Non, il ne fallait pas se réjouir de la circonstance aggravante de racisme à Crépol !

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Les juges d’instruction ont retenu la circonstance aggravante de racisme contre les quatorze mis en examen dans le meurtre de Thomas Perotto. Les victimes ont été visées, écrivent-ils, en raison de leur appartenance supposée à « la race blanche et à la nation française ». Dans le camp national, c’est l’allégresse. Enfin. Enfin ils reconnaissent. Enfin la justice applique aux nôtres ce qu’elle applique aux autres.

Réjouissez-vous. Vous venez de ratifier le principe qui vous détruira.

Ce que vous venez de valider

Regardons froidement ce qui se joue. Un adolescent de seize ans a été poignardé au thorax et au flanc lors d’un bal de village. Il est mort dans la nuit. Trois autres personnes et un vigile ont été grièvement blessés, certains hospitalisés en urgence absolue. Voilà les faits. Ils suffisent. Un homicide volontaire est puni de trente ans de réclusion criminelle, la perpétuité en cas d’assassinat. Le droit dispose de tout l’arsenal nécessaire pour punir ce qui s’est passé à Crépol.

Mais non. Il a fallu deux ans et huit mois d’instruction pour déterminer non pas ce qui a été fait, mais ce qui était pensé au moment où ça a été fait. Et vous applaudissez ce résultat. Vous venez d’entériner que la valeur d’une vie humaine dépend du contenu du cerveau de celui qui la supprime. Que le même couteau, dans le même thorax, tuant le même garçon, appelle des peines différentes selon les mots prononcés autour.

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C’est une monstruosité juridique. Et vous venez d’en réclamer l’application.

Il y a dans une partie de notre camp un réflexe qui revient à chaque occasion, et qui est un aveu de défaite. On dissout une organisation d’extrême gauche : bien fait, ils dissolvaient aussi les nôtres. On poursuit un militant de gauche pour ses propos : parfait, ils poursuivaient les nôtres. On retient le racisme contre des agresseurs d’origine étrangère : enfin, ils le retenaient tout le temps contre les nôtres.

Jamais l’idée de demander la suppression du dispositif. Toujours celle de réclamer qu’on nous l’applique aussi.

C’est la psychologie du prisonnier qui ne demande plus la liberté mais une meilleure cellule. Qui a tellement intériorisé les barreaux qu’il ne conçoit plus la revendication que sous forme d’égalité de traitement dans l’enfermement.

Et c’est un calcul stupide, en plus d’être une capitulation.

Pourquoi vous perdrez à ce jeu

Réfléchissez trente secondes à qui applique ces qualifications. Le parquet, hiérarchiquement soumis au garde des Sceaux. Les magistrats du siège, dont la sociologie et les inclinations syndicales ne sont un mystère pour personne. Les associations agréées habilitées à se constituer partie civile, dont la liste ne penche pas exactement de votre côté.

Vous venez de confirmer la légitimité d’un outil qui sera manié, dans 95%des cas, contre vous. Vous avez obtenu une décision favorable dans un dossier — après deux ans et huit mois, contre l’avis du parquet, et grâce à l’obstination d’avocats et de parties civiles. Une victoire arrachée.

Pendant ce temps, la même qualification tombe chaque semaine, sans débat, sans obstacle, sans deux ans d’instruction, contre des Français ordinaires pour une phrase de trop. Vous célébrez l’exception qui confirme le système. On vous a jeté un os pour que vous validiez la règle.

Il existait une autre position. Elle est plus difficile à tenir, elle rapporte moins de likes, et elle est la seule cohérente.

Supprimer du code pénal les circonstances aggravantes et atténuantes fondées sur le mobile.

Pas les aménager. Pas les étendre. Les supprimer.

Le droit pénal doit juger des actes, pas des pensées. Il doit établir ce qui a été commis, l’intention de le commettre — ce que les juristes appellent l’élément intentionnel, qui distingue le meurtre de l’homicide involontaire —, et rien de plus. Savoir si le meurtrier détestait la race de sa victime, sa religion, son orientation, ou simplement sa tête, n’a aucune pertinence pour mesurer le préjudice subi.

Le mort est également mort. La famille est également détruite. Le corps social est également atteint.

Prétendre le contraire, c’est affirmer qu’une vie humaine a une valeur variable selon ce qu’on pensait d’elle. Toute la construction juridique occidentale, depuis le droit romain jusqu’à la codification napoléonienne, reposait sur l’inverse.

Le vrai basculement

Il faut nommer précisément ce qui s’est produit.

Le code pénal de 1810 était bref et sévère. Il définissait des actes, y attachait des peines, et laissait au juge une marge d’appréciation individualisée. Un meurtre était un meurtre.

Le mouvement inverse s’est engagé à partir des années 1970 puis 1990, sous l’influence conjointe du droit international des droits de l’homme et du militantisme associatif. On a introduit le mobile discriminatoire, d’abord pour la race et la religion, puis pour l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le handicap, l’état de santé, la précarité sociale.

Chaque extension procédait d’une bonne intention. Chacune a produit le même effet : déplacer l’objet du procès pénal de l’acte vers la personne.

Aujourd’hui, un tribunal ne juge plus seulement ce que vous avez fait. Il juge qui vous êtes, ce que vous pensiez, quelles étaient vos fréquentations numériques — souvenons-nous que dans le dossier de Crépol, des enquêteurs ont épluché les environnements numériques des mis en cause à la recherche de liens avec des contenus radicaux.

C’est un glissement vers le procès d’intention. Il est une menace pour tout le monde, à commencer par ceux dont les opinions déplaisent au pouvoir du moment.

Ce qu’il faut proposer

Voici la position à défendre, et elle est parfaitement articulable en droit :

Un. Suppression pure et simple des circonstances aggravantes tenant au mobile. Le meurtre est puni comme meurtre, quelle que soit la raison pour laquelle il a été commis.

Deux. Maintien des seules circonstances aggravantes objectives, qui décrivent des faits et non des pensées : la préméditation, l’usage d’une arme, la vulnérabilité de la victime, le nombre d’auteurs, la qualité de dépositaire de l’autorité publique. Ce sont des éléments matériels, constatables, contradictoirement débattables.

Trois. Suppression symétrique de l’excuse de minorité automatique pour les seize-dix-huit ans. Un homicide commis à dix-sept ans reste un homicide.

Quatre. Restauration de peines planchers pour les crimes de sang et les récidives.

Cinq. Cohérence assumée : cela signifie renoncer à voir sanctionner plus lourdement ceux qui nous détestent. Une position se paie. Celle-ci a le mérite d’être défendable devant n’importe qui.

Cette position vous privera d’un plaisir immédiat. Vous ne pourrez plus jubiler quand la qualification tombe sur ceux d’en face.

Elle vous donnera autre chose : un discours que personne ne pourra retourner contre vous.

Aujourd’hui, quand vous protestez contre les poursuites visant vos militants pour délit d’opinion, on vous répond que vous réclamiez la même chose pour Crépol. Et on a raison de vous le répondre. Vous avez validé le principe, vous ne pouvez plus contester ses applications.

Demain, si vous demandez la suppression pure et simple du dispositif, vous serez inattaquables. Vous défendrez l’égalité réelle devant la loi pénale, celle qui ne dépend pas de la couleur, de la religion ou des opinions de personne. Ce que la République prétend faire depuis 1789 et qu’elle a cessé de faire.

Une victoire à ce prix n’en est pas une

Thomas Perotto avait seize ans. Il aimait le rugby. Il est mort sur le parking d’une salle des fêtes de la Drôme, poignardé au thorax.

Cela suffit. Cela devrait suffire. Nul n’a besoin d’établir ce que ses agresseurs pensaient de sa couleur de peau pour que le crime soit intégralement puni.

Réclamer cette qualification, c’était accepter que sa mort, seule, ne pesait pas assez lourd. C’était mendier un supplément de justice là où la justice ordinaire aurait dû suffire.

Nous n’avons pas besoin d’un droit qui nous protège en tant que Blancs. Nous avons besoin qui nous protège en temps que citoyens, et qui punisse également ceux qui les tuent.

C’est plus exigeant. C’est plus juste. Et cela n’a pas d’autre nom que la civilisation dont nous prétendons être les héritiers.

YV

Photos :  DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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12 réponses à “Non, il ne fallait pas se réjouir de la circonstance aggravante de racisme à Crépol !”

  1. Bhubert dit :

    Bonne analyse. L’idéal serait une justice basée sur l’IA, au moins ça servirait à quelque chose : l’IA appliquerait la loi, point.

  2. Durandal dit :

    Bonjour,

    Il y a aussi cette joie ridicule et puérile à vouloir être reconnu par ses ennemis. Ces gens n’attendent pas la justice. Ils attendent la reconnaissance sociale, parce que ce sont des frustrés et des faibles.

    Cdt.

    M.D

  3. andré dit :

    Juste une clarification sur base d’un exemple. Le conjoint qui loge une balle de 38 dans la tête de son bourreau qui le bat 3 fois par jour, l’a déjà envoyé à l’hosto à de multiples reprises et a déposé plainte à n’en plus pouvoir. Circonstances atténuantes ou perpete d’office ?

    Ensuite, je plussoie. Se réjouir que l’incendie s’est propagé chez le voisin plutôt que d’en combattre les causes, c’est pas la meilleure option.

  4. Castel dit :

    Ah! Quel bonheur de voir resurgir le bon sens ! Merci Yann pour votre lucidité !
    Les faits. Les faits. Rien que les faits !
    Seuls les faits nous garantiront une véritable égalité de traitement. Si on veut recouvrer une justice digne de ce non, il faut vraiment abolir l’aveuglement lié à l’idéologie, à la haine, etc., même si, quand on est dans le feu de l’action, il est si difficile de revenir aux simples faits… (évidemment cela vaut pour TOUS les acteurs, et donc aussi pour les « juristes »).
    Inutile d’en écrire davantage : vous avez tout expliqué et exposé de main de maître. Bravo !

  5. Castel dit :

    (*) digne de ce noM (et non de ce non !)

  6. pschitt dit :

    1) C’est quand même un meurtre qui sera jugé, pas une intention. Le racisme n’est « que » une circonstance aggravante. Attention à ne pas mettre la charrue avant les boeufs.
    2) Vous critiquez justement le concept de circonstance aggravante subjective, mais puisqu’il est en vigueur, il est bon de montrer que le racisme anti-blanc existe. Cette officialisation par la justice favorisera des prises de conscience que beaucoup de bien-pensants n’osaient pas se permettre.
    3) L’événement de Crépol pourrait contribuer à une révision du droit : les bien-pensants pourraient se dire que, zut alors, si le racisme anti-blanc est étalé sur la place publique, il vaudrait peut-être mieux renoncer au concept de circonstance aggravante — ou le reformuler de telle façon qu’il ne puisse bénéficier qu’aux « racisés » (mais ça risquerait d’être trop visible !).
    4) Malgré ses prétentions modernes à l’objectivité, la justice rendue par des hommes a toujours été sensible à l’intention des accusés ; elle a toujours été plus rigoureuse envers ceux qui étaient inspirés par le diable (y compris à l’époque contemporaine, songez à Brasillach par exemple). Il devrait être plus simple de changer de diable que de changer de justice (un seul magistrat a refusé de prêter serment à Pétain en 1941, et 169 magistrats ont été révoqués ou mis à la retraite d’office après la Libération, c’est-à-dire que 99,9% du corps, puis 94% ont poursuivi leur bonhomme de chemin).

  7. le Terre Neuvien dit :

    C’est tellement juste et lucide, Monsieur Yann!

  8. pascal gannat dit :

    Merci Yann.
    Je partage ce point de vue : pourquoi se réjouir de la perte de liberté et de droits d’un individu de gauche ? Si nous croyons ala liberté et revendiquons la nôtre elle n’est possible qu’en s’appliquant à tous. C’est ainsi que les los dites mémorielles et anti racistes doivent être supprimées. S’en réclamer pour défendre nos valeurs c’esf accepter d’avance la loi Yadan. Un coup de couteau mortel constitue un crime que ce soit par haine raciale ou pour vol.

  9. Travis dit :

    En résumé nous ne devons pas rentrer et abonder dans concurrence victimaire, en gros ne pas chouiner comme le font nos ennemis; d’accord, mais la reconnaissance officielle, magistrale, du racisme anti-blanc, ça leur colle une bonne baffe sur le museau, et ça ne se refuse pas. Stratégique et tactique , on avance sur nos deux jambes.
    Un exemple de comportement facilement applicable,et qui vous exonère du rôle de victime: Vous êtes confronté à un énergumène, issu de l’invasion, et qui cherche l’affrontement, quelle que soit le motif du conflit,avant qu’il n’utilise l’argument fatidique qui désarme le bon chrétien, traitez-le d’emblée de raciste, c’est lui qui perdra une partie de ses moyens …

    Un dernier détail: Qu’est-ce qu’on en a à footre que le gamin aimait et pratiquait le ruby ?

  10. Brun Daniel dit :

    Certes, mais il n’en reste pas moins que dans l’état actuel de la législation, et des mentalités, la reconnaissance implicite du racisme anti blanc constitue une victoire des « fascistes » d’extrême droite qui contrairement aux bienpensants insistent pour qu’on ne traite pas les problèmes par leur déni..

  11. Jamin dit :

    Souvent d’accord avec vous, et là encore sur le fond, avec cependant une énorme objection : ce n’est pas une intention qui a été jugée, mais des faits objectifs, à savoir des propos ouvertement anti-Blancs, donc racistes. Intention ou faits objectifs, la nuance est de taille. Ce n’est d’ailleurs pas une nuance, mais une différence objective.

  12. Michel dit :

    Tiens, pour une fois je ne suis pas du tout d’accord avec vous !

    D’abord, une petite phrase : « la valeur d’une vie humaine dépend du contenu du cerveau de celui qui la supprime ». Oui si le cerveau n’est pas bien à l’instant de l’acte ou n’est pas bien en général, chose à déterminer médicalement.
    Le péché est une maladie, dit-on. Et un tueur en série n’est pas malade de la même façon qu’un mari ignominieusement trompé prenant sa femme pour la première fois sur le fait, recevant de sa part des injures et comprenant qu’elle a piqué tout le fric, lui-même étant imbibé et la frappant de telle façon qu’elle meure sans avoir voulu le faire ; ou bien ce même mari qui mûrit sa vengeance torturant et tuant sa femme (je n’ai pas trouvé autre chose comme exemples :)). Pour le mari ça peut être l’inverse, l’homme qui trompe sa femme).

    Dans ces trois cas il y a un décès et une IA les traiterait de la même facon (@Bhubert ci-dessus) ?

    Or nous sommes humains et certes je ne mettrais pas au même niveau la personne impulsive imbibée et les deux autres.

    C’est-à-dire que quand vous dites que « Le droit pénal doit juger des actes, pas des pensées », je pense justement l’inverse, pensées et circonstances.
    Et ce mari un peu violent – et on peut le comprendre – ne mérite pas 20 ans de prison (je dirais même que c’est la femme qui les mérite :)) ). Il a suffisamment de problèmes comme ça. Contrairement au tueur en série, certes malade spirituellement, mais à enfermer pour toujours afin qu’il ne puisse plus nuire (et avec qques années de travaux forcés).

    En passant, dans le Décalogue le fait de tuer, de voler ou de pratiquer l’adultère sont au même niveau. Je ne le vois pas reproduit dans nos lois.

    Une dernière pensée pour les enfants, adolescents ou jeunes gens sans formation (littéraire et philosophique par exemple). Prison, certes, mais pas pour rien : il faut qu’ils en tirent du bénéfice. C’est-à-dire des cours en permanence, principalement littérature et philosophie. Au bout de 5-8 ans, je ne pense pas que, à part certains, ils ne ressortent pas complètement changés.

    Oui, c’est très difficile à mettre en œuvre. Oui il faut du personnel qualifié.

    Non, ce n’ est pas du rousseauisme mais du christianisme. Il y a peu de gens à qui notre Créateur ne pardonne pas. Nous devons faire de même pour chaque justiciable (que ce soit une mort ou un vol : on ne met pas en prison quelqu’un qui vole une pomme pour manger ou l’apporter à sa mère qui a faim, on lui en donne une deuxième et on – la société – s’arrange pour qu’ils aient moins, ou plus du tout faim).

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