L’histoire est incroyable et préfigure, hélas, les enjeux politiques et sociétaux des prochaines décennies : Joëlle Dambo et son mari tiennent une crêperie à Gomené dans les Côtes d’Armor, non loin de Loudéac. Cette crêperie est le seul commerce du village et il est décoré de Gwenn-ha-du et de symboles bretons.
Passionnée par son métier Joëlle Dambo participe à divers concours et remporte en juin dernier « Le Meilleur de la crêpe » sur France Télévisions.
Malheureusement, ce succès la met sur le devant de la scène et sa couleur de peau (elle est noire) fait sortir du bois tout ce que la France compte de rancoeur. Une Noire qui remporte un concours de crêpes, c’est forcément un nouveau signe du wokisme ambiant, elle a été favorisée, etc… Bref, alors que l’identité bretonne avait, ici, joué son rôle intégrateur (Joëlle Dambo était devenue « Joëlle la crêpière » et entendait se « bretonniser » par activité professionnelle, mariage, marinière et Gwenn-ha-du interposés), une meute d’esprits chagrins lui est tombé dessus avec des messages aussi racistes qu’imbéciles. Pourquoi s’en prendre ainsi à une petite-fille de militaire qui a choisi la Bretagne et l’identité bretonne ? L’ennemi c’est bien celui qui veut imposer une autre culture, une autre religion et un autre mode de vie à la Bretagne et non celui qui adopte le breton way of life !
Joëlle « la crêpière » Dambo se révolte, poste des messages sur les réseaux sociaux pour dénoncer la meute et annonce qu’elle porte plainte. A cette heure, on ne peut qu’être derrière elle.
Malheureusement, la belle histoire va aller trop loin. Sur ses posts Facebook, Joëlle Dambo commence à dénoncer le « silence » (selon elle) des élus locaux : le maire de sa commune, un certain Mickaël Leveau, le député de la circonscription Corentin Le Fur, et, bizarrement, la maire de la commune voisine, nouvellement élue.
Petit à petit, le courroux de Joëlle la crêpière glisse vers Mickaël Leveau, paisible comptable, fils d’ouvrier, marié, père de famille, plutôt orienté à gauche (d’ailleurs noté DVG par la préfecture) et maire de la commune depuis 18 ans. A noter que Joëlle la crêpière est gérante de l’établissement dont la mairie est propriétaire.
Le 19 juillet dernier, Joëlle Dambo organise un rassemblement de soutien et « contre le racisme » devant sa crêperie. Depuis quelques jours, elle multiplie les messages sur les réseaux sociaux et le dernier est clairement dirigé contre Mickaël Leveau l’accusant de toute une série de choses invérifiables qui pourraient se résumer ainsi : « malgré de multiples actes racistes contre elle et d’autres à Gomené, le maire ne fait rien ». Tout se mélange. Le crescendo des derniers jours paraît déboucher sur un règlement de compte en règle. Contre Mickaël Leveau d’abord mais également, en creux, contre une bonne partie de la commune, des élus, il est question du « marché dans le bourg », etc… Tout est brassé allégrement. Vieux dossiers n’ayant rien à voir avec la question première du « racisme ». Pourtant, quand Joëlle Dambo et son mari ont repris la crêperie en gérance il y a quelques années, leur arrivée avait suscité de l’espoir à Gomené. Mais la belle histoire avait fini par se fissurer.
Breizh-Info mène l’enquête et il apparaît que la municipalité et la crêpière ne filent pas le parfait amour depuis quelques temps. Différents commerciaux, incompatibilité d’humeur, Joëlle la crêpière est, apparemment, doté d’un solide caractère assorti de demandes et d’exigences qui froissent parfois la population locale et la municipalité.
Et le 19 juillet, 200 personnes se réunissent devant la crêperie. Parmi eux, peu d’habitants de Gomené. La dénonciation initiale de « racisme » a viré à la chasse à cour anti-Leveau. Circonstance aggravante : Le conseil municipal a voulu, peut-être maladroitement, interdire la manifestation pour risque de troubles à l’ordre public. Il est vrai que, étrangeté dans l’étrangeté, le « rassemblement citoyen » avait été, au départ, organisé par l’association SpaVer – Spondylarthrite, Polyarthrite et Maladie de Verneuil dont l’objet premier n’est pas vraiment d’organiser des évènements de soutien à une crêpière victime de racisme. La mairie réaffirme sa position de soutien à Joëlle la Crêpière en ces termes… :
Monsieur le Maire et l’équipe municipale informent qu’ils ont exprimé leur soutien à Joëlle dès qu’ils ont eu connaissance des propos racistes dont elle a été victime. Ils condamnent une nouvelle fois, avec la plus grande fermeté, ces actes et réaffirment leur attachement aux valeurs de respect, d’égalité et de vivre-ensemble.
…mais craint des débordements tant les esprits se sont échauffés via les réseaux sociaux.
Joëlle Dambo, quant à elle, maintient le rassemblement qui, pourtant, avait été interdit par décision municipale. Finalement, il n’y aura aucun incident.
Mais le plus grave n’est pas là. Sur internet s’est levé une autre meute : la meute du Camp du Bien. Tout est déformé. Joëlle La Crêpière n’est plus victime de messages malveillants de types planqués derrière leur ordinateur à l’autre bout de la France mais… du maire Mickaël Leveau (ce qui est faux bien entendu) qui est insulté, traîné dans la boue, menacé, traité publiquement de « raciste » sans jamais avoir prononcé la moindre parole en ce sens. Mais c’est une avalanche. Rien ne peut plus l’arrêter. Même l’emblématique Bally Bakayoko, maire LFI de Saint-Denis, apporte son soutien à Joëlle Dambo alors que la meute des antifas de Bretagne, France et Navarre a trouvé son nouvel os à ronger de l’été.
Une meute de chiens de Pavlov qui ne comprennent rien à rien a remplacé une autre meute de chiens de Kafka.
Joëlle la crêpière aurait pu appeler à plus de discernement, à ne pas s’en prendre de cette façon aux élus de Gomené, notamment le maire, mais les passages médias s’enchaînent. On parle d’elle partout. Elle reçoit des messages de soutien du monde entier.
Le maire de Gomené, victime collatérale de l’histoire, est lui bien seul. Il fini par porter plainte. Des habitants de Gomené publient des lettres de soutien sur les réseaux mais la meute des bonnes âmes du Camp du Bien n’en a cure. Il faut trouver un bouc émissaire, ce sera lui ! Des députés comme Damien Girard laisse des messages de soutien à Joëlle la Crêpière mais ne se préoccupe absolument pas du maire qui, en victime expiatoire, subit tout ce qui est possible de subir. Selon certains messages d’antifas bretons, il est même devenu « un parisien qui s’est installé en Bretagne » (renseignement pris : Mickaël Leveau a toujours habité soit Gomené soit la commune voisine et vient d’une vieille famille gomenéenne). Mais il faut salir, couvrir d’insultes le « raciste », le « lâche ». Car certains prennent l’affaire en route et pensent que Joëlle la Crêpière a été victime de racisme de la part de la mairie.
La Ligue des Droits de l’Homme arrive dans la mêlée, porte plainte à son tour. Le journal local feuilletonne allégrement sur l’affaire.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’avalanche n’est toujours pas arrivée à son terme. La meute LFistes, antifas et compagnie a trouvé un fasciste imaginaire à Gomené et elle entend bien ne pas le lâcher. A Gomené, la population est navrée de la tournure qu’a pris cette affaire. La sympathique crêpière victime de racisme des débuts n’est plus aussi sympathique et, une fois que les micros se seront éloignés et que la meute du camp du bien aura trouvé un nouveau lapin à poursuivre, pas sûr que cette histoire lui soit favorable. Car ce ne sera pas le comité antifa de Valenciennes qui viendra manger à la crêperie des légendes, place de l’église, à Gomené un 14 novembre en soirée. La sympathique crêpière du départ « en fait un peu trop ». Devenue star des réseaux sociaux et des médias, son histoire ressemble à un story telling avec de sérieux trous : ayant dénoncé le « silence » et « l’inaction » du maire de sa commune face à la meute, elle l’a indirectement livré à une autre meute tout aussi fanatique et haineuse. Et, ici, « Joëlle la crêpière » ne brille pas par son interventionnisme pour calmer ses partisans les plus agités et insultants.
Mais le plus révoltant de l’affaire est l’attitude des antifas et autres petits soldats du Camp du Bien. Alors que « l’ancienne gauche » aurait fait preuve de discernement, aurait cherché à défendre un petit maire issu des classes populaires rurales tout en dénonçant le racisme, la « nouvelle gauche » le livre aux chiens de Kafka sans le moindre état d’âme. Certains messages parlent de la lutte contre le racisme comme étant « le combat principal à mener pour la Gauche ». Enterré la réforme des retraites, le pouvoir d’achat, la désertification rurale, les déserts médicaux, les problèmes de logement, la Gauche ne s’enthousiasme que pour la question du racisme, les classes populaires « de souche » étant suspectes par nature et coupables par origine. Pour cette gauche, il n’y a pas la place pour la moindre forme de nuance. Blanc ou noir. Si Joëlle Gambo a été victime de racisme, une victime expiatoire doit être trouvée et Mickaël Leveau, Breton moyen, blanc, de plus de 50 ans, fera parfaitement l’affaire.
Le mécanisme qui s’est mis en place rappelle celui qu’a connu Samuel Patty. Sur la toile, certains excités qui découvrent l’histoire pensent que c’est le maire qui a envoyé des messages racistes à la crêpière.
La mécanique du drame est effrayante. Il suffit qu’un excité plus excité que le troupeau d’excités se croit investi d’une mission pour que le l’irréparable arrive.
Le pire est que les plus acharnés du Camp du Bien ne sont pas des personnes de couleur. Non, ce sont d’indécrottables gauchistes bien blancs, baffrés d’ethnomasochisme et de bons sentiments mâtinés d’amour fou envers l’Autre.
Comment cette affaire va-t-elle s’éteindre ? Par un drame ou à petit feu ?
Elle est, avant tout, révélatrice d’une France où deux populations ne peuvent plus se parler, ne peuvent plus vivre ensemble. Où la question du « racisme » avéré ou fantasmé va structurer la prochaine présidentielle. Où la Gauche blanche et en pleine décadence dans les urnes est prête a sacrifier sa propre population sur cette question devenu son seul credo.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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