Quelques centaines d’euros obtenus rapidement depuis un téléphone : les mini-crédits ont prospéré sur une promesse de simplicité. Mais ces petits prêts peuvent aussi devenir coûteux lorsqu’ils s’accumulent. Une dérive suffisamment préoccupante pour que François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ait estimé devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le 18 février 2026, que ces mini-crédits pouvaient devenir « une sorte de drogue douce ».
Le contexte est inquiétant. 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en France hexagonale en 2025, soit une hausse de 9,8 % en un an, selon la Banque de France. Chez les moins de 30 ans, leur nombre a progressé de 36 %, et de 65 % chez les 18-25 ans, d’après les données de l’institution reprises lors des travaux parlementaires. Les mini-crédits ne sont évidemment pas la cause unique de ces difficultés, mais leur multiplication peut déstabiliser des budgets déjà fragiles.
Des petits prêts parfois proches du taux d’usure
Le mécanisme paraît anodin : emprunter 200, 400 ou 600 euros et rembourser rapidement. Pourtant, 60 Millions de consommateurs relevait le 4 août que certaines offres de Finfrog ou Floa affichent des TAEG proches de 23 %. Le taux d’usure applicable depuis le 1er juillet aux crédits d’un montant inférieur ou égal à 3 000 euros est de 23,53 %, selon la Banque de France.
L’Observatoire de l’inclusion bancaire relève surtout qu’en 2025, 16,4 % des dossiers de surendettement traités comportaient une dette liée à un mini-crédit ou à un paiement fractionné.
Les incidents peuvent ensuite alourdir rapidement la facture. 60 Millions cite notamment Moneybounce, dont les conditions prévoient une indemnité pouvant atteindre 8 % de l’échéance impayée, ainsi que jusqu’à 20 euros de frais administratifs, auxquels peuvent s’ajouter d’éventuels frais bancaires de rejet.
Un encadrement renforcé à partir du 20 novembre
Cette zone grise va se réduire. À compter du 20 novembre 2026, les nouvelles règles françaises transposant la directive européenne sur le crédit à la consommation s’appliqueront également aux mini-crédits, paiements fractionnés et autres prêts jusqu’ici moins encadrés.
Les prêteurs devront notamment évaluer la solvabilité des emprunteurs. Les publicités devront aussi comporter la mention : « Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé », conformément aux nouvelles dispositions du Code de la consommation.
Une formule élémentaire, mais devenue nécessaire à l’heure où l’emprunt peut tenir dans quelques clics. Un crédit n’est pas un revenu supplémentaire : il permet d’avancer une dépense, mais crée une dette. Et lorsque plusieurs petits prêts s’empilent, le dépannage immédiat peut rapidement devenir un piège budgétaire.
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