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Le verdict est tombé vendredi 4 septembre peu après 22 heures, à Rennes. Au terme de plus de 2 heures de délibérations, le Conseil régional de discipline (CRD) a reconnu l’avocate nantaise Anne Bouillon coupable de « manquement aux obligations de confraternité et de délicatesse » envers ses anciennes collaboratrices et élèves avocates. Une sanction rare pour une figure aussi médiatique du barreau de Nantes — et une ironie qui n’échappera à personne : la spécialiste autoproclamée des mécanismes d’emprise se voit sanctionnée pour le traitement réservé aux jeunes femmes de son propre cabinet.
6 mois de suspension avec sursis et une interdiction de recruter
La peine prononcée par les 9 avocats du CRD, réunis à huis clos à la demande de la défense : 6 mois de suspension intégralement assortis du sursis, une interdiction de se présenter au conseil de l’ordre, au Conseil national des barreaux, au bâtonnat et au vice-bâtonnat pendant 5 ans, et une interdiction de recruter des élèves avocats ou de jeunes avocats pendant 2 ans. Le troisième grief poursuivi par le bâtonnier, le « manquement à l’humanité », n’a pas été retenu. L’avocate peut faire appel.
La procédure remonte à fin septembre 2025 : saisi par plusieurs anciennes avocates ayant travaillé sous ses ordres, le barreau de Nantes avait mené une enquête déontologique avant de transmettre le dossier au conseil de discipline de Rennes. Dans Presse Océan, ses ex-collaboratrices avaient décrit des conditions de travail éprouvantes : surcharge de travail chronique, élèves avocates employées bien au-delà de ce que prévoit leur statut, difficultés à développer une clientèle personnelle, comportement cassant de la patronne.
« J’accuse le coup »
Au lendemain de la décision, l’avocate de 54 ans s’est longuement confiée à France 3, oscillant entre contrition et contestation. « C’est très dur, j’accuse le coup », reconnaît-elle, tout en se disant soulagée que le manquement à l’humanité ait été écarté. Elle admet des erreurs dans la gestion de la charge et du rythme de travail, un caractère pressé et peu aimable, des maladresses — dont celle d’avoir envoyé une jeune collaboratrice sur une scène de crime sans l’y préparer. Mais elle conteste farouchement toute intention de nuire et récuse les termes de management toxique et de harcèlement. Se présentant comme « le produit de sa génération », elle assure vouloir s’améliorer et annonce qu’elle sera dès lundi au tribunal aux côtés d’une victime de violences conjugales.
Une figure de la gauche nantaise
Anne Bouillon n’est pas n’importe quelle avocate. Ténor du barreau de Nantes, elle a bâti en plus de 20 ans une notoriété nationale sur la défense des femmes : victimes de violences conjugales, de féminicides, prostituées nigérianes prises dans des réseaux. Médiatique, revendiquée féministe, elle est aussi politiquement marquée : elle a figuré sur la liste municipale de la maire socialiste de Nantes Johanna Rolland.
C’est elle également qui avait défendu la jeune femme victime, en 2022 à Nantes, d’un viol en réunion commis par des réfugiés soudanais — une affaire qui avait fait grand bruit et s’était soldée par des condamnations à 7 et 15 ans de réclusion en 2024.
C’est cette même avocate, habituée à décortiquer publiquement les rapports de domination, qui devra désormais composer avec une condamnation disciplinaire pour la façon dont elle traitait les jeunes femmes travaillant pour elle. Certains de ses anciens stagiaires sont allés jusqu’à parler d’« imposture » devant le conseil — un mot qui, dit-elle, la touche au cœur.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “L’avocate des femmes épinglée pour le traitement de ses propres collaboratrices : Anne Bouillon condamnée à Rennes”
Retirez les hommes et vous avez un nid de serpents.