La Bretagne administrative comptait 70 000 entreprises artisanales actives au 1er janvier 2024, selon la nouvelle édition du baromètre ISM-MAAF publiée ce 7 juillet. Leur nombre a progressé de 22 % depuis 2019 dans la région, une dynamique huit fois supérieure à celle de la population bretonne, qui n’a crû que de 2,8 % sur la même période.
Une croissance qui touche tous les territoires
Cette progression ne se limite pas aux métropoles : elle atteint 28 % dans les grandes villes, mais aussi 25 % dans les communes rurales, et autour de 21 % dans les villes moyennes et petites. Les entreprises artisanales représentent désormais 27 % du total des entreprises actives en Bretagne, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale.
Le tissu artisanal breton se répartit entre le BTP (41 %), les services (34 %), la fabrication (17 %) et l’alimentation (8 %). Rennes, Plouzané, Betton, Châteaugiron et Chantepie affichent les plus fortes progressions du nombre d’entreprises artisanales entre 2019 et 2023, toutes au-dessus de 30 %.
Un maillage homogène, entre Finistère et Ille-et-Vilaine
La densité d’entreprises artisanales pour 1 000 habitants reste relativement homogène sur le territoire breton, oscillant entre 18 (Ille-et-Vilaine) et 21 (Morbihan), le Finistère et les Côtes d’Armor se situant autour de 20. Entre 2019 et 2023, la progression dépasse 20 % dans les Côtes d’Armor, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, tandis que le Finistère affiche une hausse un peu plus modérée (19,5 %).
La part des communes desservies par les métiers essentiels de l’artisanat progresse nettement. La menuiserie est désormais présente dans 84 % des communes bretonnes (contre 80 % en 2019), devant les plombiers chauffagistes (79 %) et les plâtriers peintres (76 %). La réparation automobile couvre 74 % des communes, les coiffeurs 72 %. Les instituts de beauté et ongleries connaissent la progression la plus spectaculaire, passant de 41 % à 59 % des communes équipées en cinq ans.
Les métiers de bouche font toutefois figure d’exception : la couverture communale en boulangeries recule légèrement, à 63 %, tout comme celle des boucheries-charcuteries, passée de 36 % à 35 % des communes. Catherine Elie, directrice des études de l’ISM, relève que les bouchers ont perdu plus de cinquante entreprises en cinq ans, posant la question de la consolidation de ces savoir-faire du quotidien.
Un emploi artisanal dynamique, surtout dans les Côtes d’Armor
L’artisanat représente 10 % de l’emploi salarié du secteur marchand en Bretagne, avec des disparités allant de 8 % en Ille-et-Vilaine à 13 % dans les Côtes d’Armor. Les 94 380 emplois salariés dans les très petites entreprises artisanales ont progressé de 6 % entre 2019 et 2024, une évolution supérieure à la moyenne nationale (5 %). Le Finistère et le Morbihan tirent cette dynamique (+6,5 % chacun), suivis des Côtes d’Armor (+6 %), l’Ille-et-Vilaine affichant une progression plus modeste (+4 %).