Pourquoi les moustiques vous piquent-ils plus que les autres ? La science répond

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À chaque été son rituel : autour de la table de jardin, certains repartent couverts de boutons quand leurs voisins, eux, n’ont pas été inquiétés. Ce n’est pas une question de malchance, mais de chimie. Depuis une dizaine d’années, les chercheurs ont méthodiquement identifié ce qui transforme certaines personnes en aimants à moustiques, et la fameuse légende du « sang sucré » n’y est pour rien.

Comment les moustiques repèrent leurs proies

Les moustiques ne choisissent pas leurs victimes au hasard. Leur traque commence à distance, avec le souffle de leur cible. Le dioxyde de carbone que nous expirons fait office de signal longue portée : selon Jeff Riffell, biologiste et professeur à l’université de Washington interrogé par The Epoch Times, l’insecte peut le détecter à une centaine de mètres. Ce premier indice signale simplement la présence d’un mammifère à sang chaud dans les environs.

Pour cibler une personne précise, le moustique combine ensuite plusieurs sens. Une étude publiée dans la revue Cell en 2014 a montré que le dioxyde de carbone, l’odeur corporelle et la chaleur du corps agissent de concert pour guider l’insecte. Des moustiques génétiquement modifiés, incapables de détecter le CO2, restaient attirés par l’humain, preuve que ce gaz n’est qu’un facteur parmi d’autres. À mesure qu’il approche, l’insecte mobilise aussi sa vision et sa sensibilité à la chaleur. Mais à courte distance, c’est l’odeur de la peau qui devient déterminante — une odeur que nous ne percevons pas, mais qui, pour le moustique, évoquerait quelque chose comme du fromage de Limburger.

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Ce qui fait de vous un aimant à moustiques

Le principal coupable porte un nom : les acides carboxyliques. Deux études, parues dans Cell en 2022 et dans Current Biology en 2023, ont établi que les personnes les plus attractives pour les moustiques présentent des niveaux élevés de ces molécules sur la peau. Les acides carboxyliques sont produits lorsque les bactéries cutanées dégradent les composés présents dans la sueur et le sébum.

Détail troublant : cette signature olfactive reste remarquablement stable dans le temps. Si vous attirez les moustiques aujourd’hui, vous les attiriez probablement il y a dix ans et continuerez demain. Deux personnes peuvent par ailleurs être l’une et l’autre des aimants à moustiques tout en émettant des acides carboxyliques de natures différentes.

Le tableau ne s’arrête pas là. Une synthèse publiée dans Frontiers in Microbiology en 2020 souligne le rôle central du microbiome cutané, cet écosystème de bactéries et de champignons qui peuple notre peau. Comme l’explique Katie Costanza, de l’université Canisius, ces micro-organismes transforment les composés de la peau en substances secondaires libérées dans l’air et détectées par les moustiques. Ce microbiome se façonne au fil du temps, au gré de l’environnement et du mode de vie de chacun. Chez certains, plusieurs facteurs se conjuguent en une véritable tempête parfaite : production de chaleur plus élevée, expiration de davantage de CO2, émission de certains composés volatils en plus grande quantité.

Bière, bananes et grossesse : les facteurs aggravants

Au-delà de la chimie de la peau, quelques éléments peuvent faire pencher la balance. L’alimentation, d’abord. Une étude parue dans PLOS One en 2010 a constaté que la consommation de bière augmentait l’attractivité pour les moustiques, sans pour autant modifier le taux de CO2 ou la température corporelle. L’alcool accroîtrait le flux sanguin et la transpiration. À ce jour, seul l’effet de la bière a été documenté : on ignore si le vin ou les spiritueux produisent le même résultat.

Côté nourriture, une étude publiée dans Insects en 2018 a montré que manger des bananes rendait les sujets plus attirants pour les moustiques vecteurs du paludisme, là où le raisin n’avait aucun effet. Enfin, la grossesse constitue un facteur bien établi : les femmes enceintes sont environ deux fois plus attractives que les autres, les bouleversements hormonaux modifiant la sudation, la production de sébum et l’équilibre bactérien de la peau.

Peut-on devenir invisible aux moustiques ?

Mauvaise nouvelle pour les aimants à moustiques : impossible de changer sa chimie corporelle naturelle. Il reste toutefois des moyens de se rendre plus difficile à détecter.

Le DEET demeure, selon Jeff Riffell, la solution la plus efficace et sans doute la plus sûre, testée depuis soixante-dix ans et compatible avec la grossesse : il rend tout bonnement l’humain invisible à l’insecte. Les vêtements traités à la perméthrine tuent les moustiques au contact. La citronnelle et l’huile d’eucalyptus fonctionnent aussi, mais s’estompent plus vite que le DEET. Couvrir la peau exposée, en particulier les pieds et les chevilles dont l’odeur est plus marquée, limite les piqûres. Les insectes préférant les couleurs sombres, mieux vaut s’habiller clair.

Quelques astuces complètent l’arsenal : les moustiques étant de piètres voiliers, un simple ventilateur les tient à distance. Chasser les moustiques d’un revers de main fonctionne également, car ils sont capables d’apprendre et iront importuner le voisin qui ne se débat pas. Des produits de soin sans parfum évitent de perturber son profil olfactif, et il faut surtout supprimer les eaux stagnantes — seaux, gouttières, soucoupes de pots de fleurs — où ils prolifèrent.

À plus long terme, la science pourrait offrir de nouvelles armes : crèmes capables de modifier le microbiome cutané, ou moustiques génétiquement privés de leur odorat. En attendant, pour les éternelles victimes du jardin, la meilleure stratégie reste de passer sous le radar.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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