Mortalité brutale dans certains élevages, baisse de la ponte, œufs plus petits : les fortes chaleurs de cet été affectent désormais directement la production française d’œufs, particulièrement en Bretagne. Si les professionnels écartent pour l’heure le scénario d’une pénurie généralisée dans les rayons, ils constatent déjà une baisse des volumes et s’inquiètent désormais du coût futur de l’alimentation animale.
Dans le Finistère, certains élevages ont subi des pertes spectaculaires. Mickaël Pont, qui élève 6 000 poules pondeuses biologiques, rapporte à France 3 Bretagne des mortalités allant « jusqu’à 50 % de poules mortes dans certains bâtiments sur une nuit ». Un cas extrême qui ne saurait toutefois être extrapolé à l’ensemble de la filière.
Selon les professionnels interrogés par France 3 Bretagne le 12 août, les pertes liées aux fortes chaleurs représenteraient désormais entre 1,5 et 2 % du cheptel et de la production nationale d’œufs. La Bretagne, première région française pour cette production, est particulièrement exposée.
Jusqu’à un million d’œufs en moins chaque jour
La chaleur ne provoque pas seulement une surmortalité. Elle affecte également la ponte. Les poules réduisent leur consommation d’aliments, produisent moins d’œufs et ceux-ci peuvent être plus petits ou présenter des coquilles fragilisées.
Des travaux expérimentaux montrent qu’une exposition continue à 32 °C, contre 22 °C dans les conditions de référence, peut entraîner une baisse de production comprise entre 15 et 30 %. Dans l’élevage de Mickaël Pont, la diminution atteint 25 % depuis début juin.
Yves-Marie Beaudet, président du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), estime auprès de France 3 Bretagne qu’environ un million d’œufs ne sont actuellement pas produits chaque jour par rapport au niveau moyen.
À ce stade, les interlocuteurs du média public assurent néanmoins que l’approvisionnement des magasins reste assuré et ne signalent pas encore de hausse des prix en rayon directement imputée à cet épisode.
Après les poules, la facture de leur alimentation
Une autre menace se profile toutefois dans les champs. La forte baisse attendue de la récolte de maïs, à laquelle s’ajoutent des tensions sur plusieurs cultures destinées à l’alimentation animale, fait craindre une augmentation des coûts pour les éleveurs.
Le président du CNPO se veut rassurant et assure que « tout le monde aura des œufs dans les rayons ». La pénurie n’est donc pas annoncée. Mais cette succession de mortalités, de baisses de rendement et de mauvaises récoltes rappelle combien la sécurité alimentaire dépend de la capacité à maintenir en France une production agricole suffisamment robuste, équipée et adaptée aux épisodes climatiques extrêmes.
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