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La température de l’air est redescendue, mais la mer restitue beaucoup plus lentement la chaleur accumulée. En cette fin juillet, la vague de chaleur marine se poursuit autour de la Bretagne, où les relevés atteignent des niveaux inédits ou très supérieurs aux normales. Une eau agréable pour les baigneurs, mais qui soumet durablement les espèces et les activités traditionnelles du littoral à une pression inhabituelle.
À la station Ifremer de Dinard, les scientifiques disposent de séries de mesures remontant à une trentaine d’années. Selon les données rapportées le 28 juillet par ICI Bretagne, l’eau a atteint environ 19 °C au large des Ébihens, contre des maxima de 16 à 17 °C une quinzaine d’années plus tôt. À Cancale, une sonde installée dans les parcs ostréicoles a approché les 23 °C le 12 juillet.
Le journal Ouest-France rapporte également des valeurs supérieures à 22 °C en Manche et à 20 °C en mer d’Iroise, avec des pointes locales encore plus élevées en surface. Une vague de chaleur marine est caractérisée lorsque la température dépasse, pendant au moins cinq jours consécutifs, le seuil des 10 % de valeurs les plus élevées habituellement observées à la même période. L’Ifremer constate que ces épisodes deviennent plus fréquents et plus intenses sur les façades de la Manche et de l’Atlantique.
Des espèces contraintes de subir
Certaines espèces mobiles peuvent rechercher des eaux plus fraîches ou déplacer progressivement leur aire de répartition. Les coquillages et les grandes algues fixées, eux, subissent directement la température locale. Fabrice Pernet, chercheur en écologie des organismes marins à l’Ifremer de Brest, compare dans Ouest-France l’épisode actuel à « un coup de chalumeau dans l’eau ».
En mer d’Iroise, les grandes algues brunes, qui forment des habitats pour de nombreux poissons et invertébrés, sont particulièrement vulnérables lorsque l’eau dépasse durablement leurs températures habituelles.
Le bulot est lui aussi surveillé. Les captures en Manche Ouest sont passées de plus de 10 000 tonnes par an jusqu’en 2017 à 1 900 tonnes en 2025. Le rôle précis des vagues de chaleur dans cette chute reste cependant à confirmer, parmi d’autres facteurs.
D’autres espèces, comme les poulpes, les araignées de mer, les oursins ou certaines algues, pourraient profiter de ces conditions. Pour l’huître creuse, le bilan est plus contrasté : sa reproduction peut être avancée ou s’étendre vers le nord, tandis que la croissance annuelle des jeunes huîtres a diminué de 14 à 62 % selon les sites suivis en Manche et en Atlantique entre 2021 et 2025.
Les filières bretonnes en première ligne
Ces bouleversements ne relèvent pas d’un débat abstrait. Pêcheurs, ostréiculteurs et récoltants d’algues pourraient devoir adapter leurs calendriers de production, leurs pratiques et leurs zones d’exploitation à des ressources en pleine évolution.
Face à cette mutation, les slogans ne suffiront pas. Il faudra poursuivre les observations, accompagner les adaptations et soutenir les professionnels qui font vivre depuis des générations le patrimoine maritime breton. Derrière quelques degrés supplémentaires se joue désormais l’avenir d’écosystèmes entiers et de filières essentielles à notre littoral.
Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Cédric Quillévéré) (photo d’illustration)
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Une réponse à “Canicule marine en Bretagne : la chaleur record se prolonge, les écosystèmes sous pression”
On n evoque jamais l importante pollution des ces milliers de baigneurs enduits de protections solaires en plus de leur délicieuse habitude « va faire pipi dans l eau mon cheri ». Les bords de plage sont immondes