Suite à notre article intitulé « L’Office public de la langue régionale d’Alsace perd sa subvention de la Région Grand Est pour crime d’autonomisme » la région Grand Est par la voix de sa direction de la communication a réclamé un droit de réponse que nous publions ci-dessous dans son intégralité.
Monsieur,
À la suite de la publication de l’article intitulé « L’Office public de la langue régionale d’Alsace perd sa subvention de la Région Grand Est pour crime d’autonomisme », nous demandons la publication du présent droit de réponse afin de rétablir plusieurs éléments inexacts et de rectifier une présentation qui ne reflète ni la réalité institutionnelle ni l’engagement de la Région Grand Est en faveur des langues régionales.
La Région Grand Est ne se retire ni du bilinguisme ni du soutien aux langues régionales, et plus particulièrement à la langue alsacienne.
PublicitéPrésenter l’absence de financement de l’Office public de la langue régionale d’Alsace (OPLA) comme une sanction politique liée à un prétendu « autonomisme » est contraire à la réalité des faits. Cette décision ne traduit aucun désengagement de la Région et ne remet nullement en cause son soutien à la transmission, à l’enseignement et à la valorisation des langues régionales.
Opposer la défense de la langue régionale au choix institutionnel de la Région constitue une lecture erronée de la situation. Le débat public doit distinguer les choix de gouvernance des engagements réels en faveur du bilinguisme.
Un cadre juridique spécifique
Il convient de rappeler que la création de l’OPLA s’inscrit dans un processus engagé par la Collectivité européenne d’Alsace à partir des attributions particulières qui lui ont été reconnues par la loi du 2 août 2019 en matière de promotion du bilinguisme ainsi que d’enseignement de la langue et de la culture régionales sur son territoire. La CeA a fait le choix de structurer cette politique publique au travers de la création d’un groupement d’intérêt public selon un modèle de gouvernance qu’elle a défini avec l’État.
La Région Grand Est conserve, pour sa part, ses propres leviers d’intervention au titre de ses compétences éducatives, culturelles, associatives et territoriales. Elle n’a pas vocation à se substituer à la CeA dans l’exercice d’une politique que celle-ci a souhaité porter dans un cadre institutionnel spécifique.
Un projet qui ne tient pas compte de toutes les spécificités linguistiques du Grand Est
Le projet initial présenté autour de cet office se voulait plus large et portait l’ambition d’une approche à l’échelle de l’Alsace-Moselle, intégrant la diversité des réalités linguistiques régionales, notamment les formes dialectales présentes en Moselle et le Platt.
Le GIP finalement constitué s’est uniquement recentré sur la langue régionale d’Alsace et sur le territoire de la Collectivité européenne d’Alsace. Ce choix a conduit à un périmètre territorial et linguistique différent du projet initial. Par ailleurs, aucune commune alsacienne ni aucun établissement public de coopération intercommunale (EPCI) n’a rejoint ce groupement, qui peine ainsi à fédérer au-delà de ses membres fondateurs.
Dans ce contexte, il est erroné de présenter la position de la Région comme un retrait du soutien aux langues régionales. Elle traduit au contraire le choix de maintenir une politique équilibrée à l’échelle du Grand Est, prenant en compte l’ensemble des expressions linguistiques et culturelles régionales relevant de ses compétences.
Un soutien direct de la Région Grand Est aux acteurs concernés
Le choix de la Région est au contraire de poursuivre son action directement auprès des acteurs de terrain : associations, opérateurs culturels, établissements scolaires, classes bilingues, projets pédagogiques, initiatives de création, actions de transmission linguistique et dispositifs territoriaux.
Cet engagement représente un soutien global de plus de 2,28 millions d’euros consacrés par la Région Grand Est aux politiques en faveur des langues régionales et du bilinguisme. Ce choix permet de soutenir concrètement les projets et les structures qui agissent directement au bénéfice des élèves, des familles, des acteurs culturels et des territoires.
La Région demeure pleinement engagée dans le développement de l’enseignement par la langue et dans les coopérations institutionnelles utiles, notamment au travers de la convention quadripartite 2026–2030 associant l’État, le Rectorat de l’académie de Strasbourg, la Région Grand Est, la Collectivité européenne d’Alsace et les universités. Cette démarche illustre concrètement que le soutien au bilinguisme se poursuit et qu’il s’exerce au bénéfice direct des élèves, des territoires et des acteurs de terrain.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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