38%. C’est la proportion d’Américains de la génération Z déclarant une opinion favorable du communisme, selon une enquête du Cato Institute publiée fin juin 2026. Le socialisme y culmine à 53 %, devançant le capitalisme, crédité de 45 %. Une autre étude, conduite début août auprès des 18-34 ans américains, aboutit à un résultat convergent : 68 % ont du socialisme une opinion positive ou neutre, contre 47 % pour le capitalisme, les jugements négatifs sur ce dernier l’emportant dans un rapport de plus de 2 contre 1.
Le phénomène agite la droite américaine depuis plusieurs années. Il mérite d’être regardé de plus près, y compris parce que sa transposition française est nettement moins directe qu’on ne le croit.
En France, le mot rebute plus que les idées
L’Ifop avait mesuré en 2020 le regard des 18-30 ans sur le communisme. Le résultat est en apparence contradictoire. Les valeurs associées à la doctrine sont plébiscitées : le partage à 83 %, l’égalité à 83 %, le progrès social à 78 %. Les notions rattachées au capitalisme séduisent nettement moins — le profit à 57 %, le patronat à 42 %, la privatisation à 39 %. Mais le mot lui-même reste répulsif : seuls 35 % des jeunes Français en avaient alors une opinion positive.
Autrement dit, l’étiquette est morte, le logiciel non.
Le clivage social pèse au moins autant que le clivage politique. Le communisme était jugé positivement par 43 % des jeunes ouvriers, 50 % des lycéens et 53 % des non-diplômés.
La lutte des classes, opinion largement majoritaire
Une enquête Ifop plus récente, réalisée pour L’Humanité, donne la mesure du terrain. Seuls 19 % des Français considèrent le communisme comme une idée d’avenir, mais la proportion grimpe à 29 % chez les moins de 35 ans, 25 % dans les catégories populaires et 27 % chez les plus pauvres.
Surtout, deux chiffres méritent d’être retenus par ceux qui pensent que l’anticapitalisme est une affaire de gauche. La lutte des classes est jugée toujours réelle par 83 % des personnes interrogées — y compris 78 % des proches de Renaissance. Et 80 % estiment que la santé, l’éducation ou le logement ne devraient pas être soumis à la concurrence : 70 % chez les proches des Républicains, mais 85 % chez ceux du Rassemblement national. Enfin, plus de la moitié des sondés tiennent le système capitaliste pour le principal responsable du dérèglement climatique.
Une jeunesse à la fois anticapitaliste et conservatrice
C’est le point qui distingue la situation française du tableau américain. La radioscopie politique des 15-17 ans publiée par l’Ifop début 2026 démolit l’idée d’une jeunesse mécaniquement ancrée à gauche : 27 % des adolescents se disent proches d’un parti de gauche, contre 29 % de l’ensemble des Français, et cette génération apparaît plus conservatrice que ses aînées sur les questions de mœurs.
La jeunesse française n’est donc pas en train de virer marxiste. Elle est en train de devenir hostile au capitalisme sans devenir progressiste — ce qui est une configuration bien différente, et politiquement bien plus ouverte.
L’éloignement historique
Reste à comprendre pourquoi les leçons du siècle passé pèsent si peu. Une explication tient à la distance. Pour un lycéen de 2026, la chute du mur de Berlin est aussi lointaine que l’était la Seconde Guerre mondiale pour ses grands-parents. L’URSS, la Révolution culturelle, les champs de la mort cambodgiens ne sont plus des souvenirs vécus mais des chapitres de manuel, en concurrence avec le flux des réseaux sociaux. L’histoire perd de son urgence lorsqu’elle cesse d’être personnelle.
À quoi s’ajoute une transmission scolaire dont on peut douter qu’elle consacre au bilan du communisme le même volume horaire qu’à celui d’autres totalitarismes.
L’explication économique ne suffit pourtant pas. Une génération qui a grandi avec le logement inaccessible, les salaires stagnants et l’endettement étudiant a des raisons matérielles d’en vouloir au système. Mais ce qu’elle demande aux mouvements politiques dépasse largement l’économie : de l’appartenance, du sens, une communauté, une explication du monde.
Ces fonctions étaient autrefois assurées par la famille, le quartier, la paroisse, les associations, les syndicats de métier. Quand ces structures s’effacent, l’idéologie prend leur place — parce qu’elle offre exactement ce que l’isolement fait perdre : la certitude, la justice promise, et le sentiment d’appartenir à quelque chose.
C’est une observation qui n’a rien de spécifiquement communiste. Elle vaut pour à peu près tous les engagements radicaux contemporains, et elle explique pourquoi la réponse purement statistique — expliquer que le communisme a tué, et combien — reste sans effet sur ceux à qui il n’offre pas d’abord une doctrine, mais une famille de substitution.
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
5 réponses à “Pourquoi le communisme séduit à nouveau une partie de la jeunesse aux USA”
Il faudrait préciser de quels jeunes on parle. Les marrons rêvent de génocider les Blancs, un peu comme Iagoda avec les Ukrainiens (Zelenski y arrive très bien aussi). Les jeunes Blancs sont communistes par défaut, parce que l’autre socialisme, le national, demeure le fruit défendu auquel ils osent à peine penser dans le secret de leur conscience.
Ok mais quelle jeunesse, des WASP …. Ou s’agit-il de la jeunesse d’importation qui fuis justement les pays communistes et islamistes mais exige d’e’n imposer les idéologies ?
Attention au lavage de cerveau, nous savons les fous du bus que sont les propagandistes politiques qu’on qualifie d’enseignants, de profs etc… (les chiffre aux USA sont aussi dingues qu’en france)
Quiconque étudiera « pourquoi des serfs de la nomenklatura communiste seraient des poulets qui travailleraient à fabriquer des nuggets », découvrira la source du mal, l’ONU (UNESCO° qui n’a jamais désigné le communisme, soit les régimes les plus populicides de l’histoire, comme crime contre l’humanité. Et bien plus encore …
Très bonne analyse qui m’a convaincu
Cent millions de morts seraient insuffisants ?
Ces enquêtes et beaucoup d’autres reflètent une réalité essentielle, à savoir que l’être humain est d’abord un animal social qui n’aime pas les inégalités trop grandes, comme l’a souligné l’anthropologue franco-américain Pascal Boyer, qui est le titulaire de la chaire Henry Luce d’anthropologie de l’université Washington de Saint-Louis, dans un ouvrage remarquable. C’est un fait éthologique qu’aucune métapolitique ne parviendra à éradiquer, contrairement à ce que croient les droitards psychopathes. Les régimes communistes ont échoué mais les régimes fasciste, nazi et conservateurs autoritaires ont échoué eux aussi et aujourd’hui c’est à l’échec des régimes libéraux auquel nous assistons; on peut donc s’attendre à voir émerger de nouveaux courants politiques militant pour une société solidaire et qui ne seront sans doute pas des résurgences du socialisme des 19e et 20e siècles.
Aux USA, la croyance calviniste en la prédestination a empêché l’émergence de courants socialistes mais l’effondrement des sectes calvinistes, depuis 2000,ouvre la voie à des courants politiques antilibéraux.
En 2022, les électeurs du RN étaient très majoritairement favorables au programme économique de LFI, ce qui illustre le fait que les notions de droite et de gauche n’ont que très peu d’épaisseur.
D’ailleurs, 68% des Français ne se sentent proches d’aucun des partis politiques existants selon une enquête de l’IFOP. La plupart des électeurs votent pour un parti politique non pas parce qu’ils adhèrent à la totalité de son programme mais parce qu’ils sont en accord avec un point de ce programme qu’ils jugent important (l’arrêt de l’immigration et la restauration de la sécurité, pour ce qui concerne le RN). La droite CNews qui se gargarise de la droitisation de la France se trompe complètement parce que sur la question de la répartition des richesses, les Français ne sont pas majoritairement « de droite », bien au contraire, et, parce que dans le domaine des mœurs une très large majorité d’entre eux (83%) était favorable à l’inscription de l’IVG dans la Constitution (73 % des 18-34 ans, ce qui interdit d’affirmer que la jeunesse est « conservatrice » même si elle semble plus « conservatrice » que les générations plus âgées sur ce point mais ce résultat peut s’expliquer par le fait que l’IVG, qui a été une cause importante pour les générations les plus âgées, n’est plus un enjeu pour les plus jeunes, c’est un acquis qui n’est remis en question que par une infime minorité (3 à 5% selon les enquêtes).