fait le lien avec la cheville.
L’effet de compensation
Le principe est simple. Quand la douleur ou l’instabilité modifie la démarche, les autres articulations prennent le relais. Genoux, hanches, bas du dos, jusqu’à la nuque et aux épaules encaissent des contraintes pour lesquelles ils ne sont pas prévus. À la longue, des douleurs apparaissent, loin du point d’origine.
Le praticien cite un adage de la médecine chinoise : « bouge un cheveu, et le corps entier s’en ressent ».
Quand une blessure de cheville ne guérit toujours pas au bout de six mois ou d’un an, la cause est le plus souvent un défaut d’alignement musculo-squelettique, estime-t-il. Un alignement correct répartit les forces de manière homogène dans l’articulation ; à défaut, la gêne se rappelle à chaque pas.
Il évoque le cas d’un patient immobilisé par un plâtre : une fois celui-ci retiré, os et tissus mous environnants nécessitaient encore un travail d’ajustement avant que la guérison soit complète.
Certaines subluxations discrètes de la cheville n’apparaissent pas nettement à la radiographie ; la palpation devient alors nécessaire. La méthode consiste à comparer les deux côtés à deux mains. Zones sensibles, tensions ou tissu cicatriciel peuvent signaler une récupération incomplète.
Pourquoi on se refait une entorse
C’est l’un des points les plus utiles de son propos : les entorses à répétition s’expliquent largement par d’anciennes blessures mal guéries.
Quand la cheville reste instable, le corps compense — en développant du tissu cicatriciel supplémentaire et en modifiant ses schémas de mouvement pour soutenir l’articulation. Ce tissu supplémentaire stabilise un peu, mais il ne fait pas partie de la structure normale de la cheville et ne supporte pas correctement le point de contrainte. Résultat : l’articulation se tord d’autant plus facilement, au sport comme dans la vie quotidienne.
La prévention passe par les hanches et le tronc
Les praticiens recommandent le travail de force et d’équilibre : gainage, squats, fentes, appuis sur une jambe, montées sur pointes. L’objectif est de renforcer le tronc, les hanches, les jambes, les chevilles et les pieds. Des muscles forts et souples permettent aussi une réaction plus rapide lorsque le pied part de travers.
Cette approche rejoint une revue publiée en 2020 dans le British Journal of Sports Medicine : les personnes sujettes aux entorses récidivantes et à un sentiment d’instabilité présentent souvent des groupes musculaires du membre inférieur affaiblis. Le problème ne se limite pas à la cheville, mais concerne l’ensemble de la chaîne cinétique. La rééducation doit donc englober les muscles des hanches et des jambes, et pas seulement l’articulation blessée.
Que faire dans l’immédiat
Sur Epoch Times, le Dr Chen Chau-Lung préconise le protocole anglo-saxon P.R.I.C.E. : protéger, mettre au repos, glacer, comprimer, surélever.
Il insiste particulièrement sur la compression et l’immobilisation, qui stabilisent l’articulation et réduisent la douleur. Une ceinture, un bandage triangulaire, n’importe quel tissu enroulé autour de la cheville feront l’affaire : empêcher l’articulation de vaciller, dit-il, c’est déjà la moitié du travail.
Consulter sans attendre si la marche est difficile, en cas de rougeur et de gonflement importants, de chaleur locale douloureuse ou d’hématome sous-cutané — autant de signes pouvant révéler une lésion osseuse ou des tissus profonds.
Côté délais, hors fracture, une entorse ordinaire devrait récupérer à plus de 80 % en quatre à six semaines. Si des os voisins du pied ou de la cheville sont concernés, comptez huit à douze semaines. Sauf luxation sévère ou fracture, la chirurgie n’est généralement pas nécessaire, l’immobilisation et les traitements conservateurs suffisant le plus souvent.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de douleur persistante après une entorse, consultez un médecin ou un kinésithérapeute.
2 réponses à “Santé. Pourquoi une entorse de la cheville mal soignée peut dérégler tout le corps”
Et l’ostéopathie pour remettre l’articulation de la cheville dans son cadre fonctionnel….
Bon l’excellent docteur Brounahans l’Alsaco il est où? Ad Patres? Il faut ouvrir une chapelle ardente avec tous ceux qui disparaissent! Et faire célébrer des messes, des vraies pas des bêlements gazeux sauce Vatican 2. Même avec un évêque excommunié!