Semaine chargée dans les salles obscures, avec une affiche qui ratisse large : un blockbuster de super-héroïne, un Robin des Bois sanglant porté par Hugh Jackman, une comédie corse, deux pépites d’animation et de documentaire, sans oublier des films plus confidentiels mais touchants. Tour d’horizon de sept sorties que vous croiserez à l’affiche.
Supergirl
Deuxième volet du nouvel univers DC orchestré par James Gunn après Superman, ce Supergirl est réalisé par Craig Gillespie, le cinéaste de Moi, Tonya et Cruella, habitué des portraits de personnages mal-aimés. Milly Alcock y incarne Kara Zor-El, entourée notamment de Matthias Schoenaerts, de la jeune Eve Ridley, de Jason Momoa en mercenaire Lobo et de David Corenswet, qui reprend son rôle de Superman. Adapté de la mini-série de comics Woman of Tomorrow de Tom King et Bilquis Evely, le film suit Kara, qui a survécu consciemment à la destruction de Krypton, et en porte une noirceur que n’a pas son cousin. Tandis qu’elle fête ses 21 ans, elle croise la route de Ruthye, une fillette assoiffée de vengeance, et embarque dans un périple galactique aussi sanglant qu’introspectif. L’accueil critique est mitigé, mais le space-opera assume son ton. Sortie française le 1er juillet, distribué par Warner Bros (environ 1h47).
Permis de détruire
Après le succès de Permis de construire et ses 570 000 spectateurs, Éric Fraticelli remet le couvert avec cette comédie insulaire. On y suit Dominique, qui tente de concrétiser son rêve corse entre un cabinet médical en chantier et un combat contre une centrale électrique controversée. L’arrivée d’Olivier, son ami psychanalyste en plein divorce venu refaire sa vie sur l’île, complique tout : les deux « pinzuti » (continentaux), épaulés par leur ami corse Santu, vont tout faire pour s’intégrer à la culture insulaire, pour le meilleur et pour le pire. Fraticelli s’entoure de Kad Merad et Patrick Timsit, et reprend les ingrédients qui ont fait sa marque : humour corse, situations absurdes et personnages hauts en couleur. Présenté au Festival de l’Alpe d’Huez, le film sort le 1er juillet (1h37), distribué par Pan Distribution.
On l’appelait Robin des Bois
Oubliez le collant vert et le sourire de héros : Michael Sarnoski, révélé par Pig et Sans un bruit, livre une relecture crépusculaire du mythe. Adapté d’une ballade médiévale du XIVe siècle évoquant la mort du hors-la-loi, le film montre un Robin vieillissant, hanté par une vie de crimes et de violence. Laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il croyait être le dernier, il est recueilli par une femme mystérieuse qui lui offre une ultime chance de rédemption. Hugh Jackman, qui a lui-même démarché le réalisateur après avoir adoré Pig, incarne ce Robin tourmenté, aux côtés de Jodie Comer et de Bill Skarsgård. Produit par A24, le film privilégie une violence âpre et une réflexion sur la postérité des légendes. Interdit aux moins de 16 ans, il sort le 1er juillet (environ 2h03), distribué par Metropolitan.
In Waves
Voici l’une des belles surprises de la semaine. Premier long-métrage de la réalisatrice franco-vietnamienne Phuong Mai Nguyen, ce film d’animation franco-belge adapte le roman graphique autobiographique d’AJ Dungo. À Los Angeles, AJ, lycéen discret passionné de skate et de dessin, tombe amoureux de Kristen, mordue de surf. Leur idylle se heurte de plein fouet à l’annonce d’un cancer des os. Récit d’apprentissage, d’amour et de deuil, le film séduit par sa palette chromatique inspirée du peintre David Hockney, qui irradie la Californie de rose et de bleu. Présenté en ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes et en compétition à Annecy, porté par les voix de Lyna Khoudri et Paul Kircher, c’est un mélodrame assumé qui serre la gorge. Sortie le 1er juillet (environ 1h31), distribué par Diaphana.
Un champ de fraises pour l’éternité
Le réalisateur Alain Raoust, après Rêves de jeunesse, plante sa caméra au camping du Temps des Cerises, au bord d’un lac. Quelques habitants à l’année, que la vie a cabossés, doivent quitter les lieux promis à une transformation en base nautique. Autour de Radio Pomski, cultissime radio locale livrant sa dernière bataille, se noue un petit théâtre où s’entremêlent destins ordinaires et extraordinaires. Entre amour, entraide et rêves, cette comédie douce-amère brosse le portrait d’une France en crise mais toujours en quête de bonheur. À l’affiche notamment Philippe Rebbot, Grégory Montel et Ariane Ascaride. Soutenu par les cinémas Art et Essai, le film sort le 1er juillet (environ 1h44).
Ghost Elephants
Le grand Werner Herzog, 82 ans, signe, narre et écrit ce documentaire fascinant. Il y suit le biologiste sud-africain Steve Boyes dans les hautes terres d’Angola, à la recherche d’un troupeau d’« éléphants fantômes », créatures gigantesques et insaisissables dont nul n’est certain qu’elles existent encore. Accompagné de pisteurs khoïsans aux savoirs ancestraux, l’expédition progresse en pirogue, à moto et à pied dans ce que les tribus locales appellent le « Pays du Bout du Monde ». Fidèle à ses obsessions — la confrontation du rêve et de la réalité, la place de l’homme dans la nature —, Herzog transcende le canevas du documentaire animalier, entre images oniriques et archives glaçantes de la chasse d’autrefois. Une question le hante : ne vaudrait-il pas mieux laisser ces éléphants à l’état de rêve ? Salué par une critique quasi unanime, le film prolonge l’une des plus belles filmographies du cinéma mondial.
Autour de Lucio
Plus confidentiel mais profondément inspirant, ce documentaire réalisé par Pierre-Alain Délisse suit Luc Montigaud, jeune homme atteint de dystonie, une maladie neurologique rare provoquant des troubles de la motricité et de l’élocution. Loin de le freiner, son handicap est devenu son moteur : Lucio s’est lancé un pari fou, boucler un tour de France en course à pied et à vélo, en moins de 99 jours. Accompagné de sa mère Céline, qui le suit en camping-car, il découvre un pays qu’il ne connaissait qu’à travers la télévision et démontre qu’à force de volonté, on peut réaliser ses rêves. Un film porté par une belle cause, la sensibilisation au handicap et à la dystonie, qui circule notamment dans les salles du Sud-Ouest, souvent en présence du réalisateur.
Photo d’illustration : DR
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