Une étude publiée dans la revue Circulation, ayant suivi plus de 25 000 enfants et adolescents américains de 9 à 16 ans sur une période allant jusqu’à 25 ans, établit un lien entre la consommation régulière de boissons sucrées et un risque accru d’hypertension artérielle à l’âge adulte. Aux États-Unis, environ un enfant sur 7 présente déjà des signes de tension artérielle élevée.
Les chercheurs ont comparé plusieurs sources de fructose : sodas, punchs aux fruits, limonades, thés glacés, boissons énergétiques et autres boissons aux fruits non gazeuses d’un côté, jus de fruits à 100% et fruits entiers (pommes, oranges, bananes, raisins, poires, melons, fraises, pêches, mangues) de l’autre.
Deux boissons sucrées par jour, un risque de 52%
L’apport total en fructose, toutes sources confondues, n’était pas associé à un risque accru d’hypertension. C’est l’origine du fructose qui change la donne. Les participants consommant 2 portions ou plus de boissons sucrées par jour présentaient un risque 52% plus élevé de développer une hypertension que ceux qui en consommaient moins de 3 fois par semaine, une portion correspondant à une canette ou un verre de 35 cl. Les sodas et boissons énergétiques concentraient le risque le plus élevé parmi ces boissons.
Le jus de fruits à 100% n’est pas épargné : une consommation d’1,5 portion ou plus par jour (un verre de 25 cl par portion) était associée à un risque 35% plus élevé, comparée à moins d’une portion par semaine. Le fruit entier, à l’inverse, n’était associé à aucune hausse du risque d’hypertension.
Les auteurs précisent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, établissant une association et non une preuve directe de causalité, mais le lien s’est maintenu après ajustement des autres facteurs.
La forme du sucre plus déterminante que sa quantité
Vasanti Malik, professeure associée à la faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto et autrice principale de l’étude, explique que la manière dont le fructose est consommé compte davantage que le nutriment lui-même. Le fruit entier contient fibres, eau, polyphénols, vitamines et minéraux qui ralentissent la digestion et atténuent la charge en sucre, contrairement au jus qui délivre ces sucres sans cette même matrice, selon Kara Siedman, diététicienne-nutritionniste et vice-présidente science chez Resbiotic.
Le jus et les sodas achemineraient également le fructose vers le foie plus rapidement que le fruit entier, un afflux excessif et sous forme liquide pouvant favoriser l’accumulation de graisse hépatique, avec à terme un risque accru de résistance à l’insuline et de maladies cardiométaboliques.
Remplacer plutôt que supprimer
L’étude a modélisé l’effet du remplacement d’une portion quotidienne de boisson sucrée par une autre option. Substituer une portion de fruit entier était associé à une baisse de 22% du risque d’hypertension, contre 13% pour le lait et 9% pour l’eau. Le lait apporterait un bénéfice supplémentaire via le calcium et le potassium, nutriments impliqués dans la régulation de la tension artérielle.
L’activité physique atténuait également le risque : chez les participants les plus actifs, un apport élevé en fructose n’était plus associé à un risque accru, contrairement aux participants moins actifs. Les chercheurs précisent que cela ne signifie pas que l’exercice annule les effets d’une consommation régulière de boissons sucrées.
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