Le RC Vannes reçoit le Stade Toulousain ce samedi 19 septembre à 21 h — mais pas à Vannes. C’est au Roazhon Park de Rennes, à plus de 100 km de La Rabine, que le promu breton défiera le quadruple champion de France en titre, devant près de 30 000 spectateurs. Une affiche de gala, une opération financière rondement menée — les 29 778 places sont parties en moins de 2 heures — mais aussi, disons-le, un choix qui interroge sérieusement au vu du classement : après 2 journées, le RCV compte 2 défaites et 0 point. Quand la saison s’annonce comme une lutte pour le maintien, est-ce vraiment le moment d’abandonner sa forteresse ?
0 point en 2 journées, et un déménagement à 110 km de la Rabine
Le calcul économique du club est limpide et assumé : avec une capacité légèrement inférieure à 12 000 places, La Rabine ne permet pas de répondre à la demande générée par la venue du Stade Toulousain, et la recette d’un Roazhon Park plein vaut presque 3 matchs à guichets fermés dans le Morbihan. L’expérience avait déjà été tentée avec succès la saison dernière en Pro D2 face à Grenoble, et une seconde délocalisation est déjà programmée début novembre à la Beaujoire de Nantes pour la réception de Bordeaux. Pour un club qui doit se mettre au niveau budgétaire du Top 14, l’argument s’entend.
Reste le terrain. La force du RCV, depuis des années, c’est précisément La Rabine : un chaudron compact où le club enchaînera samedi son 45e match officiel consécutif à guichets fermés, série entamée en octobre 2023, une enceinte où le public colle aux joueurs et où les cadors ont toujours souffert. La troquer contre un vaste stade de football, aux repères inconnus, à 1 h 30 de route du public morbihannais, pour y affronter la meilleure équipe de France — et le faire alors qu’on n’a pas encore pris le moindre point — c’est sacrifier sciemment l’avantage du terrain le soir où on en aurait le plus besoin. Un Vannes – Toulouse à La Rabine, c’était un piège tendu à l’ogre ; au Roazhon Park, c’est un match de gala où le promu joue les hôtes d’un événement plus grand que lui. Si les points du maintien manquent au printemps, on se souviendra peut-être de ce samedi de septembre.
7 changements dans le XV, Béziat et Marks de retour
Sur le plan sportif justement, le staff de Jean-Noël Spitzer a choisi l’expérience, avec 7 changements par rapport au XV battu par Montpellier. Deux centurions du club lancent leur saison : le talonneur Théo Béziat (122e feuille de match), qui supplée Dave Cherry, forfait sur commotion, et le deuxième ligne allemand Eric Marks (136e), associé à l’Argentin Matias Alemanno. La première ligne est entièrement remaniée avec de Benedittis et Schonert autour de Béziat ; en troisième ligne, Blanc-Mappaz et Jo Edwards accompagnent le capitaine Gorrissen. La charnière Lafage-Ruru, critiquée en ce début de saison, est reconduite — Spitzer a défendu ses hommes en conférence de presse, rappelant l’opération estivale de Lafage, la blessure de Popelin au tendon d’Achille et les arrivées tardives au poste de 9, avant de trancher : « Il ne faut plus se poser de questions… » Derrière, seule nouveauté : la première titularisation de la saison pour l’ailier anglais Ben Stevenson, aux côtés de Benmegal, de la paire de centres Boudehent-Nu’u et de Bouthier à l’arrière.
Le XV probable : Bouthier – Stevenson, Boudehent, Nu’u, Benmegal – (o) Lafage, (m) Ruru – Gorrissen (cap.), Edwards, Blanc-Mappaz – Alemanno, Marks – Schonert, Béziat, de Benedittis. Finisseurs : Sanerivi, Beria, Mézou, Kalamafoni, Iashagashvili, Le Bail, Surano, Medrano.
Toulouse décimé, Dupont peut-être sur le banc
Petite consolation pour les Bretons : Toulouse arrive à Rennes privé de plusieurs cadres — Jelonch, Barassi, Vergé, Delpy, Banos et Castro-Ferreira sont forfaits, et la recrue italienne Menoncello, absente de l’entraînement, pourrait être ménagée. Le suspense entoure surtout Antoine Dupont : jamais encore le meilleur joueur du monde n’a croisé la route des Vannetais, ses 3 précédentes absences s’expliquant par des vacances post-olympiques, le Tournoi des VI Nations puis sa convalescence du genou. Disponible cette fois après avoir disputé les 2 premières journées, il pourrait toutefois débuter sur le banc au profit de Paul Graou, le staff toulousain songeant à faire tourner avant la revanche de la dernière finale face à Montpellier.
Coup d’envoi ce samedi 19 septembre à 21 h au Roazhon Park.
Photo d’illustration : DR
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