Ozempic : 10 millions de Français prêts à l’injection, et 4 millions à se passer d’ordonnance

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Deux pour cent. C’est la proportion de Français qui déclarent prendre actuellement un médicament de type Ozempic ou Wegovy pour maigrir. Aux États-Unis, à la même période, ils sont 11 %. Mais derrière cet écart d’usage se cache une réserve de candidats à peu près identique dans les deux pays : c’est le principal enseignement d’une enquête Ifop réalisée pour Darwin Nutrition auprès de 3 004 personnes.

Le terrain a été mené du 17 au 21 mai 2026, soit un mois exactement avant l’entrée en vigueur du remboursement du Wegovy et du Mounjaro par l’Assurance maladie, le 15 juin. Une prise en charge à 65 %, réservée aux obésités sévères : indice de masse corporelle supérieur ou égal à 35 avec comorbidité, ou supérieur ou égal à 40, après échec d’une prise en charge nutritionnelle, avec primo-prescription réservée aux spécialistes.

4 % contre 15 %

Sur l’ensemble de la vie, 4 % des personnes interrogées disent avoir déjà tenté de perdre du poids avec ces traitements, contre 15 % des adultes américains. Un rapport de 1 à 4. En France, le médicament anti-obésité reste la solution minceur la plus rare de tout le répertoire mesuré, à peine devant la chirurgie bariatrique (3 %), et très loin derrière le fait de manger plus sainement (66 %), l’activité physique (49 %), le recours à un diététicien (20 %), le jeûne intermittent (18 %) ou les compléments brûle-graisse (15 %).

La dynamique américaine, elle, ne ralentit pas : la même mesure d’usage au cours de la vie y est passée de 12 % au printemps 2024 à 18 % fin 2025.

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Le seul recours minceur majoritairement masculin

Fait rare dans un univers massivement féminin, les médicaments anti-obésité sont la seule voie empruntée davantage par les hommes (6 %) que par les femmes (4 %), et le taux grimpe à 10 % chez les hommes de moins de 35 ans. Le contraste est net avec les compléments coupe-faim (20 % des femmes contre 10 % des hommes) ou les substituts de repas (12 % contre 6 %).

L’Ifop y voit la trace d’une pharmacologisation de la minceur qui recruterait des hommes rebutés par la culture du régime — discipline quotidienne, culpabilité — mais réceptifs à un registre technique et performatif.

19 % de consommateurs potentiels

Interrogés sur des injectables coupant la faim et permettant de perdre 10 à 15 % de son poids, 18 % des sondés estiment pouvoir en prendre : 5 % « certainement », 13 % « probablement ». En y ajoutant les usagers actuels, la consommation potentielle atteint 19 % de la population, soit près de 10 millions d’adultes. Le bloc de refus reste large — 82 % écartent l’hypothèse, dont 55 % catégoriquement — mais il n’est pas plus large qu’aux États-Unis.

Cette disposition est jeune : elle culmine chez les femmes de 35-49 ans (28 %), puis de 25-34 ans (23 %), et s’effondre après 75 ans (8 %). Elle n’a rien d’un privilège de catégories aisées : 26 % des employées et des ouvrières, 24 % des chômeurs, contre 25 % des femmes cadres.

L’écran pèse plus lourd que la balance

L’attrait progresse avec la corpulence — 6 % chez les personnes maigres, 15 à 23 % en surpoids, 35 à 40 % chez les personnes obèses — mais le facteur le plus discriminant de toute la grille n’est ni le poids ni l’âge. C’est l’exposition numérique : 44 % des femmes qui consultent quotidiennement des contenus beauté sur les réseaux sociaux se disent prêtes à prendre du GLP-1, contre 17 % de celles qui en consultent moins souvent. Près de 30 points d’écart, davantage que ce que produit la corpulence réelle.

Autrement dit, ce que mesure l’enquête n’est pas d’abord une demande de santé. C’est le regard porté sur soi — et le fil d’actualité qui le façonne — qui prédit le mieux l’intérêt pour l’injection.

41 % des candidats prêts à se passer d’ordonnance

C’est le point le plus sensible de l’étude. Parmi les consommateurs potentiels, 41 % déclarent pouvoir se procurer ces produits sans prescription, via des pharmacies étrangères ou des sites non autorisés : 13 % « certainement », 28 % « probablement ». Rapporté à l’ensemble de la population adulte, cela représente environ 8 %, soit près de 4 millions de personnes. Hommes et femmes se distinguent à peine (42 % contre 41 %).

Le gradient est inversé par rapport à l’indication médicale. Plus on est éloigné des critères de remboursement, plus on envisage le circuit illégal : la moitié des candidats de corpulence normale (50 % des femmes, 54 % des hommes) et jusqu’à 85 % des femmes se jugeant minces, contre un peu plus d’un tiers des personnes obèses (38 % et 34 %). Même renversement sur la perception : 70 % des femmes déclarant n’avoir aucun kilo en trop envisagent l’achat sans prescription, contre 41 % de celles qui veulent en perdre avant l’été.

Jeune, urbaine, salariée

Le portrait-robot de cette clientèle potentielle est précis. La disposition à l’achat sans ordonnance monte à 62 % chez les femmes de 25-34 ans et 46 % chez les 18-24 ans. Elle culmine chez les employés (60 %), les ouvriers (62 %) et les femmes cadres (55 %) — un salariat suffisamment solvable pour envisager une dépense de plusieurs centaines d’euros.

La fracture territoriale est nette : 53 % des hommes et 56 % des femmes de l’agglomération parisienne, contre 27 % et 42 % en commune rurale. Et l’exposition numérique joue là encore à plein : 61 % des consommatrices quotidiennes de contenus beauté, contre 37 % des autres.

Le rappel sanitaire du commanditaire

Darwin Nutrition, média spécialisé qui a commandé l’enquête, insiste sur la nature de ces produits. Son responsable, Quentin Molinié, rappelle qu’il s’agit de médicaments destinés aux personnes en situation d’obésité, et non de produits minceur, et que leur usage sans suivi médical expose à des carences, à une fonte de la masse musculaire et à une reprise de poids quasi systématique à l’arrêt.

L’Ifop souligne pour sa part que le dispositif réglementaire français, conçu pour encadrer, dessine mécaniquement la clientèle des sites non autorisés : la demande esthétique, écartée du remboursement, n’a pas d’autre débouché légal.

Un dernier chiffre remet les choses en perspective. La prise de produits ou de médicaments pour maigrir concerne 12 % des personnes interrogées au cours de leur vie — un niveau quasiment inchangé depuis 1979, où l’Ifop mesurait 11 %. Ce qui a changé, en revanche, c’est la confiance : 7 % jugent aujourd’hui ces produits efficaces, contre 16 % il y a 47 ans.

Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon de 3 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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2 réponses à “Ozempic : 10 millions de Français prêts à l’injection, et 4 millions à se passer d’ordonnance”

  1. DOMPER dit :

    Et les effets secondaires ?

  2. Castel dit :

    C’est oublié les procès déjà en cours aux US quant à l’utilisation de ce produit… C’est même SIDERANT de lire que la CNAM vient d’autoriser « certains » généralistes à prescrire ce produit alors même que les effets secondaires sont nombreux…
    Prochain scandale type « mediator » ? ou plutôt du style « Roaccutane » ?
    Je reçois chaque jour deux infolettres américaines consacrées à la santé, et pas une semaine ne passe sans que cette molécule soit mentionnée (en mal) au moins deux ou trois fois….

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