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La France découvre l’autre visage du narcotrafic. Derrière les points de deal, les armes et les règlements de comptes, il y a une mécanique plus discrète mais décisive : le blanchiment de l’argent sale. Plusieurs enquêtes récentes ont mis au jour des circuits financiers considérables, mêlant collecteurs d’espèces, fausses factures, sociétés complices et transferts à l’étranger.
En Île-de-France, six personnes ont été mises en examen le 19 juin à Paris pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs. Elles sont soupçonnées d’avoir participé, depuis le début de l’année 2025, à des opérations de dissimulation de l’argent de la drogue pour un montant estimé à 192 millions d’euros. Selon Le Parisien, ces flux auraient notamment transité par des sociétés de décoration, des comptes relais, des fausses factures et des virements vers le Maghreb.
Des collecteurs au service des trafiquants
À Bordeaux, une autre enquête a révélé le 23 juin le rôle central des collecteurs d’espèces. En observant un trafic de stupéfiants local, les enquêteurs ont repéré des remises de sacs d’argent près de la gare Saint-Jean. Le dossier a débouché sur la mise en examen de 22 personnes, dont 19 placées en détention provisoire. Elles sont soupçonnées d’avoir blanchi plus de 200 millions d’euros issus du trafic de drogue, en France et en Belgique. Près de 10 millions d’euros ont été saisis, ainsi que des montres de luxe, des véhicules et plus de 500 kilos de résine de cannabis.
Le mécanisme est désormais bien identifié : le cash quitte les quartiers, passe entre les mains de collecteurs, transite par des sociétés complices et revient blanchi dans l’économie légale. Dans le sud, une enquête confiée à la Section de recherches de Montpellier a mis au jour un système structuré autour de sociétés du BTP principalement actives dans les secteurs de Perpignan, Narbonne et Béziers, ainsi que de sociétés dites « taxi » utilisées pour masquer l’origine et la destination des fonds.
Commerces, garages, BTP : l’économie légale contaminée
Ces affaires montrent que le narcotrafic ne se limite plus à la rue. Il cherche à acheter une respectabilité commerciale. Garages, sociétés de décoration, entreprises du bâtiment, commerces de proximité : les secteurs ciblés sont ceux où l’argent liquide, les prestations difficiles à contrôler et les fausses factures circulent plus facilement.
En Bretagne aussi, les autorités ont commencé à utiliser les fermetures administratives contre des commerces situés dans l’environnement de points de deal ou soupçonnés d’être liés à l’économie du narcotrafic.
La leçon est claire : lutter contre la drogue sans frapper l’argent revient à couper les branches en laissant les racines. Le blanchiment est le cœur économique du narcotrafic. C’est là que les réseaux transforment la violence des points de deal en patrimoine, en sociétés et en influence.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Narcotrafic : l’argent de la drogue infiltre commerces et sociétés”
Qui dit sommes collossales dit consommateurs fidèles et nombreux. Tant que la loi et la justice ne sanctionneront pas rien ne changera mais d’abord il faut changer de président.