C’est un chiffre qui interroge, révélé par une proposition de loi déposée au Sénat : sur environ 500 000 défibrillateurs automatisés externes (DAE) installés ou distribués en France, seuls 165 500 seraient recensés dans Géo’DAE, la base nationale de recensement et de géolocalisation de ces appareils. Près de 2 défibrillateurs sur 3 resteraient ainsi hors de la cartographie officielle — celle-là même que consultent les secours pour localiser l’appareil le plus proche d’une victime.
L’enjeu n’a rien d’administratif. Chaque année, jusqu’à 50 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque soudain en France, avec un taux de survie d’environ 5 %. La rapidité de l’alerte, du massage cardiaque et de la défibrillation joue un rôle déterminant dans les chances de survie. Or un défibrillateur situé à quelques mètres d’une victime peut ne jamais être utilisé si son existence et son emplacement sont inconnus des secours. La déclaration d’un appareil permet concrètement au SAMU de connaître son emplacement, aux opérateurs de guider les témoins vers le DAE disponible le plus proche, et d’intégrer l’équipement au recensement national. Installer un appareil ne suffit donc pas : encore faut-il qu’il puisse être localisé.
Une obligation légale largement ignorée
L’installation de défibrillateurs est devenue obligatoire dans de nombreux établissements recevant du public (catégories 1 à 4 et plusieurs autres types de structures), à la suite des décrets de 2018 appliqués progressivement à partir de 2020. Moins connu : leur enregistrement dans Géo’DAE constitue lui aussi une obligation réglementaire, selon des modalités définies par un arrêté du 29 octobre 2019.
Dans les faits, beaucoup de détenteurs d’appareils ignorent cette obligation. Et même lorsqu’elle est connue, la procédure est souvent jugée longue, peu intuitive ou chronophage : la recherche en ligne renvoie vers plusieurs plateformes nationales, au point que certains gestionnaires abandonnent en cours de route. Les applications citoyennes de recensement ne comblent pas le manque, car leurs données ne remontent pas automatiquement vers la base nationale : un appareil peut ainsi figurer dans un outil collaboratif tout en restant invisible pour les secours officiels.
Un service gratuit pour simplifier la déclaration
C’est pour réduire cet écart qu’une entreprise spécialisée dans la prévention des risques professionnels et la distribution de défibrillateurs outre-mer — fondée par un secouriste-formateur et un infirmier-ambulancier, dont l’un a lui-même été victime de crises cardiaques et un jour secouru par son associé — a mis en ligne, en lien avec Géo’DAE, une plateforme de déclaration simplifiée : declarerdefibrillateur.fr.
Le principe : un parcours gratuit en 3 étapes (renseigner ses informations, indiquer ses appareils, recevoir la confirmation), accessible aux non-spécialistes, pour un enregistrement bouclé en 5 minutes environ avec mise en conformité immédiate. Chaque déclaration est directement intégrée à la base officielle — ce qui distingue le service des applications collaboratives — et le site, qui se présente comme un complément du dispositif national et non un concurrent, indique n’avoir pas vocation à devenir payant.
L’objectif affiché relève de la santé publique : accélérer le référencement des DAE pour que davantage d’appareils puissent être identifiés lors des interventions d’urgence, et renforcer ainsi la chaîne de survie. Établissements recevant du public, entreprises, collectivités et associations détenant un défibrillateur sont concernés.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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