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Spider-Man: Brand New Day, Les Matins merveilleux, Le Triangle d’or, The Ugly, Tommy Guns : voici LA SÉLECTION cinéma hebdo.

Spider-Man: Brand New Day — le rendez-vous obligé de l’été

De Destin Daniel Cretton. Avec Tom Holland, Zendaya, Sadie Sink, Jacob Batalon, Jon Bernthal, Mark Ruffalo. États-Unis, 2h25.

C’est un jour nouveau pour Peter Parker. Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre le crime. Mais le sentiment d’avoir été oublié par des amis qui avancent désormais sans lui provoque en lui un changement qu’il ne maîtrise pas — et c’est peut-être cette mutation qui lui donnera sa seule chance face à un adversaire redoutable, capable d’agir sans jamais être repéré, et décidé à s’en prendre à la ville comme à ses proches.

Il s’agit du 38e film de l’univers Marvel et du 2e de sa phase 6, après Les 4 Fantastiques : Premiers pas sorti en 2025. Après la trilogie de Jon Watts, la mise en scène revient à Destin Daniel Cretton, déjà passé par la maison avec Shang-Chi. Le casting fait un appel du pied assumé aux habitués : Jon Bernthal y reprend Frank Castle, et Mark Ruffalo y ramène Bruce Banner pour la première apparition de Hulk dans un film de la franchise arachnéenne.

On ne va pas se mentir sur ce qu’est cet objet : une machine industrielle parfaitement calibrée, sortie en France 2 jours avant les États-Unis pour capter les vacances scolaires. Reste que le pari narratif — un héros que plus personne ne reconnaît, condamné à la solitude par son propre sacrifice — a de quoi tenir debout si le scénario l’assume jusqu’au bout. On verra.

Les Matins merveilleux — Cantona en caviste rêveur

D’Avril Besson. Avec India Hair, Raya Martigny, Éric Cantona. France, 1h27.

De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand-mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques feront ressurgir les pas de danse de sa mère dans les yeux de Titou, caviste rêveur, ni qu’une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve sa liberté depuis la pizzeria du village.

Premier long métrage d’Avril Besson, coécrit avec Pauline Baduel, développé à partir de son court métrage Queen Size, nommé aux César 2025 avec les deux mêmes actrices. Le film a été présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes en mai dernier et tourné hors saison sur le littoral méditerranéen.

L’argument de curiosité, c’est évidemment Éric Cantona à contre-emploi total : un homme doux, solitaire, mélancolique, fondu de disco. Ceux qui ne l’ont jamais vu ailleurs que dans le registre de la déclaration fracassante pourraient être surpris. Le reste tient de la comédie douce-amère assumée, sans coup d’éclat et sans prétention à en avoir — ce qui, par les temps qui courent, constitue presque une position.

Le Triangle d’or — huis clos dans une cage dorée

D’Hélène Rosselet-Ruiz. Avec Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri. France/Belgique/Canada, 1h30.

Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria, installée dans un hôtel particulier du Triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, et qui vit dans l’attente de ses visites. Tandis que Laura s’adapte à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais elle pressent qu’un danger pèse sur Souria, et que la cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.

Premier long métrage d’Hélène Rosselet-Ruiz, coécrit avec Pauline Guéna, scénariste de La Nuit du 12. Le point de départ est autobiographique : la réalisatrice a travaillé un été comme femme de ménage chez une riche Saoudienne dont elle a fini par comprendre la situation réelle. Le film a été présenté en Séance spéciale à Cannes.

C’est une variation contemporaine sur les maîtres et les serviteurs, doublée d’un portrait de l’argent du Golfe tel qu’il s’installe dans le VIIIe arrondissement — sujet que le cinéma français n’aborde à peu près jamais frontalement. Malou Khebizi, révélée par Diamant brut, y confirme qu’elle est l’une des comédiennes les plus intéressantes de sa génération.

The Ugly — Yeon Sang-ho lâche les zombies

De Yeon Sang-ho. Avec Park Jeong-min, Kwon Hae-hyo, Shin Hyun-been. Corée du Sud, 1h42. Titre original : Eolgul, « visage ».

Aveugle de naissance, un maître artisan admiré pour la beauté des sceaux qu’il grave vit reclus avec son fils unique. Cette paix vole en éclats le jour où l’on retrouve les ossements de sa femme, disparue 40 ans plus tôt. Le fils entreprend alors d’enquêter sur ce passé, et sa quête de vérité met au jour de lourds secrets — de ceux qui touchent à la laideur humaine.

Celui qui a signé Dernier train pour Busan change complètement de braquet. Fini les foules contaminées : The Ugly est un huis clos familial, adapté du roman graphique que le réalisateur avait lui-même publié en 2018, et tourné dans des conditions rares pour le cinéma coréen — 2 semaines de préparation, 13 jours de tournage, une équipe d’une vingtaine de personnes. Présenté au festival de Toronto en septembre 2025 puis sorti en Corée dans la foulée, il y a pris la tête du box-office.

Yeon Sang-ho ne s’en cache pas : le film est conçu comme une allégorie des années 1970 sud-coréennes, décennie dominée par l’obsession de la croissance. Le titre est un programme. Il est question de laideur, et pas seulement physique : de ce qu’une société décide de ne pas regarder, et de ce qu’une famille accepte d’enterrer pour continuer à tenir debout.

Tommy Guns — les fantômes de l’empire portugais

De Carlos Conceição. Avec João Luís Arrais, Anabela Moreira, Gustavo Sumpta. Portugal/France/Angola, 1h59. Titre original : Nação Valente.

Angola, 1974, treizième année de la guerre de libération. Les Portugais fuient la colonie tandis que les groupes indépendantistes s’emparent peu à peu du territoire. Le film suit 2 trajectoires : celle d’une jeune fille qui découvre l’amour et la mort en croisant un soldat portugais, et celle de soldats enfermés derrière un mur sans fin, contraints de fuir lorsque le passé ressurgit pour réclamer justice.

Attention, ce n’est pas un film de guerre classique, et c’est même exactement le contraire. Carlos Conceição, né en Angola et installé à Lisbonne, installe d’abord les codes du genre pour les faire dérailler vers le fantastique. Le film a été révélé au festival de Locarno en 2022, où il a reçu le label Europa Cinemas du meilleur film européen ; il ne sort en France que maintenant.

Le cinéaste ne cache pas le lien avec sa propre trajectoire : son monteur lui a fait remarquer que le film évoquait inconsciemment son départ du pays, et que le mur figurait peut-être ce combat intérieur. Détail savoureux de production : l’Angola de 1974 a été reconstitué au Portugal, dans un vaste champ de tir militaire dont la végétation et la couleur de la terre rappelaient le sud du pays — l’usage des terrains militaires y étant gratuit.

C’est probablement la proposition la plus radicale de la semaine, et la seule qui ne ressemble à rien de connu. À réserver aux spectateurs qui acceptent qu’un film ne leur donne pas la boussole à l’entrée. Signalons au passage que le Portugal, lui, continue de faire son cinéma sur sa mémoire coloniale — exercice que la France pratique beaucoup moins souvent qu’on ne le croit, et rarement avec cette liberté de forme.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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